‹ Les Catacombes de saint CalixteChapitre 24 sur 27 · RÉGION OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

RÉGION OCCIDENTALE

La région qui s'étend, à partir d'ici, avant et a gauche (fig. 53, III, IV), fut. comme je l'ai dit, appellée par erreur de S. Sotère et devrait former deux areae différentes, dont la principale a

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un escalier (38). Elle fut certainement visitée par les pèlerins, on l'a même élargie, et l'on peut voir une trace de cet agrandissemmt dans l'escalier qui ne fut pas reconstruit régulièrement. On pourrait lui donner le nom de région des rotondes, pace qu'on y trouve cinq cryptes rondes surmontées de coupoles. La plus belle est celle qui porte le n. 44 ; celle du n. 43 est tout à fait comblée ; celle de l'ambulacre PP ( n. 40), est belle et importante: on y trouve un exemple de coupole adossée à une autre, comme dans une église byzantine.

Pour la visiter, on peut prendre la route GG ; sur les murs on voit plusieurs fois, écrit au charbon, le nom de Bosio. La ciypte 23 s'appelle des brebis^ parce que dans l'arcosolium est peint le Bon Pasteur avec son troupeau ( fig, 102) et on y trouve d'autres sujets intéressants.

Le Bon Pasteur a le type habituel ; il porte sur ses épaules la brebis, ou l'âme, et l'introduit dans le paradis qui, ici comme ailleurs, est figuré par des arbres; le trou[)eau représente les élus; les deux personnages en habits sacrés (tunique et pallium) qui se désaltèrent à deux chutes d'eau sont une représentation du rafraîchissement céleste. Ce fut Mgr. Wilpert qui, après une patiente étude et de nombreuses comparaisons avec les monuments analogues, entrevit le sens de cette composition. Le Bon Pasteur, les arbres, le troupeau, sont des sujets que l'on trouve dans ce même cimetière; on connaît aussi les oiseaux qui se désaltèrent; mais ce qui est propre à cette peinture ce sont les âmes des défunts

LES CATACOMBES DE S CALlXTF

admis à la béatitude éternelle et qui reçoivent sur elles l'eau raffraîchissante. Nous avons vu le sens de la formule in pace dans la crypte des Cinq Saints ; il serait facile de démontrer avec l'aide des monuments épigraphiques, que le lieu de la paix est aussi le lieu de la lumière ( i ), car le bonheur du ciel

Fig. I02 — Représentation dn paridis (iv. siècle).

est appelé dans les épigraphes x dons de la lumière », vîimera, proemia luciSy et le Christ « lumière des défunts », OQC TQX eAXOXTQX; ces dons sont appelés dans les peintures et les épitaphes « raffraîchissement », Cest précisément l'expression qu'emploie l'Eglise dans sa liturgie : Ipsis, Do7niu€, et omnibus in Christo qniescentibus , locum refrigcrii, lucis et pacis 7(t indnlgeas deprecamur.

(i) Voir WiLPERT, Di un cicio ... etc. , p. iS; et les Notiones archaeol. christ.^ vol. II, pars i» .

Les autres sujets sont: à droite, Moïse qui délace ses sandales et qui frappe le rocher; à gauche, la multiplication des pains et des poissons. Le Christ est entre deux apôtres; ils lui présentent, l'un, les pains, et l'autre, les poissons sur lesquels il étend les mains. Les pains sont marqués d'une croix, et remplissent plusieurs corbeilles posées aux pieds des apôtres. C'est le symbole de la consécration eucharistique ; comme nous l'avons vu, le cycle est généralment représenté par trois sujets: le baptême, Teucharistie et la vie éternelle. Malheureusement, on a creusé ici anciennement une petite niche pour une lampe ou un vase pour les huiles, ce qui a beaucoup abîmé la peinture.

La crypte fut visitée il y a plus de quatre siècles. commt Tattestent les inscriptions suivantes au charbon : Ah. d, MCCCCLXIl hic fuit dus, Abbs sa er métis de Pi sis eu m \^II Sotiis ?elioiosis S. dopn Darioiom Andréas Jolis Ouofri vwtteKS pet tu s sebasttan.

De l'autre côtré: 1490 HIC D RAVNTIVS DE FARNESIO FVIT CVM SODALIBVS - 1495 HIC HIERONYMVS MINVTOLVS . . .

Bosio fit copier lee fresques par Toccafondo, et y laissa son souvenir sur le mur de Tarcosolium; 10. ANGELVS TOCCAFONDVS PINXIT DIE iS IVNII 1649. ANT. BOSIUS FECIT.

En prenant maintenant les ambulacres G, H, E (fi'g"* 53) Oï^ parvient à l'escalier dont j'ai parlé. La galerie PP est vaste et grandiose et De Rossi v a vu avec raison un développement naturel et successif de

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la région de S. Eiisèbe. Il a cru que S. Sotère avait été ensevelie dans la chambre n. 39 qui a des formes architectoniques. Cest dans cette région que fut trouvé un groupe d'inscriptions des Flori et Florentii, famille certainement noble du iv^ siècle, mais inconnue au iii^ ; elle avait une nombreuse parenté,

Eig. 103. — La rotonde (région anonyme).

comme le témoignent d'autres inscriptions trouvées dans ce cimetière par Marangoni (i). Dans la rotonde n. 40 il y a une inscription païenne opisthographe qui a servi de titre à un tombeau collégial. Sur le revers on lit: EVTVCHIORVM {scpvîcrvm\\ ce n'est pas le nom des défunts; c'est plutôt le nom de celui qui a donné le terrain ou le droit de

(1) Acta S.Victorùii, p. 109 iio.

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sépulture; par suite, tous ceux qui jouirent de ce bienfait prirent communément le nom du donateur. Ainsi nous trouvons les titres de SYNCRATIO- RVM, GAVDENTIORVM, EVSEBIORVM, EV- TROPIORUM etc. C'est d'un Syncratius que prirent leur nom les Syncratii qtiibus loca donavit, comme dit l'inscription qui s'y rapporte (2).

On peut passer d'ici directement à une autre région quon a appellée Libérienne, parce qu^ori y a retrouvé trois inscriptions de l'époque du pape Libère. Nous retournerons à l'ambulacre AA pour prendre la route EE ; on y trouve l'arcosolium n. 19 entièrement peint où est représentée l'Epiphanie. Les trois mages sont habillés à l'orientale et offrent leurs dons à l'enfant Jésus assis sur le genoux de sa mère; la peinture est du iv^ siècle. Sur le mur de l'arc en face, est la multiplication des pains, mais à peine visible. Bosio a écrit son nom sur la lunette de l'arcosolium. A l'extérieur, à droite, on voit encore la réssurrection de Lazare.

En face de cet arcosolium est une série de quatre chambres (nn. 20, 21). Trois d'entre elles sont éclairées par un seul lucernaire. Au fond de la galerie est la chambre n. 22 qui a d'élégantes formes architectoniques sculptées dans le tuf. C'est ici et ailleurs aussi, que se réunirent les membres de cette accadémie d'humanistes et d'antiquaires qui eut pour chef Pomponius Laetus, personnage si di-

[i)No\x\^s Notioves Archeol. christ., vol. I, pars i^ p. 292-312.

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Versement jugé aujourd'hui comme à son époque. Il était appelé pontifex tnaximus ; dans cette chambre nous trouvons écrit, après une liste de noms d'académiciens:

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