DESCENTE DA.N8 LES CATACOHBES
loups, et les os blaDchis des moutons qui avaient été dévorés dans cette tanière ; l'orifice n'avait pas plus de deux pieds et demi de hauteur, et pour y entrer, il fallait ramper sur le ventre et sur les mains. Robert n'hésita pas à poursuivre son projet, mais il cassa une branche d'olivier pour s'en servir à sonder le terrain, à écarter de lui les reptiles, et à tenir en respect les loups qui pourraient se présenter ; il attacha l'extrémité de la ficelle à une racine d'arbre, et il déroula le peloton à mesure qu'il avançait dans cet étroit passage rempli de nids de chauves-souris, de fientes d'oiseaux, et de feuilles sèches. Par bonheur, il ne fit aucune rencontre fâcheuse.
A quinze pas de l'entrée, il put se relever et se tenir debout ; il battit le briquet et alluma une de ses bougies, à la clarté de laquelle il continua sa route. Il se trouvait sous une voûte peu élevée, entre deux murailles de pouzzolane, sorte de terre violette qui semble cuite et carbonisée par les feux d'un volcan séculaire. C'était une carrière de pouzzolane telle que l'avaient laissée les anciens, après une exploitation habilement dirigée à
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l'époque où la coostructioa des cdiûces de Rome exigeait un emploi considérable de cette terre volcanique dans la fabrication du ciment. La voie, qui était à peu près de niveau dans un espace de plusieurs toises, s'abaissait tout à coup et descendait graduellement à une profondeur de quarante pieds au-dessous du sol ; la galerie s'élargissait, la voûte s'exhaussait, et Robert reconnut avec joie qu'il était dans les catacombes, en voyant de chaque côté les parois ouvertes par des tranchées qui avaient autrefois reçu les corps des premiers chrétiens. Robert ne put s'empêcher de donner un coup d'oeil à ces sépultures, qui régnent sur quatre ou cinq rangs dans presque toute l'étendue des catacombes, et qui sont maintenant vides la plupart, après avoir alimenté de reliques le monde chrétien pendant quinze siècles.
Le premier carrefour qu'il rencontra le rendit indécis sur le chemin qu'il devait prendre : il se convainquit dès lors de l'impossibilité de suivre une direction réglée d'avance dans ce dédale où il s'engageait sans guide ; il se recommanda donc à la Providence et il s'affermit dans sa résolution