INTEGRA CV^[ RECTOR SERVARET FOEDERA PACIS
comme si l'on v parlait non pas de la paix du peuple chrétien, de l'Eglise, mais de la discipline
pénitentlelle* Cette opinion est invraisemblable ; d'après elle, Maxence serit un hérétique laxiste ou du moins un protecteur des hérétiques, en exilant le pape parce qu'il n'accordait aux /apsi aucun adoucissement dans la discipline ; on pourrait de plus demander pourquoi il aurait condamné exieviplo Héraclius. Il en est, il est vrai, qui prétendent que pariter ne s'applique pas à Héraclius et à Eusèbe, mais à Marcellin et à Eusèbe. Je ne m'arrêterai pas à réfuter cette opinion qui fait violence au texte ; elle pouvait avoir quelque vraisemblence quand on lisait; exemplo [Marcellini] paritei' pulsï\ aujourd'hui elle est insoutenable, puisqu'il faut lire : extejnplo parité? piiisi . . .
Je renvoie qui veut approfondir cette question à De Rossi (i).
Dans la crypte de S. Eusèbe fut dépose Tévêque de Vesceri Optât ; De Rossi a cru qu'il était dans Varcosolium du milieu, où il y a la place de deux cercueils de marbre. Le Corps de cet évêque doit avoir été transféré a Rome quand (}enséric envahit la Mauritanie.
Avant de continuer notre route dans cet ambulacre, montons un instant au premier étage qui s'ouvre à mi-hauteur de l'escalier (p. 86, fig, 52, www).
Sur la paroi de droite, est fixée une inscription rythmique et acrostiche au même temps, elle parait antérieure à la paix de l'Eglise :
(i) Roma sotterr,, l. II, p. 203 et suiv
LF. CmEttERË m s. CALÎXtt? tçt
Tênêt aMîcorv;« meuotLlA CARiraiém HoNOREMQUE mil/Z/ae perFvnctvs oôiz'ii
EiVS ENIM FlDES OSTENDIT CORNICvLoRV;;/ OmNIBV COMMlLlTONlBUS AMICISQUE Fïdi'/lS
Deo gvbernantem Fama magis quam VKcnuia Vrbanae praefectvrae oFFiciv^t EIVS IN ^gritaieni Lavdfs eivs si suFFicerem DICERF-M semper
Vt rata SINT El PROMISSA MVNERA LVCIS
Dans le bras de g'auche pour ceux qui montent, il y a une inscription qui semble avoir été faite par un affranchi ou une personne ordinaire pour sa maîtresse, Cassia Faretria « clarissime devenue sa femme ». Selon le droit romain, lu femme ou jeune fille de famille sénatoriale perdaient le titre de « clarissime » en épousant un homme qui n'était pas sénateur. Beaucoup de jeunes filles romaines préféraient être de simples concubines que . de perdre leur titre. Mais ce qui était peu louable en général, devenait une nécessité pour les jeunes filles chrétiennes de famille sénatoriale qui ne pouvaient pas toujours trouver dans cet ordre un parti convenable. Il arriva donc que les nobles jeunes filles chrétiennes épousèrent des affranchis et même des esclaves ; ce mariage n'était pas reconnu par les lois de FEmpire, mais était béni par l'Eglise. Peut-être en at-on un exemple dans la susdite inscription. Un cas semblable peut-être nous l'avons aussi dans l'epitaphe de Caecilianus et de Petilia dans le caveau de S. Cécile.
Une tombe encore fermée, près du sol, porte cette belle inscription :
BETTONI IN PAGE DEVS CVM SPIRITVM
Î92 L1'^S CATACOMrîRS Dk J^. CAI.IXTÈ
TVVM IX0rC. « 0 Betiunivs, sots en paix et que le Seigneitr Jésus Christ, fils de Dieu, Sauveur, soit avec ton âme / » .
Littéralement on devait lire: « Que le Seigneur poisson soit avec ton âme ! » Remarquons que Vin pace se rapporte au corps, le reste à l'âme. Nous verrons la même expression sur l'inscription du diacre Sévère.
(:aïVdianvs dvlcissimae filïae
IVLIA CLAVDIANE IN PACAE {sic) ET IRENE In pace et irene équivalent à deux ïoxsinpace-,
S€TTON!lN?Ace ptVSCVMSf fl^iTV/WrV'v/V\ DKe ïC
mais peut-être 7?i pace se rapporte-t-il au corps, /;/ 7re?ie à l'âme. Dans cette même région fut trouvée cette belle inscription en latin rustique :
INDELECIA ISPIRITO TVO IN RENE (sic) « Endelechia, que ton chne soit en paix ! »
Dans les représentations des banquets célestes, Irène et Agapè personnifient le bonheur des élus au paradis.
Dans l'autre bras il y a quelques inscriptions importantes. Sur un marbre est gravé un niveau à triang-le ; peut-être fermait il la tombe d'un maçon. Sur un autre on voit une balance romaine ; sur un
autre encore, un trident auauel sont attachés deux poissons qui se rapportent au Christ, comme le trident, peut-être, à la croix.
