‹ Les Catacombes de saint CalixteChapitre 5 sur 27 · PATER BENEMERENTI OVI BI XIT ANN. IIII. ME. VIII. DIES. V · texte numérisé non relu

PATER BENEMERENTI OVI BI XIT ANN. IIII. ME. VIII. DIES. V

ACCERSITX S AB ANGELIS VU. IDVS. lANVA.

« A Sérere fils très dou.w bieii méritant, Laurent son père. Il vécut quatre ans, huit mois, cinq jours. Les anges vinroit le chercher le sept des ides de janvier ->-> .

Cette formule est le commentaire d'une phrase de Cyprien. ou est inspirée par elle : le saint docteur appelle la mort, accersio dominica - « 1' appel de Dieu ». La même formule, mais plus complète, se retrouve dans une inscription mutilée que De Rossi a complétée ainsi : Domine qui ^/<?DISTI OMNIBVS ATCERSIO/^6V« suscipe animam BONI- FATI PER SANTVM ^OUen tuum - « Seignejir, qui appelles tous à toi, reçois Pâme de Boni face, par ton saint nom »,

L EPrCKAPHIE ET Î/ART DANS LKS CATACOMBES 43

Mais une autre classe d'cpitaphes doit attirer notre attention, celle qui nous atteste la foi en un lieu de puritication. avant d' être admis au paradis. C'est un dogme que les protestants ont voulu nier. Ils devraient pourtant confesser qu'ils ont tort devant l'éloquence des monuments. \'oici quelques insctiptions :

SPIRITVS TVVS IX REFRIGERIO

« One toi âi/ic soil accueillie dans le rafraîchissement ».

ai;gvste IX Boxo réfrigères dvlcis

« () doux Auguste , que ton âme soit rafraîchie ».

Ces inscriptions sont innombiables. L'idée du rafraîchissement obtenu par les prières des vivants ou l'intercession des saints ne peut pas s'entendre autrement que du passag^e du purgatoire au paradis. Le paradis est précisément appelé rafraîchissement, et. dans les visions de S'*^ Perpétue nous lisons que la sainte vit son frère défunt Dinocratès se désaltérer à une fontaine après les prières qu'elle avait faites pour lui obtenir ce soulagement : Vidi D inocra tem refrigeraniem. Et le canon du Missel romain au mémento des morts, a la même expression : Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus locuni refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas deprecamur - « A eux (c'est-à-dire aux morts), et à tous ceux qui reposent dans le Christ, accorde, Seigneur^ nous t'en prions, le lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix ».

L' accord entre les liturgies funéraires et les for-

mules épigraphiques est vraiment admirable, et cette harmonie est l'indice de la très haute antiquité de ce genre de prières.

IL y a une ressemblance parfaite de sentiments et de pratiques entre les anciens chrétiens et les chrétiens de nos jours. J'ai déjà dit que le dogme de la communion des saints est naturel dans 1' esjH'it du chrétien.

Cette croyan:e, contenue dans la révélation et proposée par l'Eglise, répond à un vrai l^esoin de r âme, ce qui la rend plus évidente encore. Mais ce qu'il y a de plus consolant pour nous, c'est que non seulement toute la tradition représentée par les Pères, mais aussi le témoignage le plus populaire, le plus public et le plus solennel, je veux dire les épitaphes, nous attestent un ordre d'idées absolument semblable. Nous croyons en V intercession des saints, des âmes des défunts qui sont parvenues à la gloire céleste ; il nous semble que les âmes du purgatoire, si elles pouvaient parler, nous adresseraient ces paroles de Job : Miseremird mei^ )}iiscyetnini mei, saltem vos amici inei - « Ayez pitié de moi, au moins vous qui êtes mes amis ! »

Or jetons un regard sur les épitaphes chrétiennes, et nous constaterons cette admirable harmonie de doctrine et de sentiments :

SANCTI xMARTYRES APVD DEVAI ERVNT ADVOCATI

« Les saillis martyrs scroiii près de Dieu [vos] avocats ».

L EPIGRAPIIIE KT L ART FMNS LES CXTACOMJîES 45

COMMANDO BASILLA INNOCENTIA GE- MELLI - « \S-^'\n\.e] Basille, je fe 7eco)}i)}iandi' P i?mocence de Gémellus ».

MARTYRES SANXTI IX MEXTE HA\TTE MARIA - <(.0 sai)its martyrs, souvenez-vous de Marie!»

REFRICzERI TIBI DOMNVS IPOLITVS - « Que S^ iiippolyte te rafraîchisse ! »

?K£C0K0i5UTM5OfJ^Î<vlMCQV/^o vuv.

r?KfâBV5ÎOTl^ÀTl^AA:MAI\|^aVEROCKrk

fTDmoHNIPOTiN5|^PENlWjfeGyLft5H'vVEt

Fig. 24. — Cimilière de Pii>cille, II. siècle,

C est-à-(liie : te jirociire le ralraîchis.sement ]xir son intercession.

RVTA 0>L\IBVS SX'BDITA ET AFFABI

Page 1