Chapitre II. — L^épigraphie cl Vait dans les calacombcs
Artici.i: I Caractère de la soimlliire clintiiiiut'.
L,i sé[)ultiire chiLtienne hit, dès l'orij^ine. un acte reli}4^iciix : au témoig^naîi^e d<.s Pères, et spécialement de Tertullien et S* Cyprien. l'ensevelissement des morts était un devoir très recherché des chrétiens; on craignait la punition de Dieu si Ton n"avait accompli ce devoir (i). Dans ce but il y avait un tronc où Ton recueillait les aumônes, et on crowiit permis de vendre les vases sacrés pour ensevelir les morts (2).
On comprend dès lors que les tombes chrétiennes hissent complètement séparées des tombes païennes et que jamais un chrétien ne pût être enterré dans un hvpogée païen. Sur ce point, les faits, les documents et les monuments sont parfaitement d'accord.
On comprend aussi que, dès l'origine, les apôtres aient institué le cimetière en même temps que
(i) S. Cvi'KiAX., éd. Baluze, /:/. II (ailleurs 111 et iVi: Tertill , Apol.^ 36.
('2) S. A.MRROs., De ojficiisy lib. II, 142, Venetiis, t. III, p. 124.
le temple et Técole. La sainte Ecriture ne parle p>ts de tombes réunies; les plus anciens documenls nous parlent d'un cimetière ad iiyniphas S. Pétri, ad foïilcni S. Pétri, ad scdem iibi piius sedit S. Petrus, en un mot d'un cimetière qui. dans les Actes
du Pape Libère, est appelé (htrie)iy ou l'apôtre Pierre baptisait.
En Asie, les tombes chrétiennes étaient pour la plupart des tornbeaux privés, creusés dans une roche
très dure et peu différtnls des tombes juives (fig. i et 2). En Occident, au contraire, et en Afrique, les tombes communes étaient très nombreuses.
A Rome ainsi qu'en diverses partie de l'Ilalie, en Sicile (tig. 3 i et à Malte, on creusa les catacombes. En Afrique les tombes des collèges étaient pour la plu-
Plaii d'un Inpogée juif à Jérusalem {Revue hihiiqiie, 1^99, p. 207).
}3art au niveau du sol; il en était de même en Espagne et d^ns les Gaules (îig. 4;; cette position les exposait plus encore aux coups de la persécution. Je dis : pour la plupart, car en ces dernier temps on a découvert des catacombes même en Afrique (tig. 5 ). Mais le nom de catacombe n'appartient pas à tous les cimetières chrétiens souterrains. Primitivement
lO LES CATACOMBES DE S. CALIXTE
il ne désignait que le cimetière de S' Sébastien, peut-être parce qu'il y avait là un creux, une ca-
j:F>.>W.^J.niK3y-^::3\:
Fig.
Catacombes de Sicile.
P'iK- 4- — Ancien cimetière dans les (ianles.
vite, d"où le mot g-rec compose de "/.axà, dans^ et de 7.'j(Ji6oç, creux; ou encore parce qu'il y avait là des
NOTIONS GENERALFS SLR LA KOME SOUTERRAINE II
tombes, d'où le nom moitié i>rec et motié latin y.aiàcunibo, auprès du « coiithoir ./ ou du dortoir, ad accubitoria. F^n tout cas, ce ne fut qu'au x^ siècle que ce nom hybride fut étendu à tous les cimetières Souterrains.
F'S- 5» — Catacombes africaines {Rnll. d'Arc, chrél.. 1905).
i^e vrai nom des tombes collégiales chrétiennes, le seul nom qui leur fût propre, fut celui à^ cimetière. Cependant en Orèce et dans les inscriptions grecques on l'employa pour indiquer un seul tombeau ou un petit hypogée. Sa signification donne précisément l'idée de la mort et de T ensevelisse'
ment^ d'uù les expressions epi^raphiques de dor- ^ niiliOf depositio, somnuni pacis ; d'où également le nom de cubiculits^ ou citbiciiliDn (chambre à coucher, lil) donné aux chambres sépulcrales, bien qu'il fut aussi employé chez les païens.
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Fig. 6. — ^Inscription de Mauritanie faisant mention d'une ai ca.
