Voir ci-dessus, p. lOi, pi. IX
son, monogramme) ou d'une allégorie (Orphée, Bon Pasteur). On rencontre d'abord son portrait ', à partir du 11^ siècle, dans les scènes du Nouveau Testament ; c'est le bambino joufflu et potelé que porte la Vierge; c'est l'auteur des guérisons et résurrections miraculeuses, jeune et imberbe, le visage rond, les cheveux courts, comme un Romain du début de l'Empire; ni l'une ni l'autre de ces images n'a rien d'individuel ni de spécial au Christ; il n'y a là que des types convenus et d'une évidente banalité. Plus lard, à partir du in'^ et surtout du w" siècle, dans la plupart des grandes compositions qu'imaginent désormais les peintres des catacombes, comme les mosaïstes des basiliques, Jésus a sa place marquée : parfois il est assis seul, sur un siège élevé, le rouleau de la Loi à la main (pi. 49 : cimetière de Prétextât, début du ni" siècle;; parfois il a près de lui des Apôtres, au nombre de deux, six ou douze, groupés symétriquement à ses côtés :pl. 193 : cimetière de Domitille, milieu du iv° siècle); ailleurs les âmes des morts, introduites le plus souvent par des saints protecteurs, comparaissent devant son tribunal pour être jugées (pi. 247 : cimetière de Saint-Hermès, deuxième moitié du \x^ siècle); dans les cryptes historiques son portrait, en buste ou en pied, accompagne ceux des martyrs (pi. 260, i et 2 : cimetière de Saint-Hermès, vi<^ siècle, et chapelle de sainte Cécile à Saint-Calliste, ix« siècle'. Le type primitif, tout impersonnel, tend à se modifier peu à peu : le visage
I. DoiisciiuTZ, Christiisbildev, dans les Texte itiid Untersitchiingen de Gebiiardt et Harnack, III, Berlin. i<*^99 ; K. Weis- LiEiiicRSDORF. Christus iind Apos^telbilder. Vribnur^-cii-Brisgaii,
LES CATACn.MBF.S DK ROMi; 22?
imberbe s'encadre de cheveux longs et boucles; la physionomie prend une expression grave et majestueuse; dès le iii« siècle paraissent même les premiers exemples du Christ barbu à cheveux longs qui deviendra classique et fera complètement oublier dans la suite les conceptions antérieures.
L'origine de cette nouvelle image, si diticrentc de celle dont on s'était contenté jusque-là, est encore obscure ; on a essavé de l'expliquer par l'influence de traditions littéraires ou même de monuments figurés, comme le groupe en bronze de la guérison de l'hémoroisse à Panéas de Galilée, mentionné par Eusèbe', qui auraient conservé le souvenir des traits véritables du Christ, — ou par l'imitation de modèles artistiques païens, Jupiter', Sérapis, Esculape, — ou par le désir de bien faire ressortir Tcxiraction orientale et judaïque de Jésus en lui attribuant une tout autre apparence qu'aux Romains de son époque. — ou simplement par un changement survenu dans les mceurs et coutumes de la société romaine ellemême, le port de la barbe s'étant généralisé aux iiT et iv<: siècles, et Fart ayant suivi la mode. Sur une voûte du cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin, vers l'année 400, les traits du Christ sont définitivement fixés, tels que les perpétueront les peintres et les sculpteurs du moyen âge pi. 253 . Deux cents ans plus tard, au cimetière de Pontien, la même