DEP. PRIMI. V. NON. IVLI
Et dans celui de gauche sont les restes d'une élégante inscription faite par une veuve à son mari défunt :
Q. ofilAlO (sic) TROPHIMO . FECIT . AE//A CAPI- TOLINA CONIVGI SANCTISSMO (sic).
« A Qidniiis Ofiliiiis Trophivie très vert2(evx époux
(i) Voir à ce propos l'opuscule du P. Syxte Scaglia Nonnulla de symbolismo litiirgico, Rome, Lesclée, 1907 ; prix o fr. 60.
t?S t.R!* CAtACOMUÎÎS DR S. CALÎXTE
.^lia Capitoîina a fait ». Il y a les trois titres du défunt qui ne devait pas être de condition vulgaire ; la paléographie des lettres ressemble beaucocp à celle de l'inscription d'un Pancarius, mise sur le pavé. La crypte à l'origine n'avait ni loculi ni arcosolia ; elle était destmée aux assemblées liturgiques, comme les deux autres en face (nn; 6 et u). De fait tous les tombeaux ont été creusés en brisant le badigeon. Parmi ceux ci il y a un d'enfant encore fermé. Un lucernaire ouvert sur la galerie éclairait cette chambre et celle en face n. 7.
Celle-ci est plutôt grande et rectangulaire. Sous son pavé on a trouvé trois sarcophages avec des cadavres fort bien conservés ; deux étaient presque momifiés et le troisième envoloppé dans de la toile. Mais actuellement ils tombent en poussière. L'un d'eux a encore des cheveux très longs : on pense qu'ils ont poussé après la mort. C'est un jeune homme de haute taille et très droit. Le sarcophage était recouvert d'une plaque de marbre colossale portant gravé le mon d'ALEXSADRA en lettres grossières ; ce n'est certainement pas le nom du défunt qui est un homme. Sur le devant, le sarcophage est sculpté à strigiles, avec la hgure-du Bon Pasteur aux deux extrémités ; au milieu est ébauchée la ligure du défunt avec un rouleau en main ; à ses pieds se trouvent, à droite, un paquet de rouleaux, à gauche, un étui {scriniiim}. Le fait que la figure du milieu est à peine ébauchée prouve que le sarcophage avait été acheté tout fait en fabrique. Il est douteux qu'il soit chrétien ; le berger avec
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le chien à ses pieds et la brebis sur les épaules n'est pas un indice décisif. Les païens aussi représent-iient souvent le dieu-beroer, Mercure Criophore, et parfois les chrétiens adaptaient ce sujet a l'idée du Bon Pasteur..
L'autre sarcopha^^e d'adulte est grossièrement orné de strigiles sur le devant ; tous deux peuvent être de la fin du iii^ ou du commencement du iv^ siècle.
Fig. 93-
Le troisième sarcophage (fig. 93), plus petit, a sur le devant des scènes inspirées par les peintures et r épigraphie. On y voit Noè qui reçoit la colombe dans l'arche, Daniel dans la fosse aux lions, et le prophète Habacuc qui lui tend un pain marqué. du monogramme du Christ, symbole eucharistique. Au milieu la figure du défunt à peine ébauchée entre deux personnages sacrés, c'est-à dire l'âme
i7îtey sdncios, parmi les Baints. Ensuite Jésus ^ui change l'eau en vin, autre symbole eucharistique iet la résurrection de Lazare qui, comme nous l'avons vu dans les peintures, suit constamment le symbole de l'eucharistie. Le sarcophage est postérieur à Constantin; car c'est une règle que les sculptures avec des symboles évidemment chrétiens n'ont pu être exécutées généralement parlant, avant la paix de l'Eglise. Aucune inscription ne nous indique le nom et la quatité des déufnts ; il est probable que les inscriptions ont été enlevées du pavé dès la première dévastation. On a voulu voir dans ces trois chambres un lieu destine au cuite, et, par suite, dans les trois enceintes, la distinction des places pour le clergé, les hommes et les femmes. De Rossi a même comparé ces trois chambres à la basilique souterraine de S'^ Agnès (i). Il est pourtant certain que, sauf la liturgie funéraire à laquelle n'assistaient que les amis du défunt, on n'a pu y célébrer un autre office ou la messe du dimanche qui était publique, à cause du manque d'espace.
Passons maintenant dans l'autre embranchement de l'ambulacre, au mur duquel est fixée l'inscription suivante :
RACCIS DVLCIS ANIMA IX PAGE DOMIXI QVE VIXIT AN- NOS XV VIRGO DIES LXX PRID KAL SEPTEMBRES PATER
FiLiE s\ae DVLCISSME - « Bacds, douce âme^ dans la paix du Seigyieiir. Elle vécut 12 ans, vierge,
(i) Roma sotterranea, t. IL, pag-. 297
70 jours; et mourut la veille des calendes de sep te mbte. Le père a fait pour sa très douce Jîlle «.
La crypte n. lo est vaste,
-y-T-rry-ra -^pr:^ ^ liaute et éclairée par un lucer-
rERNQÎf^ nai-e de la crypte d'en face.
V\\ orand nombre de frag-
ment ont ete reunis ici : un .> r^!^' J-^' ^*^^ pliis importants est l'in-
« O Claiiauis, que ' '
Lu vives ctcrreUement! » scription de Sylvanus : IN PAGE SPIRTVS SILVANI AMEN Voici manifestement, comme le dit De Rossi, des prières liturgiques, principalment de celles que l'on faisait en fermant la tombe. Cette crypte a reçu le nom de S^ Caïus (283-290); on y a mis l'inscription mutilée de ce pape :
Taior V EIIIazoTroj
KAf) y Tipo c KAA. MAIQv
« Déposition de Vévéque Caïus le 22 avril».
Cette date fut ainsi complétée selon le renseignement de rindex philocalien ( X. Kal. jlfai.) et du Liber pontipcalis. Deux autres dates sont indiquées dans les Martyrologes; pour De Rossi, ce sont des dates de translations. Mon ami le Dr. Georges Schneider, neveu du grand archéologue, a démontré assez solidement combien ces translations sont peu probables (t), mais la question n'est pas historique-
{\) N. Butt, di ArcticoL crist,^ maggio 1907.
j82 les catacombes de s. calixte
ment résolue. Ce qui import^% c'est que les fragments retrouvés près d'ici appartiennent sûrement à l'épitaphe officielle, si je puis ainsi l'appeler, de Caïus, que ce pape ne fut pas enterré dans l'hypo gée des papes, mais que, comme Corneille, Miltiade et Eusèbe, il fut déposé in Callisti, m crypta, in antro ; ce qui voulait dire dans un endroit distinct de celui des autres pontifes. Nous verrons plus loin un souvenir du culte de ce pape. Remarquons que cette crypte fut visitée par des pèlerins qui y ont laissé des traces de leur passage. Les murs, spécialement sur les côtés du loculus où est l'inscription, sont couverts de graffites, et. dans un groupe de ces graffites. De Rossi a pu déchiffrer les noms de trois évêques. Quelques-uns semblent de véritables épitaphes, par exemple :
KE BOHOH TOr lOYXoj COÏ BENJAMIN - «L Seigyieur, viens en aide à ton serviteur Benjamin >•> .