IN PAGE
L'âme qui était appelée esprit saint, était appelée aussi * colombe » et ceci explique le sens de la colombe si souvent représentée sur les tombes. Dans une autre chambre un petit i^radin revêtu de marbre porte cette affectueuse et laconique inscription :
SATVRMI ANIMA DYLCIS
A l'entrée de l'ambulacre S on trouve en outre ces caractéristiques inscriptions :
MNHCeH (-)£g;, ZHCH ev Osto - « Que Dieu se souvien7ie de ... . Vis e)i Dieu ! » .
ATTIKIAXOC (écrit deux fois sur la chaux fraîche d'un loculus).
CIPIKA Elr^ÀHcV Mr^vôr/ H. - « Sirika est partie [de ce monde] à 9 }}iois ».
AÀeZaXAPO III EXHsw - « Alexandre, bois en Dieu!-^; souhait pour que le défunt soit admis au banquet céleste.
VALERIANUS
Dans ces inscriptions et dans d'autres que je laisse de côté, reconnaissons avec De Rossi : « Langue grecque prédominante, écriture d'un caractère beau, symboles anciens, c'est-à-dire ancres, navire et colombe avec le rameau d'olivier ; noms seuls, ou épitaphes d'une formule courte et classique » (i).
(i) Roma sotter.y t. II, p. 272.
l66 ^ LES CATACOMBES DE S. CALFXTE
Tout cela semble indiquer la première moitié du ili^ siècle.
Voici les principales inscriptions de Tambulacre a a et des ses alentours :
IVSTINVS.
LAODIEIES ET FILIORUM - « Tombeau de Laodicia et de ses fils ».
FORTVNVNA SE VIVA FEC// - « Fortununa s'est préparée, pendant qiCelle vivait, ce tombeau ».
EIPHNH
Sur cette tombe y a une très belle orante sur un piédestal et vers elle vole une colombe avec un rameau d'olivier comme dans la scène de Noé. Sur un petit fragment de plaque sépulcrale de cette même région était représentée l'arche de Nué, mais au lieu de Noé une femme était debout dans l'arche, priant, et la colombe volait vers elle. Le sens de l'arche est clair, mais il est évident qu'ici on a substitué à Noé le défunt, comme on l'a remarqué sur d'autres monuments* Près d'ici, dans la galerie b, dans un arcosolium est peint Daniel parmi les lions, mais au lieu de Daniel on voit le défunt qui sort à moitié de sa tombe. On ne saurait désirer une plus claire démostration du vrai sens des peintures des catacombes.
Sur le pavé est aussi l'inscription en très belles lettres d'un Alexandre qui prépara ce tombeau pour lui et sa femme :
0 T0n(3C AAEZANAPOr KAI CÏMBIQ EnOIHCAxX
LL ClMEllERE r>P S. CALl.XTE
Ici sont deux chambres, (hg. 52, un. 5'et 4) Tune à gauche, l'autre à droite de Tambulacre. La première
porte le nom de S^ Miltiade, parce qu'on croit que fut déposé ici, dans un sarcophage colossal, le corps de ce pontife, mort en 314 (fig. 87). La raison de cette
opinion se trouve dans le couvercle majestueux qu'on y admire. Ce couvercle, en forme de toit, est de style païen ; il est orné de masques ; sur les antéhxes est grossièrement sculpté le B ni Pasteur avec son troupeau. La crypte n'était pas originairement desstinée à la sépulture ; tout autour on voit encore un degré ou banc terminé aux deux extrémités par des sièges plus élevés et distincts; c'était la disposition alors requise pour les tables dont les bouts étaient occupés par les personnes plus dignes ; la droite était réservée au président de la réunion, Des plaques de marbre recouvraient les murs jurq'à
la naissance de
W^^^WSÊ^^ÊÊ^SÊSÊ^^MÊ^ \^ voûte ; de là
*.>' '^IRSRS^RI^^^X^' J^^^^' ^^ som-
^^^iiJHfmlialBraBlI met du lucer-
Fig. 88.
nairejil y a une
décoration de stucs avec la résurrection de Lazare, le Bon Pasteur et une autre scène complètement effacée. Sur le pavé est l'inscription d'un exorciste ffig. 88). On vient d'y retrouver l'inscription grecque d'un Alexandre avec la belle acclamation: META TON AriQX - « V/s avec tous les saints ».
La chambre de droite est peinte avec grâce selon le goût classique : on y voit de petits groupes de dauphins, d'oiseaux, de fleurs et les personnifications des quatre saisons. Ces dernières, bien qu'elles fussent de style païen, pouvaient cependant, en s'adaptant à l'idée chrétienne, représenter le mort et la résurrection. Ainsi Tertullien, S' Ambroise,
S^ Aug^uslin et d'autres on tait de belles comparaisons entre les saisons et la vie du chrétien. La
chambre a trois arcosolia disposés en croix : ce serait presque l'embryon d'une basilique. Même remarque sur l'autre chambre.