Même avant le christianisme, il y avait à Rome une catacombe juive qui datait peut-être du temps de Pompée. Il semblerait donc que cette catacombe eût été le prototype ou le modèle des cimetières chrétiens. Pourtant, au dire de J. B. De Rossi, juifs et chrétiens ont eu, en Palestine^ un type commun pour leurs tombeaux (ij.
Article II
Noms génériques iuiliqiiant les cimelîèi^'s — Terrain dans lequel sout creusées les catacombes — Tombeau étrusque — Tombeau roniaiu - Hypogée chrétien.
Dans les écrivains et les documents anciens, les cimetières sont désignés par diférents noms. En
II) Ronia sotterranea, t. I, p. 90. La catacombe juive dont il est question a été retrouvée récemment sur la via
voici les principaux : A?ea, crypta, crypta arenaria arenarium.
On appelait areae les cimetières chrétiens de r Afrique, d'où le cri : Areae non sint ! « A bas les areae ! '!> poussé par la canaille païenne quand elle
infp:^^pn:5^^
Fis. 7. — Section d'une galeiie aréuaire cliaiigée en cimetière.
se ruait à la profanation et à la destruction des tombes chrétiennes (i). Le nom area suppose prè. cisément un cimetière au niveau du sol, comme nous le confirme une inscription trouvée en Mauritanie : Aream ad sepuhhra cultor Verbi \Evelpn(s\ contulit, c'est-à-dire: '-< Evelpius, adorateur du \>rbe,
Portuense, mais elle était en si mauvais état qu'on n'a pu y faire aucune réparation.
(i) Tertull., Ad Scirp,, c. 3: « Sub Hilariano prae side de areis sepulturarutu nostrarum arclamatum est : Areae no7i sint ! ».
LttR CATAtONrËES IDE S. CALIXTK
donna Varea pour les tombes » (hg. 6). On appela pourtant aussi a;ra le terrain qui se trouvait audessus d'un cimetière ou qui entourait un tombeau.
Le nom du crvpla sig-nifiat un souterrain quel qu'il lut, et désignait aussi bien les galeries que les cubiculi des catacombes. Le nom de crypta arcuaria n'en diffère que parce qu'il suppose c|ue le souterrain est creusé dans une roche d'aspect dur et sablonneux.
En revanche crypta arenarum ne diffère pas du
Fig. 8 — Section d'une galerie arénaire changée en cimetière,
mot arenarium et désigne probablement une carrière de sable : arenae fodiua. Dans l'étude des anciens documents il faut avoir ces distinctions présentes à l'esprit pour ne pas tomber dans ces erreurs qui, pendant plusieurs siècles, firent laire fausse route aux prédécesseurs du P. Marchi et des frères De Rossi. On crut que les catacombes de Rome n'étaient rien d'autre que d'anciennes carrières de pouzzolane adoptées par les chrétiens pour y établir des cimetières et pour s'y préparer un
asile sûr contre les persécutions, un lieu de refuge. Bien plus, on alla jusqu'à dire c[ue les catacombes pénétraient jusque sous la ville de Rome, passaient sous le lit du Tibre et se rejoignaient en un point unique. Ouelques-uns prétendirent qu'elles communiquaient avec les puticoli de l'Esquilin.
La preuve que les catacombes ne sorîpas d'an ciennes carrières de pouzzolane, c' est la nature même de la roche dans laquelle elles sont creusées. J^e sol romain, naturellement volcanique, offre des roches de cohésion et de dureté différents ; sans parler des gradations, on peut les diviser en trois espèces : la plus dure, appelée tuf h'fhoïde^ est d'un excellent usage pour les constructions ; réduite en petits carrés régulieis, elle s'appelle aussi saxuni quadraiiivi, ou encore, a cause de sa couleur rougeâtre, lapis riibcr. Le moins dure, qu' on réduit aisément en sable ou en pouzzolane, était employée ])ar les anciens pour faire de la chaux. Il y en avait de nombreuses qualités ; on la préférait au sable fluvial. Enfin la seconde espèce, nommée sim- ])lement ////, n'est ni assez solide pour servir de ])ierre de construction, ni assez friable pour être facilement réduite en poussière ; c'est un tuf terreux et absolument inutilisable dans l'industrie.
