‹ Les Catacombes de saint CalixteChapitre 12 sur 27 · IX · texte numérisé non relu

IX

(2) De civit. Dei, lib. 6,

cap. 9 ; lib. 15, cap. 22.

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LK?^' CATACÔMniIS DE S. CALIX TË

collégiales, mais, arrivée à un certain point, devait nécessairement, si elle n'obliquait pas vers la gauche, avoir de ce côté un embranchement qui passât entre l'hypogée des Ceecilii et une petite basilique à trois absides, ouverte comme une exèdre. construite peut être aux temps du pape S* Fa-

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Fig. 48. — Co]ombaire des aflVanchis de la G/'ns Caecilia.

bien (fig'. 47). C'est dans cette basilique que, selon De Rossi. auraient été déposés et vénérés dans une seule tombe les corps du pape Zéphyrin et de S^ Tarcisius. Nous en parlerons plus loin. La basilique, refaite plus d'une fois, était devenue un hangar pour les outils d'agriculture et on y trouvait un escalier moderne qui descendait aux catacombes, transformées en cave. La Commission pontificale d'archéologie chrétienne, puis les Pérès Trappistes l'ont remise en l'état où elle se trouve.

Il est difficile de savoir où allait cette route. Il

LE CIMETIHRK DE S. CALIXTK 83

est certain pourtant qu'elle rejoi^-nait l'Ardéatine et qu'elle devait avoir plus d'un embranchement pour permettre aux pèlerins de se rendre aux différents sanctuaires. Vn de ces embranchements a été découvert au commencement de l'année 1909; il est dans la direction du tombeau de S*^ Corneille, et il semble passer tout près du groupe de papes. C'est tout ce qu'on peut dire pour le moment.

Au bord de la via Appia, entre d'autres tombeaux, il faut remarquer un colombaire des affranchis des Caecilii (fig. 48), un tombeau à inhumation, que l'on voit, à peine entré dans la propriété (fig". 50 c/), et un mausolée majestueux en forme de pyramide tronquée, dont les propriétaires, membres peut-être de la noble famile des Pomponii, après s'être faits chrétiens, donnèrent à l'Eglise le terrain environnant, ou permirent d'y enterrer les fidèles. Voyez à la fig. 49 le noyau de ce monument qu'on peut voir encore, et le lieu par où l'on descendait à la tombe du pape S^ Corneille, comme il était aux premiers temps des fouilles entreprises par De Rossi.

Plus loin, vers la basilique de S^ Sébastien, devait se trouver le tombeau des Dasumii; rien de plus connu que le testament de L. Dasumius Tuscus, trouvé en cet endroit en 1820 et 1830^ gravé sur une plaque de marbre qui était en morceaux et conservée actuellement dans le jardin de l'Institut archéologique allemand. Cette famille eut aussi des membres chrétiens, et dans une belle tombe de la région des Csecilii fut précisément enterrée une

LE CATACOMBES DE S. CAtJXTK

Dasumia Cyriaca, surnommée à cause de son innocence « colombe sans tiel ».

La route qui conduit maintenant à l'entrée des catacombes est entièrement moderne ; également moderne est la belle allée bordée et ombragée de

jig. 49. — Ruine du mausolée des Pompouii et escalier conduisant an tombeau du pape Corneille (éiat dans lei.uel l'a trou\é De Rossi).

cyprès, appelée z/a Pio IX. Ce nom lui vient de ce que le grand pape y passa plusieurs fois lorsqu'elle n'était encore qu'un simple sentier, appuyé sur le bras de De Rossi: « Ici. dit-il un jour, sera la route des papes, à travers le cimetière des papes ». Les Pères Trappistes ont réalisé le désir de Pie IX. L'allée est tracée de façon à ce que l'on voie s'élever, d'un côté, entre les buissons, le magnifique

mausolée de Csecilia Metella, et, de l'autre, le dôme de Michel-Ange, qui semble toucher le ciel de sa cîme orgueilleuse. Rome païenne semble faire contraste à Rome chrétienne. Quand verrons-nous apparaître, à l'ombre de ces cyprès, la douce tigure du Pape.

Article II.

Ordre chronologique du deTeloppenient du cimetière de S^ Calixte

Dans la colline que nous venons de décrire fut institué le cimetière papal.

Dès la fin du l*^'' siècle ou dès le début du li^' , sous un mausolée grandiose, fut creusé un petit système de galeries cimilériales avec quelques cubicîili, suivant les limites d'une area funéraire: cette area était limitée par les monuments environnants, par la voie Appienne et par les galeries déjà creusées, d'une manière presque mathématique. Voyez la hg. 50, où cette area est marquée par une ligne pointillée.

Sous les premiers Antonins un membre de la noble famille des Caecilii converti au christianisme fit creuser, presque à égale distance de la voie Appienne et de la voie Ardéatine. un hypogée où on entrait par un escalier. L'entrée de l'escalier fut décorée de jolis stucs, et fut vraiment monumentale. Presque en même temps un autre escalier parallèle au premier l\it construit, et, pour prolonger ces deux esca-

liers, on creusa de grandes galeries qui, plus tard, furent reliées à leurs extrémités par une troisième galerie (fiig. 51),

Les galeries transversales qui relient les deux

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Fig. 50. — Plan des cryptes de Lucii

couloirs parallèles furent creusées plus tard; de même la région qu'on voit à gauche et qui communique aver l'arénaire X' X^ X^ etc. A droite, dans la chambre A^ s'ouvre un couloir que De Rossj

appela la st.cunde ayca du cimetière : il croyait vraiment qu'elle était la seconde par ordre chronologique (voyez dans la , j V V> / '^ ^^* 5~' ^^ couloir <^ a a).

