‹ Les catacombes de RomeChapitre 8 sur 100 · L EPOQUE DES PERSECUTIONS · texte numérisé non relu

L EPOQUE DES PERSECUTIONS

Deux modes de sépulture ont été employés, tour à tour ou simultanément, aux ditî'érents âges de l'humanité : l'inhumation, qui consiste à enterrer les cadavres dans le sol, l'incinération, qui consiste à les détruire par le feu. En général, les Romains païens, au début de l'Empire, brûlaient leurs morts. Les tombeaux de cette époque sont des salles construites à la surface du sol ou en sous-sol, dans lesquelles on conservait les urnes cinéraires des membres d'une même famille ou d'une même association corporative ; les urnes étaient alignées sur des planchettes ou placées dans de petites niches

I. La plus rcccnte Histoire des persécutions est celle de P. Allard, en cinq volumes, Paris, 1885-1890, plusieurs fois réimprimée. Voir aussi : du même auteur, Le christianisme et l'Empire romain, de Séron à Tlicodose, Paris, 1897 ; et Dix leçons sur le tnartyre, Paris, 1905; A. Linsenmayer, Die Bekàmpfuug des CItristentums durcli den rômischen Staat, Munich, 190.^; Mgr L. Duchksnk, Histoire ancienne de l'Eglise^ I et II, Paris, 1906-1907; Ch. Guignebert, Manuel d'histoire ancienne du christianisme, I, Paris, 190G.

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ménagces à rintérieur des murs, comme les cases d'un pigeonnier; de là le nom de colombiers, columbaria, que l'on donnait aux sépultures de ce genre; le columbarium le plus connu de Rome est celui des esclaves de Livie, femme d'Auguste, au deuxième mille de la voie Appienne. Les chrétiens répugnèrent toujours à Tincinération ; la croyance à la résurrection de la chair leur interdisait d'anéantir les corps des défunts. Ils adoptèrent, dès le début, l'autre pratique et lui restèrent toujours fidèles. Ils se réclamaient d'ailleurs de l'exemple donné par le Christ lui-même, dont le corps, après la Passion, avait été inhunié dans un sépulcre.

L'inhumation n'était pas en usage seulement chez les chrétiens; elle prédominait dans tout le monde oriental, tandis que dans le monde gréco-romain, au contraire, l'incinération l'emportait. En Syrie, en Palestine, on ne rencontre que des sépultures du premier type; elles se retrouvent partout où ont pénétré les races et les cultes de l'Orient : sur les bords de la mer Noire, sur la côte septentrionale de l'Afrique, en Étrurie et jusque dans le Latium. Les Romains des premiers siècles de la République enterraient leurs morts. Ils abandonnèrent plus tard cette coutume, mais elle reparut en Italie quand la conquête de tout le bassin de la Méditerranée eut provoqué dans la capitale une véritable invasion de religions étrangères. Les sectateurs d'Isis et des divinités égyptiennes, du Miihra des Perses, du Sabazius des Phrygiens, du Jéhovah des Hébreux se refusaient à brûler les cadavres et les ensevelissaient dans le sol. Il y eut donc des tombes souterraines, des hypogées, aux environs de Rome,

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avant les catacombes chrciionnes ou en même temps qu'elles. A l'époque impériale, les caveaux des Isiaqucs, des Mithriaques ou des Juifs confinaient bien souvent aux mausolées ou aux coïumbaria des Romains païens, aux galeries des chrétiens. Il arrivait mém.e que ces partisans des religions orientales creusassent, eux aussi, des galeries qui, par endroits, coupaient celles de la communauté chrétienne, malgré le soin que l'on prenait, de part et d'autre, de s'éviter; on a découvert dans le cimetière même de Prétextât, sur la voie Appienne, tcuit à coté des cryptes où reposent les fidèles du Christ, le tombeau d'un prêtre du dieu phrygien Sabazius, orné d'inscriptions caractéristiques et de curieuses peintures murales '.

Les plus importantes de ces catacombes non chrétiennes des environs de Rome sont celles des Juifs. Rome possédait, depuis une époque assez reculée, une colonie Israélite ires florissante^; c'est par son intermédiaire que le christianisme pénétra dans la capitale de l'Empire : les premiers convertis furent des Juifs qui reconnaissaient dans le Christ le Messie prédit par les prophètes. Les Israélites avaient leurs cimetières particuliers en dehors de la ville, à proximité des quartiers où ils vivaient groupés ; cinq d'entre eux ont été reconnus : trois sur la voie Appienne, près du quartier de la porte Capène, qu'habitaient beaucoup de Juifs; un autre au Monte

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