‹ Les catacombes de RomeChapitre 9 sur 36 · LB GUET-APENS · texte numérisé non relu

LB GUET-APENS

à forme conique et à petits bords, oroé d'une plume de coq de bruyère. Il n'oublia pas un long couteau passé dans sa ceinture de soie bariolée; puis, la tète droite, le corps cambré, le poing sur la hanche, il étudia la contenance et la démarche qu'il devait prendre daos son nouveau Me, et il se mira complaisamment dans un morceau de glace accroché entre trois clous à la muraille de l'atelier. Il fut très-satisfait de la mine et de la tournure que lui avaient données ces habits aussi étranges que pittoresques, et il ne songea pas à l'effet que son apparition produirait dans les rues de Rome, quoiqu'il eût laissé de côté les pistolets et le tromblon, complément indispensable de ce costume* qui avait figuré dans plus d'un tableau de Robert.

Fragonard attendait que la nuit fût venue pour sortir de la maison, et pour se promener dans la ville; un coup d'œil qu'il jeta par la fenêtre lui donna quelque inquiétude au sujet de sa liberté. Un groupe d'hommes était encore assemblé aux environs, malgré l'approche de la nuit et de l'orage : il crut distinguer, parmi ces gens-là qu'il avait déjà vus à la même place en venant se réfugier chez

son ami, plusieurs de ces figures basses et sinistres qui appartiennent à la police de tous les pays et de tous les temps. Était-ce à lui qu^on en voulait? était-ce plutôt Robert qu'on épiait ainsi? Il se glissa près de la fenêtre, en prenant bien garde de se montrer, et il examina la contenance des individus qui semblaient faire le guet devant le logis. Il les vit tout à coup se mettre en mouvement et se séparer dans différentes directions, en faisant entre eux des signes d'intelligence. Au même moment, il entendit le bruit d'une clef qu'on introduisait et qu'on tournait dans la serrure : la porte s'ouvrit et se referma.

C'était Robert qui venait d'entrer, essoufflé et haletant, comme s'il eût fait une course rapide; pâle et tremblant, comme s'il eût échappé à un grand danger : ses cheveux, mouillés de sueur, que le vent avait mis en désordre, ses habits d'atelier couverts de boue et de sable encore humide, déchirés en plusieurs endroits, témoignaient assez qu'il ne pouvait être dans une situation d'esprit normale et tranquille. 11 s'étonnait de ne pas voir Seïla accourir au-devant de lui, lorsque Fragonard lui barra le passage, le saisit par les bras.

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rexamina de la tête aux pieds avec émotion, et Tembrassa cordialement à plusieurs reprises, avant que Robert l'eût reconnu sous son déguisement et eût répondu à cet accueil amical qu*il ne comprenait pas d^abord.

— Ab ! mon brave Robert, s'écria Fragonard qui craignait d'avoir à apprendre un malheur, qu'y a-t-il donc ?

— C'est toi, Fragonard ! reprit Robert dont le trouble augmentait à cbaque instant; toi ici, seul !

~ Oui, seul; Saint-Non m'a quitté tout à l'heure; ne l'as-tu pas rencontré?... D'où viens-tu ? Je ne t'ai jamais vu en cet état, mon pauvre ami !... Que t'est-il donc arrivé? tu as eu une querelle? on t'a maltraité? on t'a renversé par terre?

— Non, non... disait Robert qui s'était dégagé de l'étreinte de Fragonard et qui parcourait l'atelier, sans écouter les questions que lui adressait Fragonard, attaché à ses pas. Tu es seul ici ? demanda'-t-il encore une fois.

— Avec qui diable veux-tu que je sois ? repartit vivement Fragonard qui éclata de rire ensuite. Oh! je n'y songeais plus, ta Suzanne?...

— OÙ est- elle? interrompît Robert en se retournant vers son ami et en l'interrogea ot du regard avec sévérité.

— Comme tu me regardes ! Je te jure que je ne l'ai pas cachée dans mes poches, et j'ajouterai que cette chaste Suzanne...

— OiJ est-elle, te dis-je ? Je n'ai ni le loisir, ni l'intention de plaisanter, et toi, tu ne plaisanteras pas, j'en suis certain d'avance, sur un sujet qui me tient à cœur, puisque tu es monami,Fragonard...

— Certes, je suis ton ami et je te le prouverai en ne devenant pas ton rival, si tu t*avisais d'être amoureux. . .

— Amoureux ! je le suis comme un fou ! Tu concevras que je le suis, quand tu auras vu Séïla...

— Je l'ai vue, et j'étais déjà tout prêt à l'aimer aussi, à faire l'impossible pour en être aimé... Je me disposais même à me mettre en campagne et à tout tenter jusqu'à l'enlèvement... Mais te voilà amoureux enûn, et ce n'est pas sans peine : il faut bien renoncer à mes projets et ne penser qu'à servir les tiens. Je suis à tes ordres !