Or les catacombes, sauf de rares exceptions, sont toutes creusées dans ce tuf qui n'a ])as reçu de nom particulier justement parce qu' il ne sert à rien, tandis que des arénaires de toute grandeur communiquent avec les catacombes, et montrent bien l'enorîne différence qui les en distingue. Les cata-
Ib T. ES CATACOMBES DE S. CALIXTE
combes ont des formes architectoniques, des tournants à antile droit; les arénaires au contraire n'ont l)as de forme ])roprement dite et leurs larges couloirs ainsi c]iie leurs tournants sont faits de façon
Fig. 9. — Les cinq étages du cimitière de S.t Calixte.
à perniettre le passage des charrettes ])Our le tranlK)rt de la pouzzolane, ce qui eût été impossil)'e dans les catacombes. Du reste les fig. 7 et 8 font bien voir le travail qu'un a dû exécuter pour changer
KOtlONS r.ËNERALKS RïR lA RoME SOf TF.RRAJNE t;
en cimetière une centaine de mètres d'arénaire: on a du soutenir et bâtir les paroiï^ et les tombes»
C'est de plus un fait acquis que les catacombes ne passent pas sous la ville, mais qu'elles se trouvent toujours hors de l'enceinte ; d' ailleurs la loi même détendait de creuser et denterrer dans les murs de Rome»
A noter aussi que les plus bas couloirs des catacombes se trouvent au moins à cinq mètres au
EOSgaJBaSBgl^MDOBEai
Fig. lo.
Peintures sépulcrales étrusques.
dessus du niveau de la rivière 1' Almone, et par conséquent à t r mètres environ au-dessus du niveau du Tibre. En voici du reste la démonstration dans la section des cinq éta ofes du cimetière de S^ Calixte, le plus profond que l'on connaisse
(fi^. 9)-
Enfin des couloirs sous le lit des fleuves sont tout ce qu'il y a de plus invraisemblable: on comprendra facilement que l'humidité seul aurait empêché de les creuser.
Concluons donc : les galeries des catacombes,
LES CATACOMBES Bfi S. CALIXTF,
parfois très élevées, avec leurs parois complètement garnies de tombes, révèlent par elles mêmes leur origine. Le but de tant de souterrains était purement funéraire, et il était naturel qu'on suivît le s>'stème oriental de sépulture, parce que c'était le plus conforme au dogme de la résurrection des corps. Le corps en effet devait être déposé dans un sol vierge et y rester jusqu'à la résurrection.
Fig. II. — Intérieur d'un tombeau étrusque.
Les Etrusques croyaient, eux, à une vie future dans l'intérieur du tombeau même ; aussi l'ornaienils intérieurement de statues, de peintures et de tout ce qui pouvait rendre agréable cette seconde vie imaginaire. L'œil d'un vivant n' aurait jamais dû contempler ces peintures ni ces ornements ; les plus habiles artistes devaient les exécuter sans
NOTIOKS GENERALES SL'K LA ROME sOLTERRALNE l'y
espoir que leur œuvre lut jamais louée ou leur propre nom mensionné : ils avaient travaillé pour un mort (fi^* lo et 1 1 ).
Au contraire, les Romains du temps de l'Empire. à qui la loi détendait de déposer des trésors dans les tombeaux et qui faisaient consister l'idée d'une autre vie plutôt dans la renommée dont ils jouiraient dans la postérité, mirent tous leurs soins à orner
Fig. 12. — Tombes anciennes de CerveUi.
extérieurement les tombes (lig. i2). Elevés comme des mausolées, ces tombeaux devaient redire aux passants la g-loire des personnages disparus, les basreliefs racontaient en symboles ou en allégories leurs succès et leurs actions ; parfois même le buste du défunt, regardant la route, semblait arrêter le passant el lui adresser les paroles mêmes de l'épitaphe : <^ Arrête, passant ! » Sia^ viator.
Lèh CAlACoMnÈs bE s. cALtxl-K
On voit que les catacombes, creusées en forme de chemins souterrains servant à relier entre elles des chambres parfois ornées de peintures, souvent complètement nues et saris aucun revêtement ni badigeon, formaient lin contrastre curieux avec les tombeaux païens qui se dressaient autour d' elles. On s'en fera une idée en regardant la fig. 13. A ces mausolées resplendissants de marbres et bordant
F'g- 13- — Tombeaux romains de la voie Appienne (d'après Canina). De la petite église Quo Vadis à la porte S. Sébastien.
le voies consulaires succédaient, dans les champs et sous terre, les galeries catacombales, dépouillées de presque tout ornement éclairées par quelques lampes à l'huile fixées à côté des tombes. Quel contraste ! Et pourtant, il y avait quelques points de contact entre ces deux genres de tombeaux, comme nous le verrons dans l'article suivant.
