RÉGION OCCIDENTALE
La région qui s'étend, à partir d'ici, avant et a gauche (fig. 53, III, IV), fut. comme je l'ai dit, appellée par erreur de S. Sotère et devrait former deux areae différentes, dont la principale a
LE ClMEtlRRE DK S. rALÎxTK 20^
un escalier (38). Elle fut certainement visitée par les pèlerins, on l'a même élargie, et Ton peut voir une trace de cet agrandissement dans l'escalier qui ne fut pas reconstruit régulièrement. On pourrait lui donner le nom de région des rotojides, pace qu'on y trouve cinq cryptes rondes surmontées de coupoles. La plus belle est celle qui porte le n. 44 ; celle du n. 43 est tout à fait comblée ; celle de l'ambulacre PP ( n. 40), est belle et importants; on y trouve un exemple de coupole adossée à une autre, comme dans une église byzantine.
Pour la visiter, on peut prendre la route GG ; sur les murs on voit plusieurs fois, écrit au charbon, le nom de Bosio. La crypte 23 s'appelle des brebis^ parce que dans l'arcosolium est peint le Bon Pasteur avec son troupeau ( fig, 102) et on y trouve d'autres sujets intéressants.
Le Bon Pasteur a le type habituel ; il porte sur ses épaules la brebis, ou l'âme, et l'introduit dans le paradis qui^ ici comme ailleurs, est figuré par des arbres; le trou[)eau représente les élus; les deux personnages en habits sacrés (tunique et pallium) qui se désaltèrent à deux chutes d'eau sont une représentation du rafraîchissement céleste. Ce fut Mgr. Wilpert qui, après une patiente étude et de nombreuses comparaisons avec les monuments analogues, entrevit le sens de cette composition. Le Bon Pasteur, les arbres, le troupeau, sont des sujets que l'on trouve dans ce même cimetière; on connaît aussi les oiseaux qui se désaltèrent; mais ce qui est propre à cette peinture ce sont les âmes des défunts
LES CATACOMBES DE S CALfXl'E
admis à la béatitude éternelle et qui reçoivent sur elles l'eau raffraîchissante. Nous avons vu le sens de la formule in pace dans la crypte des Cinq Saints ; il serait facile de démontrer avec l'aide des monuments épigraphiques, que le lieu de la paix est aussi le lieu de la lumière ( i ), car le bonheur du ciel
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Fig. 102 — Représentation du paridis (iv. siècle).
est appelé dans les épigraphes « dons de la lumière », 7nimera, proemia lucis^ et le Christ « lumière des défunts :., OQC TQX BANONTQN ; ces dons sont appelés dans les peintures et les épitaphes « raffraîchissement », Cest précisément l'expression qu'emploie TEglise dans sa liturgie: Ipsis, Domine^ et omnibus in Christo qniescentHms , locuni refrigerii, lucis et pacis ut indulgeas deprecavnir.
(i ) Voir WiLPERT, Di un ciclo . . . etc . , p. i8; et les Notiones archaeol. christ., vol. II, pars i» .
Les autres sujets sont : à droite, iMoïse qui délace ses sandales et qui frappe le rocher; à gauche, la multiplication des pains et des poissons. Le Christ est entre deux apôtres; ils lui présentent, l'un, les pains, et l'autre, les poissons sur lesquels il étend les mains. Les pains sont marqués d'une croix, et remplissent plusieurs corbeilles posées aux pieds des apôtres. C'est le symbole de la consécration eucharistique; comme nous l'avons vu, le cycle est g'énéralment représenté par trois sujets: le baptême, l'eucharistie et la vie éternelle. ALalheureusement, on a creusé ici anciennement une petite niche pour une lampe ou un vase pour les huiles, ce qui a beaucoup abîmé la peinture.
La crypte fut visitée il y a plus de quatre siècles, commt l'attestent les inscriptions suivantes au charbon : A?i. d, MCCCCLXIl hic Juif dus Abbs sci ermetis de Pisis cum VII Sotiis reli^iosis S, dopn Bartoïom Andréas Jolis Onofri viatieiis petrns sebastiav.
De l'autre côtré : 1490 HIC D RAVNTIVS DE FARNESIO FVIT CVM SODALIBVS - 1495 HIC HIERONVMVS MINVTOLVS...
Bosio fit copier lee fresques par Toccafondo, et y laissa son souvenir sur le mur de l'arcosolium: 10. ANGELVS TOCCAFONDVS PINXIT DIE 18 IVNII 1649. ANT. BOSIUS FECIT.