— Dis-moi seulement ce qui s'est passé en

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mon absence, comment tu es entré, comment on t'a reçu...

— On ne m'a pas reçu, on s'est enfui, on s'est caché : il est vrai que j'entrais à la façon des voleurs, en escaladant le mur du jardin. Je te raconterai plus tard mon aventure de Frosinone où j'ai failli être assommé, et où j'ai tué aux trois quarts un coquin qui voulait m'empécher d'être adoré de sa femme. Cet accident a donc abrégé mon voyage, et je me suis vu arrêté le plus poliment du monde par la maréchaussée, qui m'a conduit à Rome pour y être mis en prison et jugé, ni plus ni moins. C'est alors que ce traître de Natoire est allé me réclamer, pour se donner le plaisir de me retenir sous les verrous. Je n'y suis guère resté, d'autant plus que j'avais hâte de t'embrasser.

— J'irai demain chez M. le comte de Noriac, et je le prierai d'arranger ton affaire. Mais Seïla..»

— Elle se nomme Seïla ! J'ai deviné du premier coup d'œil que c'était une juive. Le charmant modèle que tu as là (

— Modèle par occasiou, répliqua Robert en souriant. N'est-ce pas un bçnbeur que

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de peindre les traits d^une femme aimée?

— C'est toujours un bonheur de peindre une jolie femme d'après nature. Si j'avais un pareil modèle...

— Tu te méprends étrangement si tu crois que Seïla soit modèle par métier ; elle Va été pour moi, par complaisance, par amour, par sagesse... Nous avons ainsi esquivé les périls d'un long téte-à-téte.

— Qu'en veux-tu donc faire de ton modèle, après l'avoir reproduit vingt fois sur la toile ?

— Net'ai-je pas dit que j'aimais Seïla?.. . Je veux. . . l'épouser. . .

— L'épouser! un modèle! une juive! répétait Fragonard avec des exclamations et des gestes de surprise moqueuse.

— Juive? qu'importe! Faut-il te répéter que Seïla n'est pas un modèle, comme tu as l'air de le supposer? elle est fille d'un orfèvre-joaillier du Ghelto, qui passe pour riche; mais riche ou non , ce n'est pas un motif de cette espèce qui peut me décider...

— Etre amoureux, mon cher, fût-ce d'une juive ou d'une païenne, c'est à merveille, mais épouser, cela est grave, très-grave.

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— Il sera temps d'en parler plus tard. Eh bien! Seïla n'a donc pas eu la patience de m'attendre? il est vrai que je Fai (Quittée depuis une heure, peut-être deux heures...

Elle devait être bien inquiète !

— Eh ! pourquoi l'as-tu quittée ? est-ce qu'il faut s'éloigner d'une femme qu'on aime, imprudent?

— Elle avait oublié, ce matin, au bord du Tibre, une botte renfermant des bijoux précieux...

-— Depuis ce matin, les bijoux ont eu mille occasions de tomber dans les mains du premier venu...

— Justement ! j'arrive en courant à l'endroit oii la boite avait été laissée; j'y trouve un homme qui venait de ramasser cette botte et qui en examinait le contenu^ avant de l'emporter : je me précipite sur lui pour la lui arracher... J'ai eu tort, je l'avoue; j'aurais agi plus sagement en adressant à cet homme une réclamation verbale. 11 était d'une taille et d'une force supérieures aux miennes ; il me renversa sur le sable, et il allait m'ouvrir le ventre avec son couteau, quand je fis sauter à dix pas dans lé fleuve l'arme qu'il levait

sur moi, en lui lançant au coude un terrible coup de pied. Ce fut là tout ce que je pus faire , car mon adversaire me frappa si fort et si dru, que je perdis, je crois, connaissance...

— Pauvre cher ami ! s'écria d'un ton pénétré Fragonard qui l'avait forcé de s'asseoir et qui s'était agenouillé devant lui, pour être plus à portée de lui prodiguer des soins. Pourquoi ne me suis-je pas trouvé là? j'aurais tué ce misérable...

— Mon Dieu ! je dois lui savo r gré de ne m'avoir pas tué, lui, lorsquej'étaisà sa merci, privé de sentiment...

— Quel est-il, cet assassin? il faut qu'il soit puni comme il le mérite; le reconnaîtrais* tu?

— Entre cent; c'est un grand garçon, qui aurait une jolie 6gure, si son regard et son sourire exprimaient moins de fourberie et de férocité; il était vêtu... comme toi, à peu près... Quelle mascarade! Que veux-tu faire de ce costume de brigand?

