‹ Les Catacombes de saint CalixteChapitre 25 sur 27 · REG. POMP. PONT. MAX · texte numérisé non relu

REG. POMP. PONT. MAX

« Regjianic Poviponio Pontificc Maxime it.

Fig. 104 Région Libérienne (Iv, siècle).

Dans un autre cubiculum voisin se retrouve encore le nom de Pomponivs Pontifex Maximvs et celui de PANTAGATHVS SACER|DOS ACHA- DEMIAE. V.OWajiae.

La galerie B qui se dirige vers le nord conduit tout droit à V artère principale de la région Libérienne (fig. 104, XII). «Cette région, écrit De Rossi, a été creusée d'après un projet si grandiose qu'elle

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surpasse toute autre partie du cimetière de Calixte. La route principale A, à son commencement, a une largeur double de celle des autres galeries ordinaires cimitériales. . . Cette largeur date de V origine même et est en rapport avec les proportions des chambres latérales, Celles-ci, construites en une forme architectonique nouvelle et grandiose, sont éclairées par d'énormes lucernaires ; de plus, elles forment une série continue, comme aussi les arcosolia dans les principales routes A, B, C. En somme, l'architecture souterraine est arrivée ici à l'apogée de son libre dévelopjiement » (i).

Une inscripition de V année 362 couvrait une mar che de l'entrée, maintenant complètement détruite. La voici :

MIKAE BONITATIS SI-:CVXDE |j OVAE VIXIT PVRA P'IDE ANNOS II VIGINTI PVDICA CESSAVIT || IN PACE ID VIRGO FIDELIS II BFNEMEKENTI QVIESCET ID IVL = PALVMBO

SINE FEi.LE Ma)nerti?io et sevi/Aï

« A la bien viérUantc Seconda, cohniàt^sans fiel, viers^e d' une bonté admirable, qui vécnt dans la foi pure 20 ans, mourut en t>aix et se reposa aux ides de juillet, sous le consulat de Ma)nerti>ius et de Nevitta ».

Cette inscription est curieuse. On devrait lire PALVMBAE et non PALVMBO, puisqu'il s'agit d' une jeune fille. Ailleurs, au contraire, 1' âme d' un homme défunt est représentée par une femme orante. Nous retournerons sur ce sujet.

(i) Roma soiter., t. III, p. 230.

212 LES CATACOMliES DE S. CALIXtÉ

^-(^lîPrès de l'escalier est la chambre n. 4, cteusée à quelque distance du chemin parce que, non loin de là, on détruisit une galerie pour y faire une descente au troisième étage. De Rossi a cru pou. voir placer ici la petite chapelle avec balustrade que Boldetti a vue et décrite dans ses Observations (i), parce qu'il y a retrouvé des fragments de balustrade de marbre, et parce que la crypte correspond, en partie, à la descripition de Boldetti ; mais de Rossi s 'est trompé ; nous trouverons cette chapelle dans une région du cimetière des S^^ Marc et Marcellien, plus au nord.

Ici pourtant on a retrouvé un pauvre, mais précieux fragment de la poésie que Damase composa en souvenir du diacre Redemptus et qui nous a été transmis dans le manus:rit Palatin édité dernièrement par Gruter :

STRINGE DOLOR LACRIMAS QVAERIS V(lebs Sancto) REDEM-

[PTVM LEVITAM SVBITO RAPVIT SIBI REGIA {caeH) DVLCIA NECTAREO PROMEBAT MEL {la Cauoré) PROPHEÏAM CELEBRANS PLACIDO M (odjllam)\y^K SENEM HAEC FVIT INSONT[S VITA LAVDATA (îVa'^jNTVS INVIDIA INFELIX TANDEM COMPRESSA QUIESCIT NVNC PARADISVS IIABET SVMPSIT QVI ex HQSTE TROPAEA.