En prenant maintenant les ambulacres G, H, E (ftig"- 53) on parvient à l'escalier dont j'ai parlé. La g-alerie PP est vaste et orrandiose et De Rossi y a vu avec raison un développement naturel et successif de
LES CATACOMBES DE S. CALlxTE
la région de S. Eusèbe. Il a cru que S. Sotère avait été ensevelie dans la chambre n. 39 qui a des formes architectoniques. Cest dans cette région que fut trouvé un groupe d'inscriptions des Flori et Florentii, famille certainement noble du iv^ siècle, mais inconnue au 1 1 1^ ; elle avait une nombreuse parenté,
Eig.
La rotonde (région anonyme).
comme le témoignent d'autres inscriptions trouvées dans ce cimetière par Marangoni (i). Dans la rotonde n. 40 il y a une inscription païenne opisthographe qui a servi de titre à un tombeau collégial. Sur le revers on lit: EVTYCHIORVM {sep2ilcrnm\\ ce n'est pas le nom des défunts; c'est plutôt le nom de celui qui a donné le terrain ou le droit de
(1) Acta S.Victoriiii, p. 109 110.
LE CIMETIERE DE S. CALÎXtE 193
aiitre encore, un trident auauel sont attachés deux poissons qui se rapportent au Christ, comme le trident, peut-être, à la croix.
En tournant à droite, on peut se pencher du matroneum ouvert sue la crypte de S. Eusèbe. Ici, à droite, est un arcosolium peint qui» représente : à gauche Daniel condamannt les vieilards qui voulaint perdre Suzanne. La peinture est du III- siècle, et on a cru qu'elle représentait le jugement d'un ou de deux mar-
rh ^ rDîCEHT-IllIi)\J.r,WJ'
Fig. 99.
tyrs. De i.ossi pensa à Parthénius et à Calocère et voulut voir à droite une scène analogue: au contraire, on y voit Moïse frappant la roche. Au milieu de la voûte est la figure du Bon Pasteur, vêtu d'une courte tunique ornée de segments ou disques bruns à la havteur du genou. Dans la chambre en face fut reconstruit un sarcophage du iil^ ou iv^ siècle, de style païen ; sur le couvercle est une statue du défunt étendu sur le côté gauche un rouleau à la main. Un paon ou un plénix couché près de
194 LES CATACO:\tnES DE s. CALTXTE
lui symbolise l'immortalité. Voici l'inscription gravée
sur le bord antérieur du sarcophage :
DEP. PHOYBIANVS. V. IDVS. NOVEMBRES.
Foubia7ius fut dépose ici le cinq des ides de novembre » .
Dans le bras de gauche sont trois cryptes avec plusieurs loculi encore intacts. Dans une crypte, on voit la mensa oleoruvi \ c'est un tronçon de colonne qui portait un vase d'huiles parfumées, ce qui autrefois était regardé comme la marque certaine des tombes de martyrs. Il est certain que près des tombes des plus illustres martyrs, on trouvait ces lampes et ces tables ; mais on les a trouvées aussi devant les tombes de chrétiens non martyrs.
Ici, a« mur de gauche, sont des fragments de sarcophages ; l'un d'eux est remarquable parce qu'il représente une orante entre deux arbres, c'est àdire, l'âme du défunt au paradis. A droite de l'orante est un berger appuyé sur son bâton, avec le troupeau qui se repose ; à gauche, une autre s:ène pastorale où un berger semble traire une brebis, et un autre caresser les agneaux qui l'entourent.
Un peu plus loin, dans la galerie principale, sont d'autres inscriptions ; parfois d'une fort belle paléographie^ quelques-unes ferment encor leur loculus.
Sur Tune d'elles on voit la croix gammée, et une colombe qui s'approche d'un vase.
Sur une autre on lit :
us SILVESTER || /'ALEXDAS IVLIAS
Il Vixil: ANN XXX II ZN PAGE ^
Ce st-à-dire : Da)is la paix du Christ ».
La galerie se ramifie à droite et à gauche. Deux ramifications de droite sont garnies d'un viatrone^im qui permet de regarder dans la crypte en-dessous.