— Ma foi ! je ne sais trop ; j'ai voulu me déguiser ; je serais enchanté de me trouver face à face avec M. Natoire, pour lui faire

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une belle peur dont il se âouvienne... Mais, au moins, as-tu rattrapé les bijoux?

— Voilà tout ce que j'en ai eu ! dit Robert tirant de sa poche deux malachites gravées en relief, encore garnies de leur monture d'or; un collier s'est brisé pendant la lutte, et j'ai conservé dans ma main ces deux pierres que j'étais parvenu à saisir... Mais que va devenir la pauvre Seïla, en rentrant chez son père ?

— Ne t'ai-je pas dit que le P. Alexandre s'était chargé, le digne moine, de la ramener au bercail?

— Le P. Alexandre? Par quelle aventore? Un capucin accompagnant une juive au Ghetto !

— C'est à n'y pas croire, n'est-ce pas ? Mais le bon homme ne doute de rien : d'ailleurs, juifs et chrétiens, tout le monde l'aime, parce qu'il aime tout le monde : je suis persuadé que le père de ta Suzanne lui fera très-bon accueil...

— 0 mon Dieu ! pourvu qu'il ne dise pas que Seïla a posé comme modèle dans uji ate< lier de peintre français...

*— £t pour un tableau biblique. Admira- 1 7.

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ble ! Robert, tu n'as jamais fait mieux; c*esC une manière large, chaude, vigoureuse, que je ne te soupçonnais pas, parole d^honneur ! tu peins les juives aussi bien que les ruines...

— Gomment son père raecueil!era-t-il? Que deviendra-t-elle si Ton soupçonne...? disait à demi-voix Robert en proie à une vive inquiétude, et se consultant pour décider ce qu'il devait faire. Il ne faut qu'un mot imprudent ! d'ailleurs, nous avons été vus ensemble dans nos promenades; on l'aura peutêtre épiée, lorsqu'elle se rendait ici!... Et cette boite de bijoux!... Oh! c'est surtout cette fatale boite qui nous portera malheur... Pauvre chère Seïla, que répond ra-t-el le quand on l'interrogera sur la parure de malachites qu'elle devait remettre au joaillier Rocconi? Son père est tellement âpre au gain, tellement avare! il serait capable de la frapper, le malheureux !

— Je t'écoute, mon bon Robert, interrompît Fragonard qui lui prit la main en le regardant avec affection : tu es vraiment amoureux et pour la première fois de ta vie !

— Pour la dernière aussi, reprit Robert posant la main sur son cœur ; je ne cesserai

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jamais d'aimer Seïla, qu'elle devienne ou non ma femme; le sentiment que j'éprouve est trop profond pour que la mort même puisse le déraciner.

— La mort de Suzanne, entendons-nous !

Quant à la tienne, mon ami, elle est bien loin, Dieu merci ! J'imagine que tu ne seras pas mis en cause et condamné par Daniel, comme un de tes deux vieillards, comme ce scélérat de Badolfo, qui est là si ressemblant, qu'on voudrait le voir orner quelque exposition de pilori,

— Cette boîte de malacbites ne se retrouvera jamais ! se disait à part lui Hubert Robert, dont l'anxiété s'accroissait en pensant à l'avarice, à la violence et au fanatisme religieux du père de Sejila. L'homme qui s'en est emparé la vendra chez quelque orfèvre qui démontera les pierres. Comment la reconnaître alors?... Si l'on possédait une somme égale à la valeur de ces bijoux, on pourrait apaiser le juif Mondaio et lui faire croire qu'ils ont été vendus...

-7- Raconte-moi, je te prie, comment cette subite passion t'est venue. Il n'y a pas vingt jours que je suis parti...

— L'histoire n'est pas longue, et tu la sauras en deux mots. Seïla vint à passer près de moi, dans la rue, un jour que tout le monde fuyait devant un taureau furieux; elle tomba, et le taureau l'aurait mise en pièces, si je ne m'étais jeté à la rencontre du terrible animal, que j'arrêtai par les cornes aussi adroitement qu'un toréador espagnol eût pu le faire.

— Bravo, Robert ! tu commences l'amour par un roman; un iras-tu de même ?

— iMais il ne s'agit plus de roman, hélas ! répondit tristement Robert en croisant les bras et en secouant la tête, je suis bien dans la situation la plus critique, la plus douloureuse ! je pleure et ne me résous à rien .

— Tu pleures, toi qui arrêtes des taureaux furieux ! allons donc, un peu de force et de philosophie.

— Toute la philosophie que tu me souhaites ne me donnera pas deux cents piastres qu'il me faut.

— Si fait, la philosophie ou la folie, c'est la même chose, t'offre par mes mains deux cents piastres ou à peu près.