En réalité, elle porte tous les caractères de la lin du 111'^ siècle et du début du iv^ . comme nous l'expliquerons dans la visite; .- au contraire, la seconde arca (en faisant toujcurs

VIA 4PPIC-ARSEA1INA

hig. 51. — Région des Laecilii diie des Papes.

abstraction de la crypte de Lucine et des régions qui la relient au g^roupe calixtien), semble commencer au grand escalier et à l'étage contig'U vi VI VI. La région (|ui y prend naissance a comme

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j)nnci|)ale artère o o, qui d'un côté vient rejoindre le couloir ^« « ^ et finir à la chambre i; de l'autre

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Fis:. 52.^Les aires successives du cimetière de St Calixte.

côté, elle continue avec des parois construites peut-, être dq temps de S^ Daipase, On yoit sh continu^

LE CIMETIERE DE S. CALlXTE

tion dans la tîg-. 53, à la lettre A, où les régions sont encore comptées en commençant par I, ci constituaient dans le plan de De Rossi la région de S^^ Sotère, qu'aujourd'hui nous appellerons anony me. Elle paraît être tout entière du iv^ siècle.

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Au nord de la tig. 53 s'étend la région dite Libérienne., parce qu'elle fut spécialement exploitée sous le pontificat de Libère I'''' (352-366). A celle-ci vient se rattacher une autre région qui parait en être la continuation, celle appelée fort jug-

tement « région des S^'^ Marc et Marcellien et de Damase » ; elle est tout entière du iv^ siècle, avec des annexes du v^ . Du vi^ siècle également est la région qui s'étend de cet endroit vers la chapelle

Fig- 54-

LabvrinUie.

de Quo vadis et qu'il faut partager peut-être en trois parties, le cimetière de S'^ Sotère, à droite, sous le monastère des Pères Trappistes, celui de Basileus, à gauche, vers la voie Ardéatine ; et celui de Marc et de Balbine vers la chapelle dite de Quo vadis. Dans la figure 50 les galeries continuent vers le sud-est, mais sans chambres, étroites, embrouillées, et vont communiquer avec la crypte de

Lucine. Cette région, à juste titre appelée « labyrinthe » par De Rossi, est certainement du iv^ siècle.

Le plan qu'on trouve en vente chez les Pères Trappistes est celui de De Rossi, que j'ai corrigé et complété suivant les nouvelles fouilles ; mais il n'arrive qu'au monastère ; ce n'est donc que la moitié ou à peu près du plan général. La partie qui manque est non seulement très embrouillée mais malaisée à parcourir et même dangereuse en certaines places. J'ai donc renoncé, comme ^L Etienne De Rossi, à en dresser le plan.

Etudions maintenant le cimetière.

Article III Visite du cimetière

Les anciens pèlerins des vii^ et viii^ siècles nous donnent deux directions différentes dans la visite du cimetière de Calixte. Les uns, venant du cimetière de Prétextât, c'est-à-dire de la voie Appienne en face de la maison qu'on appelle torretta, se dirigeaient vers la tombe de S^^ Cécile, de là aux tombeaux des Papes, puis remontaient pour vénérer les corps du pape Zéphyrin et de S^ Tarcisius dans une même tombe, redescendaient au tombeau du pape S*^ Eusèbe et enfin se rendaient à S^ Corneille dans la crypte de Lucine. Nous suivrons à peu près le même itinéraire.

Il y avait différents liiniraircs de pèlerins ; ils remplaçaient nos Baedeker d'aujourd'hui. Aussi d'autres pèlerins venaient-ils de la porte S^ Sébastien,

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appelée alors porta Appia, et visitaient en premier lieu S^^ Sotère, puis le groupe des Papes, etc. Ensuite ils se dirigeaient vers l'Ardéatine et gagnaient la voie Ostienne. D'autres pèlerins enfin, laisant un tour en sens contraire, venaient de l'Ostienne à l'Ardéatine et de l'Ardéatine à l'Appienne (voir à la fin de l'article la table svnoptique des Itinéraires).

L'escalier par lequel on descendait est le même qu'aujuourd'hui ; c'est une galerie qui, selon De Rossi, fut changée en entrée par le pape S^ Damase pour les pèlerins de son temps. Il fui reconstruit au temps de Pie IX. Sur le mur de gauche on lit la belle inscription d'une Claudia (?) Agrippina dont « le jour de naissance se leva... etc. », c'est-à-dire le jour de la mort qui était la naissance à la vie véritable et était appelé : dies nata/is, comme on lit au Martyrologe, pour les saints.

Un'inscription, qu'on voit à droite, est caractéristique pour le verbe xoi|jia(i) « dojmir », qui y est employé : le défunt s'endormit (dans le Seigneur) le 30 du mois de mai.

Une autre inscription à droite nous donne le quatrième consulat de Dioclétien et celui de Maximien qui devrait être le troisième :

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