Redescendons au deuxième étage. Dans la galerie en face de l'escalier sont deux arcosolia avec peintures. Dans le premier, on voit le Bon Pasteur entre deux bornes milliaires, aujourd'hui à peine visibles, deux cerfs qui paraissent courir se désaltérer, avec le caducée, sujet unique en ce genre. Dans le second arcosolium, peints sur fond rouge comme beaucouj) de peintures pompéiennes, se voient les trois enfants dans la fournaise d'un côté, et, de l'autre, la résurrection de Lazare. Derrière le Christ sont deux personnes. Au milieu de l'arc est une orante, sans doute la défunte, qui s'appelait Ahirguerite, comme le dit une inscription peinte ; sur le front de V arcosoliuin . Les cerfs peints sont du ]Y^ siècle, le reste de la dexième moitié du iii^ ^
Reprenons notre route dans la galerie de S^ Eusèbe. Çà et là, fixées aux murs, sont des inscriptions de families illustres, celle d'une VICTORIA C. F. (femme clarissime), celle d'une PETRONIA AV- XENTIA également clarissime, à qui des affranchis élevèrent cette tombe. Le christianisme abolit dans son formulaire épigraphique les titres d'affranchis et d'esclaves, et la rare mention d'affranchis ne se trouve que lorsque ceux-ci, en souvenir de bienfaits reçus, et surtout de leur affranchissement accordé par leur patron chrétien au moment de sa mort, se chargèrent de lui élever une tombe. C'est peutêtre le cas ici :
1^6 LES CATACCMnES DE S. CALIXTË
PETRONIAE AUXEXTIAE C. F LIBERTI BENE.MERENTI
FECERVXT IN PAGE
De Rossi a cru que la noble famille Petronia, dont celte défunte était membre, avait donné le terrain où est creusée la région de S^ Eusèbe»
Sur d'autres inscriptions on lit les acclamations VIVES IN DEO et IN DEO PAGE. Un fragment représente la colombe qui tient entre ses griftes une torche en dirigeant la flamme vers le monogramme ^.
Ce symbole n'e jamais été expliqué par personne que je sache, et si je devais en donner moi même l'interprétation, je dirais qu'il s'agit d'une vierge prudente qui se présente à l'Epoux divin. En effet dans une peinture qui représente la parabole des vierges, cellts-ci ont précisément en mains une torche semblable ; et S^ Damase, dans l'inscription de sa sœur Irène, dit :
NVXC VEXIENTE DEO NOSTRI REMIXISCERE VIRGO
VT TVA FER DOMINV.M PRAESTET :\nHI FACVLA LVMEN.
La crypte suivante (fig. 52, n. 13) a dû contenir les corps des martyrs Calocère et Parthénius. Elle est reconstruite tout entière, mais sur le mur d'entrée, à gauche la main d'un pèlerin du iv^ ou v^ siècle a érit :
PARTENIO MARTVRI - CALOCERO MARIIRI De fait les Martyrologes indiquent la sépulture de ces saints au cimetière de Calixte ; et les pèlerins visitèrent leurs tombes aussitôt après celle de S' Eusèbe (voir la Table synoptique des documents topographiques pp. 90 e 91J.
Ici, selon De Rossi, on sort de X area de S^ Eu sèbe pour entrer dans celle de S^^ Sotère. Les récentes découvertes ne permettent plus de lui donner ce nom ; nous l'appellerons désormais la région occidentale. On y entre par la ^^alerie AA (fig. 53), qui est la continuation de la galerie o o dans la fig. 52.; nous trouvons immédiatement deux chambres qui ne présentent rien de remarquable. Les chambres suivantes, au contraire, sont très importantes ; celle de gauche est appelée : chambre des Cinq Saints, (n. 3) ; celle de droite, double chambre du diacre Sévère 'nn. 4 et 5).
La chambre des Cinq Saitits fut ainsi appelée, du temps de De Rossi, parce que le mur principal, divisé en deux compartiments, est peint en entier, et on y voit, dans le compartiment du haut, cinq personnes priant au milieu d'un jardin, symbole du paradis, avec leurs noms écrits au-dessus de leurs têtes : DIONYSAS IN PAGE - NEMESI IN PACE- PROCOPI TN PAGE - ELIODORA IN PAGE - ZOAE IN PAGE. De plus, deux côtés de l'arcosolium, deux paons avec l'inscription ARCADIA IN PAGE au-dessus de celui de gauche. Dans le compartiment du bas sont deux vases remplis d'eau où se désaltèrent des oiseaux (fig. 100).