— Est-il possible? s'écria Robert qui n'en

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croyait pas ses yeux en recevant les pièces d'or que Fragonard tirait de sa poche.

— Non, ce n*est pas possible, mais cela est pourtant; il doit y avoir là cinquante louis !

— Quel coup du ciel I murmurait Robert qui versait des larmes de joie et embrassait son ami avec une gaieté d'enfant.

— Dis plutôt quel coup d'ami ! c'est Saint- Non qui m'a prêté le fond de sa bourse, et je oe prévoyais pas en avoir si bon emploi. Je voulais... tiens, pourquoi te le cacherais-je maintenant? je voulais enlever ta maîtresse...

— Enlever Seila! repartit brusquement Robert qui prenait déjà la plaisanterie au sérieux.

— Pourquoi pas? Mais l'état de choses a un peu changé, car je songeais à l'enlever pour moi, et à présent, s'il te plaît, je l'enlèverai pour ton compte...

— J'ai mon projet, dit à demi-voix Robert en tournant le dos à son ami et en se dirigeant vers la porte.

— Ton projet, égoïste? reprit Fragonard courant après lui et le retenant avec peine : il faut que ce soit le nôtre.

— Laisse-moi agir seul : tu ne peux, comme

moi, juger de la position respective des parties intéressées.

— Gomment, tu refuses mes services ? tu ne me permets pas d'enlever Suzanne... à ton profit, bien entendu ?. . .

— Tes services, cher Fragonard, ne les aije pas acceptés, puisque j'emporte ton argent?

— C'est-à-dire notre argent, celui de Sainl- Non, le tien et le mien. Jet'engage seulement à le bien dépenser.

— Tu me sauves la vie, tu sauves Seïla ! ... Cet argent, je te le rendrai demain, sur le prix de ce tableau...

— Ah ! ton tableau est vendu f je t'aiderai à le terminer demain, mais ce soir...

— Je te supplie de ne pas me suivre, de ne contrarier en rien mon projet... Adieu, je reviens... tout à l'heure.

— Quoi ! tu as la cruauté de me garder ici aux arrêts? ce n'était pas la peine de m'cvader de l'Académie et d'attirer sur moi les foudres de ce Jupiter tonnant de M. Natoire... Comment ! je n'étrennerai pas même mon costume de brigand?... Robert, par pitié, ne me condamne pas à l'inaction !...

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— Non, Fragonard, tu me désobligerais en insistant davantage... Laisse-moi aller seul et attends-moi...

— Que diantre vais-je faire en téte-à-téte avec moi-même? se dit Fragonard qui, chagrin du départ de Robert, réfléchit un moment au meilleur moyen d'employer sa soirée. Voilà mon affaire, je vais peindre et fumer, à mort !

Il battit le briquet, alluma deux chandelles. les plaça de chaque côté du tableau de Suzanne au Bain, et contempla, non sans regret, en remplissant sa pipe de tabac, la séduisante baigneuse qu'il avait ébauchée d'inspiration.

Cependant Robert, qui était sorti à la hâte sans avoir quitté ses habits d'atelier, sans réparer même le désordre qu'une lutte acharnée avait laissé dans tous ses vêtements, courait, tête nue et les cheveux au vent, pour gagner le grand escalier de la Trinité-du- Mont, et descendre dans la ville. Mais trois hommes enveloppés de manteaux lui barrèrent le passage et furent rejoints par six autres également couverts de grandes cappes de drap d'une couleur sombre et uniforme.

Robert n'avait pas remarqué que ces individus faisaient le guet autour de sa maison, et quMl s'était lui-même imprudemment risqué au milieu d'eux, li crut avoir affaire à des voleurs, et il éprouva un. amer sentiment de désespoir en s'assura nt qu'il ne portait aucune arme; il ne se sentit pas moins déterminé à disputer, au prix de sa vie. For qui était nécessaire pour sauver l'honneur de Seïla.

En cet instant, quoique l'heure fût peu avancée, Tobscurité était aussi épaisse que dans une nuit sans lune; car le ciel ne formait qu'un nuage noir, traversé par des lueurs d'éclairs, auxquels ne succédaient pas encore les éclats d'un tonnerre imminent : une de ces clartés soudaines éclaira le groupe d'hommes qui entourait Robert, et celui-ci vit avec surprise qu'aucun n'était armé ou du moins ne paraissait Fétre : ils se contentaient de le serrer de près et de rendre sa fuite oa sa résistance impossible. On lisait sur leur visage sinistre et taciturne l'obéissance paa* sive et la conGance du devoir.

— Que me veut-on? dit Robert d'une voix étouffée et inégale, en appuyant sa main frémissante sur son or. Ne me touchez pas !•••

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