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avant que le coneile d’Ephèse eût condamné l’hérésiarque Nestorius, les pauvres cimetières souterrains de Rome proclamaient la plus auguste prérogative de la Mère de Jésus.
Il est dans les catacombes de Saint- Calixte une crypte qui mérite une mention spéciale : elle a été surnommée par les archéologues la chambre des sacrements.
Au point de vue dogmatique, les peintures qui en ornent les murailles sont les plus intéressantes que l’on puisse rencontrer.
Voici d'abord Moïse qui frappe de sa baguette un rocher d'où s'échappe une eau abondante. Mais que l’on ne s'y trompe pas : sous les traits du législateur des Hébreux, on a vouiu représenter saint Pierre. Une tradition constante regardait le conducteur du peuple d'Israël comme la figure du chef visible de l'Eglise. On se rappelait qu’un jour, ayant touché le rocher d’Oreb, il en avait fait sortir une onde miraculeuse qui avait étanché Ia soif des Hébreux. Or, nous dit saint Paul, # les Israélites buvaient l’eau qui coulait
AVE DRM NY S SA pe sat fonte Hs ra rares - LES CATACOMBES DE ROME 79
de Ia pierre, etcette pierre était, c’est-àdire figurait le Christ. ” Du vrai rocher qui est le Sauveur lui-même, Pierre le père de tous les fidèles fait donc jaillir Îa divine source de la grâce. Sur quelques dessins, on lit son nom au-dessus de l'image de Moïse. Nous pouvons remarquer en passant que cette tradition chrétienne enseigne implicitement la primauté du prince des Apôtres : il est évident en effet qu’on le regarde comme le Moïse de la nouvelle alliance, comme le conducteur, le Père, le légistateur suprôme du peuple fidèle. C’est lui qui est sur la terre le dispensateur des dons célestes ; il l'emporte même nécessairement sur le chef des Hébreux, comme l'Eglise du Christ l'emporte sur la Synagogue, comme !a réalité l’emporte sur la figure.
Mais poursuivons l’examen de la chambre des sacrements. Sous l’action de Pierre, nous l'avons dit, se forme le fleuve de la grâce. Tout près, un homme pêche à la ligne et prend un poisson : symbole de la conversion d’un infidèle, et souvenir de
la promesse faite par Jésus-Christ à ses Apôtres : Je vous ferai pêcheur d'hommes.
Un peu plus loin, toujours dans ce fleuve
divin qui jaillit du mystique rocher, un
jeune enfant reçoit le baptème par irnmer-
sion.
Immédiatement après, on aperçoit sur |
la même muraille, l’image du paralytique
qui, miraculeusement guéri noar Notre-
Seigneur, met son grabat sur ses épaules.
C’est une peinture assez fréquente dans les catacombes, Quel sens mystique les chrétiens y attachaient-1ils ? On le devine sans peine 81 l’on se souvient de la scène à laquelle donna lieu le miracle opéré par le Sauveur.
Jésus touché à la vue du pauvre malade qu'on lui avait amené lui dit : Homme, vos péchés vous sont remis. Alors les docteurs de la loi et les pharisiens dirent en eux-mêmes: Quel est celuici qui blasphème ? Qui peut remettre les péchés, excepté Dieu seul? Mais Jésus connaissant leurs pensées, leur dit: A quoi pensez-vous dans vos cœurs ? Lequel
est le plus facile dire : Vos péchés vous sont remis, ou de dire: Levez-vous et rnarchez. Or, afin que vous sachiez que le fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés: Levez-vous, je vous le commande, dit-il, au paralytique, emportez votre lit, et allez dans votre maison, Il se leva aussitôt en leur présence, emportant le lit où il était couché, et s'en retourna dans sa maison, rendant gloire à Dieu. ” (1)
Comme on le voit, 1l y a dans le récit évangélique deux choses connexes : la rémission des péchés et la guérison du paralytique ; et cette guérison est précisément la preuve donnée par Jésus du pouvoir qu'il a de rendre l’innocence aux hommes coupables. Quoi de plus naturel que les chrétiens aient eu recours à ee miracle pour exprimer leur foi au sacrement de péritence, c'est-à-dire à ce pouvoir divin d'absoudre transmis par le Christ à ses Apôtres et subsistant perpé-
(1) Lue, V. 20, 26,
ere
tuellement au sein de l'Eglise ? Ecoutons ici Mgr Gerbet : ‘“ La guérison du paralytique, dit-il, se trouvait liée de trois manières au pouvoir de remettre les péchés :
chronologiquement d’abord, puisqu'elle avait eu lieu dans l’occasion où ce pouvoir s'était produit ; logiquement, puisqu’elle avait été la preuve de ce pouvoir ; symboliquement, puisqu'elle en offrait une figure très expressive. Telle est donc la signification la plus naturelle de ces tableaux très nombreux qui représentent le paralytique guéri par le Christ et emnportant son grabat. Il n’y a aucune vérité religieuse à laquelle ces tableaux soient aussi parfaitement adoptés, comme il n’y a, sous les voûtes des catacombes, aucun autre tahleau qui corresponde aussi bien à cette vérité. À l'aspect de ces peintures, les chrétiens se rappelaient que le Christ a confié à son Eglise, dans la personne de ses Apôtres, le pouvoir miséricordieux dont elles retraçaient le symbole, et ils bénissaient le Sauveur d’avoir rendu ce bienfait aussi perpétuel que les maux
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auxquels il devait remédier. ” (1) « - Nous arrivons au plus auguste mystère | | de la religion : l’Eucharistie.
De tous les symboles employés par la e primitive Eglise pour représenter le Christ, | le poisson est peut-être celui dont l'usage : | fut le plus vulgaire et le plus universel : tous les Pères nous l’enseignent depuis
LÉ saint Clément d'Alexandrie jusqu’à saint C Pierre Damien au onzième siècle. Nous L n'avons pas à rechercher ici les diverses it | raisons qui firent donner à cet emblème 1.- il sa signification mystique. Rappelons seu- LE | lement l'explication donnée par saint it | Augustin dans sa Cité de Dieu : ‘‘Réunissez, y dit l’illustre docteur, les initiales des cinq n mots grecs : Înoèüe, Xpioros Q@uoù Yiac n Zurrp, Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, 8, ! et vous aurez yôve, poisson, nom qui désist gne mystérieusement le Christ. ” Ce sym- Le bole était done pour les fidèles comme un X admirable résumé de toute l’économie de é- ji la grâce. Il exprimait à la fois la nature e A divine et la nature humaine de Jésusx 4 SRE EE RDC SRE PIECE EEE
6 (1) ÆEsquisse de Rome chrétienne, &. II, p, 171.
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