Un peu d'explication maintenant. Les orantes représentent sûrement les âmes des défunts. Même certitude au sujet des orantes d'un arcosolium du chemin latéral de droite BB, voisin de cette chambre, où une famille entière est représentée (fig. 53, n. 8). De plus il est certainement question ici d'âmes
qui sont au paradis, ce qui explique la formule in pace qui suit chaque nom. Cette formule si fréquente dans les épitaphes des iii^ et iv^ siècles, peut, il est vrai, indiquer parfois le'repos du corps ;
Fig. loo. — Représentation du paradis (m. siècle).
mais plus souvent elle souhaite à Tâme du défunt cette paix qui est synonyme de bonheur, de paradis. Une fois que l'âme en jouit pour qui prie-t-elle ? Non pour elle, mais pour ceux qui ne sont pas encore au paradis, pour les survivants. C'est là précisément ce que les survivants demandent aux âmes bienheu-
LE CIMETIERE DE S. CALlXTE I99
reuses dans les épitaphes ; nous en avons déjà vu des exemples dans ce cimetière même. Peut-être ces figures sont-elles simplement des fidèles morts dans la communion de l'Eglise ; peut-être sont ce des martyrs à qui conviendrait aussi la formule in pace. L'Eglise ne chante- t-elle pas, dans l'office des martyrs : lustorum atiimae ia manu Dei sunt , . . Visi siint oculis insipientiuni niorî. illi, auiem^ sunt in pace f
Même sens pour le compartiment d'en bns, où est exprimée l'idée du rafraîchissement si fréquente dans les inscriptions, et indiquée dans les Actes de ^te Perpétue. Cela nous explique aussi pourquoi l'on trouve si souvent représentés les oiseaux qui boivent dans une coupe. Il est possible que le calice, spécialement quand il est marqué du monogramme du Christ, représente le calice eucharistique ; mais il ne faut pas abuser de ces inteprétations, sous peine de tomber dans l'invraisemblance.
La double chambre de Sévère (fig- 53, nn. 4 et 5) est éclairée par un grand lucernaire qui y fut ouvert au temps du pape Marcellin. Cela pourrait paraître étrange, car Marcellin vécut sous Dioclétien, si nous n'en avions pour garant l'inscription sculptée ici sur une transenna. C'est un des plus précieux documents de la Rome souterraine, parce qu'elle nous atteste la continuation de l'administration ecclésiastique de ce cimetière commencée par Calixte, et de plus parce qu'elle a une grande valeur dogmatique /fig. loi). En voici le texte ;
CVBICVLVM DVPLEX CV.M AKCISQLIIS ET LVMINARE
ivssv rapae svi marcellini diacoxvs iste
SEVERVS FECIT MANSIONEM IN PACE QVIETAM SIBI SVISQUE MEMOR QUO MEMBRA DVLCIA SOMNO PER LONGVM TEMPUS FACTORI ET IVDICI SERVET SEVERA DVLCIS PARENTIBVS ET FAMULISQUE REDDIDIT OCTAVVM FEBBRVARIAS VIRGO KALEXDAS QVAM DOM/WrtS NASCI MIRA SAPIENTIA ET ARTE IVSSERAT IN CARNEM QVOD CORPVS PACE QVIETUM HIC EST SEPVLTVM DQNEC RESVRGAT AB' IPSO QVIQVE ANIMAM RAPVIT SPIRITV SANCTO SVO CASTAM PVDICAM ET INVIOLABILE/// SKMPER QVAMQVE ITERV.M DOM/V/Z/S SPIRITALI GLORIA REDDET QVAE VIXIT ANNOS NOVEM ET VNDECIM MENSCS QVINDECIM QVOQVE DIES SIC EST TRANSLATA DE SAECLO
On s'éteime qn'on ait fait si peu de cas de cette inscription dans les divers manuels d'archéologie chrétienne. On se contente de dire qu'elle témoigne des travaux exécutés ici sous Dioclétien,
D'abord, c'est le premier document où l'évêque de Rome est appelé pape. De plus, c'est un document solennel et public de l'enseignement de l'Eglise romaine sur le fins dernières, car cette inscription a pour auteur le premier diacre de cette Eglise. Tout cela est fort important quand on considère la substance de la seconde partie de l'épigraphe. Le tombeau y est appelé une maison de paix et de repos que Sévère a faite pour lui même et pour les siens^ en pensant à la mort, pour qu'elle conserve longtemps, endormis dans le sommeil, les doux membres de Sévèra à Dieu, son créateur et juge. Ces membres {corpus) sont ensevelis ici jusqu'à ce que le Seigneur les ressuscite, le même
Seigneur qui, par son Esprit saint, en a enlevé
l'âme chaste, pudique et toujors inviolable et qui
la rendra au corps, ornée d'une gloire spirituelle.
Si nous voulions une exposition poétique de la
Fig. lo.