Les lettres entre parenthèses sont celles du fragment, ii '.•![>>[ fi'f ,t. >tii

Cette poésre a les mêmes caractères que les autres épigraphes du pontife-poète: le second vers correspond au troisième de l' inscription de la cha-

^i) Observ., p. 34-35.

pelle des Papes ; les vers 3^ et 4^ rappellent à la

mémoire l' inscripition de 1' èvêque Léon gravée en

caractères grossiers, dans laquelle on lit :

PSALLERE ET IN POPVLIS VOLVI MODULANTE PROPHETA SIC MER VI PLEBEM CHRISTI RETINERE SACERDOS. ''^^'

Le vers 6 se retrouve tout entier dans les deux poésies, et fait douter si ces deux personnages n'ont pas été martyrs, ou du moins si, pour avoir combattu V hérésie arienne, ils n' ont pas mérité ce titre au sens large, en confessant la foi. Cette ins-; cription et quelques autres nous apprennent que le premier diacre était en même temps chantre ou plutôt directeur du chœur, emploi important, puisqu'il consistait à moduler les psaumes et les cantiques de 1' Ecriture, comme les vers cités 1' attestent.

Ici fut fixée une inscription avec la date consulaire de 363: c'est le IV^ consulat de Julien, qui devint après empereur et apostat.

A gauche, sur une plaque de péperin, on a recomposé une oraison funèbre gravée en guise d'epitaphe sur une large et mince plaque de marbre. Il semble que la personne défunte (jeune homme ou jeune fille de 17 ans), ait été très chère à l'orateur. C est une composition de rhéteur et sans grand intérêt. Les dernières phrases ont pourtant une réelle valeur, parce qu'elles sont des périphrases d' anciennes formules ; importante entre autres la dernière :... . PRESTES IN ORATIONIBUS TUIS UT [Deus] POSSIT AMARTIAS MEAS INduLG^Rl^ TE IN PACAE (sic).

Selon le sexe du défunt, De Rossi propose de les lire ainsi, en les complétant dans la traduction:

« Si je f ai été cher dans le siècle » ou : « Toi qui es 7nai7itenant cher à Dieu, prie ion Seigneur que je ne sois /)as indi^?ie de lui, prions ensemble Dieu. . . ; et, au nom de V amour que tu me portes, fais par tes prières que le Seigneur puisse pardonner mes péchés. J' espère que tu es en paix ».

L' inscription est du temps de la paix de V Eglise à cause de son sfyle verbeux; elle est en parfaite harmonie avec les autres données chronologiques de cette région.

\J arcosolium du mur de droite fut orné de peintures décoratives aujourd'hui presque disparues. D' autres arcosolia de cette région furent aussi décorés de peintures qu' on ne voit plus guère maintenant. Remarquons les peintures de 1' arcosolium n. 9 où, dans la lunette, est la scène du jugement de l'âme. Le Christ est assis et en train de parler; il porte le nimbe et paraît très jeune. Devant et derrière lui sont deux saints qui font office d'avocats ; seul celui de devant fait un geste oratoire. L' âme est représentée sous 1' arc, à droite et à gauche, dans r attitude de la prière, c'est-à-dire déjà en paix. Quelques-uns trouveront sans doute étrange cette explication due à Mgr. Wilpert ; cependant c' est la seule qui soit en harmonie avec d' autres monuments analogues qu' on ne peut expliquer autrement. Au milieu, sous l' arc, est le Chiist barbu et nimbé, dans un médaillon.

Plus loin, à gauche, est la chambre n, ir, dite

d' Adam et Evt\ parce qu'on y voit nos premiers parents peints sur le mur de gauche. En y creusant des loculi plus récents, on a mutilé cette peinture dont on ne voit plus, dans la partie inférieure, que des fleurs et un oiseau entre les deux personnages. Cette peinture est de la deuxième moitié du iv^ siècle. Le sujet est reproduit plusieurs fois dans d' au-

t M i ReNjT lIOVl H\ QVE C VM ÇO iVVM HA$V|TANîN03 V f TJ) 1 r AN N OI^v'm XXII qvECoNPA AI\COÎOL1V/^INC>4LL/STJ ATDO/Vl N

iTA iiE m ij?V5 yi-h R^V A ^|/\5 FEC IT Coi VÇ 1 s VAE AAER^HNTIINPAC

Fig. 105. ( — (Nnovo Asll. d'Arch. eiist., 1907)

très catacombes et T on en trouve une mention dans les épitaphes. Ainsi les parents d' une jeune fille ensevelie au cimetière de Priscille ont écrit sur sa tombe: « Pris de la terre, Adam, tu dois être rendit à la terre. De inême Agapè, notre fille, gît ici parce que le Christ Va voulu». Même allusion dans les prières liturgiques où l'on allègue la misère et la faiblesse humaines pour obtenir le salut éternel de la miséricorde divine.