A peine sortis, à droite et à quelques pas,
lyo LES CATACOMBES DE S. CALIXTE
sur une lourde et grossière plaque de marbre, nous lisons :
AMELMHTQ rAÏKlTATH MHÏPI AOrKAXH AOTKIAA eiTATHP EllOIHCEX KABAOECIC nPO Z KAAA QkTOBPEIQX « A r incomparable et très douce mère Liicana, Lucilla sa fille a fait [ce tombeau]. La déposition a eu lieu sept jours avant les cale)ides d'octobre ».
Une autre inscription, fixée au mur, nous rappelle un formule de Mémento mortuorum de la messe : MARINE.... QVE PRAECESSIT IN PAGE.
La chambre suivante à main droite (n. 8) est appelée chambre de Sophronia, parce qu^un péltrin du iv^ siècle semble avoir prié ici devant la tombe d'une personne chère appelée Sophronia et dont il a laissé le souvenir en divers endroits de ce cimetière avec des sentiments touchants d'affection et de piété.
Au pied de Teecalier damasien il a écrit sur l'enduit :
SOFRONIA Wèh.'^CM^^W'^ (sic) -«Sophronia puisses-tu vivre avec les tiens ! »
Dans la galerie, sous l'escalier, il a écrit encore : SOFRONIA IN DOMINO - « Sophronia dans le Seigneur ».
Enfin, dans la chambre indiquée, à côté d'un arcosolium, on lit, tracé de la même main :
SOFRONIA DVLCIS SEMPER VIVES DEO - « Douce Sophronia^ tu vivras tujours en Dieu ! » Et, comme si cela ne lui suffisait pas, il écrivit encore, sous les paroles qu'il venait de tracer,-
SOFRONIA VIVES [Deo] - Oui Sophronia, tu vivras en Dieu ! »
Il semble que l'affection humaine seule ait inspiré le premier graffite, mais aussitôt la pensée s'élève et, dans le dernier graftite, ce n'est plus le désir, mais la certituie répétée deux fois, que la chère âme de Sophronia est dans le sein de Deu.
Dans la chambre en face (n. 9) a été reconstruit le gracieux s\rcophage d'un enfant avec le couvercle en forme de toit orné de masques. Les bas- reliefs représentent les scènes habituelles : des animaux
miv.
^En
Fig. 90.
plus forts qui dévorent des animaux plus faibles, ce qui chez les païens symbolisait la destruction, signifiée par le nom même du sarcophage,
En tournant à gauche sous un arc de construction antique, on trouve entre outres, fixées aux murs, les inscriptions suivantes :
'AO^TjVOGCopG'j zaxàWeaLç âpo ij3 zaÀ. jJLapxicov - « D' Aihénodore la déposilion eut lieu douze jours avant les calejides de mars ».
PONTIVS ATENAGORAS. OVI VIXIT. AN.
XXII VIRGO — « Pontius Athénagore qui vécut vierge 22 an ».
Ici aussi fut trouvée cette gracieuse inscription :
VINCENTIA IX ^ PETAS PRO PHOEBE ET PRO VIRGINIO EIVS - « Vincentia, vis dans le Christ ci prie pour Pœbé et son mari / » (ij.
En tournant de nouveau à gauche, par d d, on trouve à droite la crypte dite de Y Océan (fig. 91 et 52, n. II). Elle est petite, grossièrement peinte, avec un mélange étrange de sujets architectoniques et de barrières en roseaux. Il y avait ici une peinture du Bon Pasteur, mais en général la décoration est inspirée par l'art païen. Au milieu sont une tête avec pinces de homard(\ symbole de 1" Océan, et un portrait ; à côté quelques oiseaux, des figures de personnes mutilées, des paons et des fleurs. Du portrait il ne reste que le buste; le visage était peint sur de la toile qui s'est pourrie. Ow a vivement discuté sur le sexe de cette figure 'quelques-uns, avec De Rossi, ont voulu y voir un homme ; d' autres, avec Wilpert, une femme. En vérité on y lit la parole incomplète de IS^IME, et, au iv^ siècle, on représentait presque toujour 1er femmes défuntes avec la toge. Cette peinture est précisément de cette époque et porte la toge.
De la galerie d d on passe dans la galerie o o, dont la partie qui se dirige vers la gauche est coni-
(i) On appelait Virginus et F/;x/;/m les époux, qui n'avaient pas été mariés auparavant, ces' t-à-dire qui étaient cnninges a virginitate. On sait que les premiers chrétiens recommandaiet peu le second mariage après le dècés du premier conjoint, quoique 1' Eglise 1" acceptât et le défendît même contre les hérétiques.
LÉ Cl.METlERE DE S. TALIXTË
prise dans la région de S^ Milt"ade. Rien de reniarquab'e suif que cttte parcie e^t soutenue par
des murs de renfort à cause de la basilique triabsidale dont j'ai parlé. Ici et dans l'embranchement h a on trouve quelques inscriptions locales importantes. Dtrux de prêtres :
T74 'E^ CATACOMP-F.S DR S. CALIXTE