Inscription du diacre Sévère.
mort, du jugement, de la résurrection, nous ne saurions rien imaginer de plus charmant que cette poésie. Il est vrai que la prosodie n'y est guère observée, mais le caractère spontané, le parfum
classique des formules, l'ingénuité du rythme en font malgré ses incorrections, un joyau d'épigraphe funéraire.
Nous avons vu que l'on trouve non seulement vivas in pace, mais dormis in pace, in pace somni, nianei in pace, etc. Ces formules sont complétées par l'inscription que nous étudions : ciiiiis corpus in pace quietum hic est sepulium donec resurgai a Domino,
C'en est assez sur la valeur dogmatique de cette inscription : je l'ai expl'quée ailleurs (?.r professo (i) Remarquons enfin que cette Sèvèra diilcis pareniibus et fawulisque est une jeune vierge de dix ans environ. Nous avons ici sans doute un exemple de petite fille vouée dès l'enfance à la virginité par ses parents, ce qui était assez fréquent dans l'Eglise primitive ; devenue adulte, elle n'était pas strictement obligée à observer cette promesse, mais si elle mourait après cette consécration, fût-ce le lendemain, on lui donnait le titre de vierge. C'est pourquoi on trouve des épitaphes de vierges de six ans, quatre ans, un an et même de quelques mois. Nous savons même par S^ Jérôme que l'on vouait des enfants a la virginité avant leur naissance. Ce titre de vierge était un titre d'honneur : nous l'avons déjà rencontré plusi.^urs fois.
Dans la chambre 7 (fig. 53) il y aurait eu, suivant Etienne De Rossi, un escalier.
Dans le chemin B B, sous un arcosolium^ sont
(i) Notioues archecl. c /iris t., vol. li, pars i<\
peintes quatre orantes des deux sexes et de différents âges (n. 8) ; il semble qu'elles soient du même artiste que les cinq orantes décrites plus haut. Cet arcosolium est appelé « du masque » parce qu'à sa voûte est peint un masque avec d«ux guirlandes de fleurs.
La chambre n. 9 est très grande. Un sarcophage grossier se trouve dans l'arcosoli'im : sur le mur de gauche de l'arc est peint en lettres rouges le nom de PATRICIVS ; ce nom est répété par un graffite local... V PATRICIVS IN PACE.
A droite de la galerie B B sont aussi deux autres chambres 'nn. 10, 11), dans lesquelles un fragment d'inscription porte la marque consulaire de l'an 300 ; de/imCTVS EST Puer... qui vixit «NNOS. \T- ET. DIES... Ka/. waz(?). AS DD NN QOnstantio et maximià^O CAESS. III Conss.
Résumons maintenant les divers indices chronologiques. L'inscription citée, les peintures des Cinq Saints et des autres orantes sont de la hn du iii^ siècle ; la double chambre de Sévère est de la même époque ; tout ce groupe est donc antérieur au iv^ siècle. Il est probable que la région prenait naissance à l'escalier ; mais à vrai dire cet escalier est douteux. S'il n'existait pas, la partie précédente serait d'autant plus ancienne qu'elle serait proche de l'escalier de S^ Eusè'oe. S'il existait et était l'origine de cette région, la partie précédente a, malgré tout, des caractères plus antiques, soit dans ses peintures ' qui sont du in^- siècle, soit
parce qu'on y déposa le pape Caïus prédécesseur de Marcellin.
Les principaux indices chronologiques de la région de S^ Eusébe sont : la rareté du monogramme ^, l'emploi du nom de la gens devant le cognomen, ou l'habitude de mettre deux noms : Aelius Saturnuius , Cassia Faretria, TpexiÀLa Eùxuyta, Manilia Octavîa, Cocceins Gregortis, Iulia Claudiana, etc. ; la variété des formules et leur caractère dogmatique ; la date relativement rare et le mot DEPOSITIO, KATA0ECIC, souvent en entier ; la paléographie parfois très belle.
On ne saurait croire combien les archéologues, avant le P. Marchi et son illustre élève, se sont trompés sur les indices chronologiques de cette région. En voici un exemple : ayant vu les peintures des Cinq Saints, Marangoni crut qu'ci était le cimetière de Prétextât ; il enleva donc plus de soixante inscriptions de cet endroit et du troisième étage en-dessous et s'imagina qu'il y avait ici un nombre extraordinaire de martyrs enterrés, à cause des nombreux vases de verre qu'il trouva. Ces martyrs devaient, selon lui, être de l'époque de Domitien, parce que sur la chaux d'un loculus on avait trouvé une monnaie de cet emperur.