Les inscriptions et les peintures de cette région nous indiquent donc une même époque ; ce témoignage est corroboré par la grande quantité des

2l6 LES CATACOMBES DE S. CALIXTE

arcosolia et les formes architectoniques qui sont de la seconde motié du iv^ siècle.

Dans une des chambres de la voie BB, est une inscription qui mérite un instant d' examen (fig. 105). On en trouva d'abord la plus grande partie en 16 morceaux; De Rossi, la croyant entière, s'efforça de la recomposer ; il y reconnut une mention de S*^^ Sotère. Comme la quatrième ligne finissait par AT DOMN et la cinquième commençait par ITA, et comme 1' inscripon avait été retrouvée près de la région de S^^ Sotère, il conjectura qu' on devait suppléer: ad domiiam Soleritani. De Rossi lui-même raconte ce fait pour montrer combien il faut être prudent lorsqu' on veut compléter une inscription. Quand on eut trouvé le reste, on put lire à la dernière ligne le nom CAIVM, et 1' on reconnut que la date avait été insérée par erreur entre la quatrième et la cinquième ligne de 1' épitaphe. La formule indique à coup sûr le tombeau du pape Caïus ; on en trouve d' autres exemples indiquant tantôt des martyrs notoires, tantôt des pontifes. Mais dans notre épitaphe il y a une autre formule importante, 1' indication topographique du cimetière de Calixte : IN CALLISTI.

A r entrée de la chambre du diacre Rédemptus est une galerie changée en escalier qui conduit au troisième étage, et de là, par un arcosolium brisé, on passe dans un itnmense arénaire.

La région Libérienne borne au nord le cimetière de Calixte proprement dit. Une autre région qui

s' est développée dans la partie septentrionale touche la région Libérienne, mais sans s' unir à elle : c' est celle des S'^ Marc et Marcellin à laquelle touche le cimetière de S^ Damase. Les fouilles qu'y ont faites ces dernières années les Pères Trappistes, sous la direction de Mgr. Wilpert et la surveillance de la Commissioa d' Archéologie sacrée, ont permis d' établir avec une entière certitude que les cimetières des saints susdits se trouvent à gauche et non à droite de la voie Ardéitine. Un important fragment de l'inscription composée par le pape Damase pour sa mère, 1' empreinte de cette même inscription sur la chaux d' un cippe fixent définitivement la position de ces cimetières que, déjà avant les fouilles, avait déterminée leur sagace inventeur, Mgr. Wilpert. A ces monuments il faut ajouter les documents topographiques qui indiquent la basilique de Damase aussitôt après ou avant 1' église de S^^ Pétronille, ou qui confondent ces deux cimetières avec celui de Marc et Balbine qui, en réalité, est voisin. L' âge du cimetière en outre convient à 1' époque de Damase, et une épitaphe qu'on y a trouvée prouve que le graveur dut avoir sous les yeux la poésie de la sœur de Damase, car il en imita quelques formules.

Cette région est riche en inscriptions et en sarcophages du plus haut intérêt ; je n'en citerai que quelques exemples, parce qu'il faudrait un volume pour Tillustrer.

LES CATACOMBES De S. CALIXTE

LE CniETIERE DE S. CALIXTE

Fig. loS. — wiLPERT, Beitr'dge zur christ. Arch'àol. 1908).

« A mon tvcs cher mari^ Avic trcs doiicc, A/ex/us, lecteuï du titre de Fullonica, qui vécut avec moi 75 ans, uni à moi depuis l' âge de i6 ans, lui vierge à 7noi vierge et qui ne nCa jamais causé d'amertume. Repose en paix avec les saints » (fig. 107).

. . . OVE VIXIT annos . . . deposiT AKST . . .

[ad?] marTlRES (fig.

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Une inscription rappelle le baptême : be-

XE MEREXTl. ANTONI.

AE CYRIACETI QVAE

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