Article III FoiMlalioM (lu cimetière chrétien.
On divisait les tombeaux païens en tonibeanx de (a.mWX^, geniilitia, et tombeaux de collèges, columbaria (fig. 14). Les catacombes chrétiennes se rattachent à la première espèce par leur ancienne origine et leur fondation : elles se rattachent à la seconde par leur constitution complète.
Il était naturel que les premières f.- milles patriciennes converties au christianisme se préparassent un tombeau en harmonie avec leurs croyances ; mais il n'était pas moins naturel qu'elles ne pussent concevoir tout d'un coup et dès l'origine le dessein d'une nécropole souterraine.
C'est pour ce motif que leurs tombeaux ne furent pas seulement de petites chambres souterraines, mais que, suivant l'usage général, ils présentèrent audehors un monument correspondant. La preuve en est dans les ruines de l'entrée de la galerie des
Hl^
Fig.
Colombaire de la voie Appienne.
LM-S COTACO.MtiES DE S. CALIXTE
F/avii {(\'^. 15). Là en efl'et, des membres de la famille de l'empereur Domitien firent non seulement creuser le <j;randiose hy[)Ogée, m lis aussi bâtir le monument extérieur, sur le côté droit de la voie Ardéatine.
Ainsi le point de départ du développement des cimetières fut toujours ou presque toujours un tombeau de famille. Le pro{)riétaire permit d'y enterrer
Fig. 15. — Entrée de l'hx pogée des Flavii.
les membres de sa famille convertis au christianisme et. par suite de cette vive charité qui fasait des premiers fidèles comme une seule âme en un seul corps, il y accueillit ég^alement les chrétiens défunts de son voisinage.
Telle est Torio-ine des |)rincipnux cimetières chrétiens du 1^' et du n^ siècles. Le droit privé de pro-
priété protégeait la propriété fLinéra'rt' commune, et le propriétaire pouvait, jusqu'à un certain point, disposer à son gré de son tombeau. La loi et la religion romaine déclaraient religieux le terrain oii avait été déposé un cadavre, et des peines très sévères étaient édictées contre les violateurs des tombes. Il est clair cependant que les cimetières chrétiens, en s'étendant outre mesure, devaient attirer l'attention des magistrats.
C'était là un grave danger pour la sûreté des cimetières, car une loi datant du temps de Trajan interdisait le^ collèges illicites, c'est-à-dire non reconnus ou dissimulés ; cette mesure avait été prise non seulement contre les chrétiens, mais envers toutes les sectes orientales qui pullulaient à Rcme. Les chrétiens cherchèrent donc à se développer dans le sens vertical, en creusant un second et un troisième étages (I). Il Lur restait pourtant un mo\en de justifier l'extension de leurs cimetières et de se dérober aux rigueurs du fisc : c'était de se réunir en collèges funéraires. Les chrétiens prirent ce parti, et c'est là le second point de contact entre les cimetières chrétiens et les tombeaux païens.
Il est certain que les pauvres, et spécialement les afiranchis, pouvaient, sous le nom de teniiiores (petits, besogneux;, se constituer en collèges ou i:o-
11) C'est seulement, senible-t-il, après la paix de l'E- <^lise qu'oïl creusa un <iualriènie et même un ( inqiiiènic étages, là où la roche était sèche et au-dessus du nivea^ des Heuves.
24 LES CATACOMBES DE S. CALlXTÈ
ciélés puLir se préparer un lumbeaii à moins de frais. Nous trouvons des exemples de ces collettes dans les inscriptions retrouvées ; l'une d'elles trouvée à Civita Lavinia, nous révèle comment même les esclaves pouvaient, avec la permission de leur maître, partici[)er à ce privilège, car les statuts du collège étaient reconnus par l'autorité; i)armi les prescriptions, il y en avait une qui ordonnait d'honorer en effigie l'esclave dont le corps n'avait pas été cédé par son maître ; une autre obligeait à refuser les honneurs funèbres à tout membre du collège qui se suiciderait (i).