En tournant à droite, on peut se pencher du niafroneiiVL ouvert sue la crypte de S. Eusèbe. Ici, à droite, est un arcosolium peint qui représente : à gauche Daniel condamannt les vieilards qui voulaint perdre Suzanne. La peinture est du III* siècle, et on a cru qu'elle représentait le jugement d'un ou de deux mar-
: ]) î c E :rif-iii lr»\jj>vl
Fig. 99.
tyrs. De Lossi pensa à Parthénius et à Calocère et voulut voir à droite une scène analogue: au contraire, on y voit Moïse frappant la roche. Au milieu de la voiàte est la figure du Bon Pasteur, vêtu d'une courte tunique ornée de segments ou disques bruns à la havteur du genou. Dans la chambre en face fut reconstruit un sarcophage du iii^ ou iv^ siècle. de style païen ; sur le couvercle est une statue du défunt étendu sur le coté gauche un rouleau à la main. Un paon ou un plénix couché près de
194 LES CATACOMnES DE S. CALIXTE
lui symbolise l'immortalité. Voici l'inscription gravée
sur le bord antérieur du sarcophage :
DEP. PHOYBIANVS. V. IDVS. NOVEMBRES.
Foiibiaiuis fut déposé ici le cinq des ides de novefnbi'e » .
Dans le bras de gauche sont trois cryptes avec plusieurs loculi encore intacts. Dans une crypte, on voit la niensa oleorinn ; c'est un tronçon de colonne qui portait un vase d'huiles parfumées, ce qui autrefois était regardé comme la marque certaine des tombes de martyrs. Il est certain que près des tombes des plus illustres martyrs, on trouvait ces lampes et ces tables ; mais on les a trouvées aussi devant les tombes de chrétiens non martyrs.
Ici, a« mur de gauche, sont des fragments de sarcophages ; l'un d'eux est remarquable parce qu'il représente une orante entre deux arbres, c'est-àdire, l'âme du défunt au paradis. A droite de l'orante est un berger appuyé sur son bâton, avec le troupeau qui se repose ; à gauche, une autre scène pastorale où un berger semble traire une brebis, et un autre caresser les agneaux qui l'entourent.
Un peu plus loin, dans la galerie principale, sont d'autres inscriptions ; parfois d'une fort belle paléographie^ quelques-unes ferment encor leur loculus.
Sur Tune d'elles on voit la croix gammée, et une colombe qui s'approche d'un vase.
Sur une autre on lit :
us SILVESTER ji X^ALENDAS IVLIAS
Il vixi'Y: ANN XXX II m PAGE ^
C'est-à-dire : Dans la paix du Christ ».
La galerie se ramifie à droite et à gauche. Deux ramifications de droite sont garnies d'un viatroneiim qui permet de regarder dans la crypte en-dessous.
Redescendons au deuxième étage. Dans la galerie en face de l'escalier sont deux arcosolia avec peintures. Dans le premier, on voit le Bon Pasteur entre deux bornes milliaires, aujourd'hui à peine visibles, deux cerfs qui paraissent courir se désaltérer, avec le caducée, sujet unique en ce genre. Dans le second arcosolium. peints sur fond rouge comme beaucoup de peintures pompéiennes, se voient les trois enfants dans la fournaise d'un côté, et, de l'autre, la résurrection de Lazare. Derrière le Christ sont deux personnes. Au milieu de l'arc est une orante, sans doute la défunte, qui s'appelait Marguerite, comme le dit une inscription peinte ; sur le front de Y arcosolium . Les cerfs peints sont du iv^ siècle, le reste de la dexième moitié du iii^ ^
Reprenons notre route dans la galerie de S^ Eusèbe. Çà et là, fixées aux murs, sont des inscriptions de familles illustres, celle d'une MCTORIA C. F. (femme clarissime), celle d'une PETRONIA AV- XENTIA également clarissime, à qui des aflfranchis élevèrent cette tombe. Le christianisme abolit dans son formulaire épigraphique les titres d'affranchis et d'esclaves, et la rare mention d'affranchis ne se trouve que lorsque ceux-ci, en souvenir de bienfaits reçus, et surtout de leur affranchissement accordé par leur patron chrétien au moment de sa mort, se chargèrent de lui élever une tombe. C'est peutêtre le cas ici :
î^6 LES CATACCMBËS DE S. CALIXTË
PETRONIAE AUXENTIAE C. F LIBERTI BENE.MERExNTi
FECERVNT IN PAGE
De Rossi a cru que la noble famille Petronia, dont cette défunte était membre, avait donné le terrain où est creusée la région de S^ Eusèbe»
Sur d'autres inscriptions on lit les acclamations VIVES IN DEO et IN DEO PAGE. Un fragment représente la colombe qui tient entre ses griffes une torche en dirigeant la flamme vers le monogramme ^.
Ce symbole n'e jamais été expliqué par personne que je sache, et si je devais en donner moi même l'interprétation, je dirais qu'il s'agit d'une vierge prudente qui se présente à l'Epoux divin. En effet dans une peinture qui représente la parabole des vierges, celks-ci ont précisément en mains une torche semblable ; et S^ Damase, dans l'inscription de sa sœur Irène, dit :