FIGURES MYTHOLOGIQUES ET SYMBOLES CHRETIENS
Le caractère funéraire et religieux de la décoration picturale des catacombes n'a pas empêché d'y introtroduire un certain nombre d'images d'origine profane et païenne; c'est le legs du passé et le résultat 'névitable des influences traditionnelles d'atelier. Sans doute les scènes mythologiques, qui tiennent tant de place dans les maisons pompéiennes ", sont
1. Dans tout ce chapitre les chitTrcs donnes entre parenthèses, avec les lettres pi., renvoient aux planches des 3/<3/ereiett de .Mgr Wilpkrt.
2. W. Helbig, Die Wandgcmàhle. . . . Canif juicns, comptait, sur un total de 19Gb peintures murales campanicnncs ^en 1868), 1400 fresques mythologiques.
bannies des cimetières clirétiens; il répugnait aux fidèles de reproduire les traits supposés des divinités de l'Olympe, c[u'ils abhorraient, et de raconter les exploits légendaires d'un Jupiter ou d'un Hercule, Cependant quelques figures de la mythologie pénètrent dans les catacombes, les unes comme éléments secondaires de rornementaiion, les autres avec une signification nouvelle et mystique.
Dans le premier cas, il ne faut voir en elles que de purs accessoires indifférents à la foi, de véritables lieux communs, d'un emploi très commode et d'un heureux effet, auxquels on n'attachait aucune importance. Le Soleil personnifié, sous la forme d'une tête nimbée, assiste à l'aventure de Jonas (Wilpen, pi. 56) et le fleuve Tigre, sous la forme d'un vieillard couché, à celle de Tobie (pi. 212). Au centre de la voûte d'un cubiculum, dans le cimetière de Calliste, se détache un masque colossal de l'Océan, armé de pinces de crabe (pi. i36, i\ De petits Amours ailés ou des couples gracieux d'Eros et de Psychés, proches parents de ceux de la maison des Vettii à Pompei, animent et égaient le décor végétal : ils portent des couronnes ou des thyrses, cueillent des fleurs, font la vendange pi. i-5, 25, i58, 21 7, 235 etc.) '.
Dans le second cas, les personnages de la fable servent à exprimer des idées que les païens ignoraient. Les Saisons ne représentent pas seulement, par méthaphore, les âges de la vie humaine; leur recommencement périodique est, en outre, un svmbole de la résurrection. Aussi les renconire-t-on