Il n'est pas douteux que les chrétiens n\isèrent de cette liberté. De fait^ les cimetières, à Rome et en Afrique, prirent un caractère collégial ; après la mort de Valérien et a})rès la victoire de Constantin sur Maxence, le^s cimet'ères furent restitués, non aux particuliers, mais à 1' Eglise. Des inscriptions nous apprennent en outre qu'il y avait des cimetières comnmns, Varea des frères, « l'endroit où l'on enterrait tous les frères », et des cimetières administrés par l'Eglise.
Les pauvres et les affranchis avaient donc leurs cimetières; devant la loi et le collège des pontifes qui était chargé de régler la res funeravia, chrétiens et Romains étaient égaux, et, grâce au droit d'as-
(i) Voir rouvrao:e du P Xyste Scaglia: Noiiones archaeolof^iac chvisiianac, discipliuis thro/oo'icis cl li/nrxicis coordinatac, Desclée, 1909, vol. J, pars prior, p. 299 et suiv.. tig. 94 et 95.
sociation, les chrétiens purent obtenir, en faveur de leurs cimetières, sinon une existence légale, du moins une tolérance pratiquement équivalente.
Mais si cet état de choses semblait assurer aux chrétiens une longue et paisible possession de leurs cimetières, la persécution de Valérien montra tout d'un coup combien cette condition était piHÎcaire. Un édit impérial confisqua les cimetières collégiaux, et punit de la peine capitale tous ceux qu'on y surprendait rassemblés.
Je ne continuerai pas à décrire les vicissitudes des cimetières chrétiens jusqu'à la paix de Constantin; j'en reparlerai dans la description du cimetière de S^ Calixte; je ferai remarquer seulen\ent que, si les catacombes ont pu servir de refuge, cela est arrivé très rarement, pendant les plus furieuses l)ersécutions.
Quand la liturgie du dimanche ne pouvait avoir lieu dans les maisons des patriciens chrétiens, elle pouvait se célébrer dans l'enceinte du cimetière. C'est dans ce but que, dès le iii^ siècle, on y construisit des édifices en forme d'exèdres, adaptés à ces réunions. Si cette enceinte n'était pas absolument à l'abri de toute tracasserie, restaient les are naires où il y avait plus de place et où l'air était plus sain. Nous sivons que S' Hyppolyte fut enterré vivant dans un arénaire, où il se réunissait ordinairement avec le siens ; les martyrs Chrysanthe et Daria, avec ceux qui les accompagnaient, curent le même sort.
Voilà ridée vrai qu'il faut se faire tles cata-
combes, de leur fondation et de leur développement, de leur existence tolérée ou légale. Elles forment autour de Rome une sorte de réseau, et leur partie praticable compte aujourd'hui plusieurs milliers de kilomètres de galeries. On les divise en différents cimetières ou groupes de cimetières, isolés entre eux, parce que les voies consulaires et les tombeaux dont elles sont bordées ont mis un insurmontable obstacle à leur extension. Creuser sous un terrain appartenant à autrui,, c'était violer le droit de propriété; telle est la raison pour laquelle les voies anciennes séparent comp'ètement les cimetières creusés à côté d'elles.
Articlk IV Xomeiiclîiiiiic do l'iiypof^ée chrétien.
Il est certain que les premiers chrétiens durent avoir une nomenclature spéciale pour distinguer les différentes parties d'un hypogée. Dans les inscriptions nous trouvons les termes de crypta, ciibiculus, lociLS, arcosoliiim , bisomus, irisornus, quadrisomiis, tabula, formae, himinare, pila.
Aujourd'hui l'on appelle loculi les trous parailélipipèdes, pratiqués dans les parois des galeries, où l'on déposait les cadavree. Ces trous pouvaient contenir deux, trois quatre corps, d'où les nom ' de bisomc, trisome^ quadrisomc (de awjJia, corfys). Le bord était garni d'une rainure où l'on adaptait le 1)ord de la j^laque de marbre ou de terre
NOTIONS GKNEK.NLl-;^ SIK \ A R'niK SOUTERRAINE 27
cuite qui devait fermer la tombe: et la jointure du bord du locuius et de la {)laque était consolidée