HCl
Pepsine chlorhydrique.
Extrait pancréatique .
Pancréatine Rhénania .
Pancréatone —
TRYPSINES D'ORIGINES DIVERSES.
La pepsine chlorhydrique agit faiblement au début et son effet n’augmente presque pas dans la suite. Les différentes préparations de pancréatine manifestent, au contraire, une action très énergique et l’on arrive, avec la pancréatone, à une hydrolyse accusant 40 % d’azote non précipitable par le tannin et près de 20 % d’acides aminés. Des données fournies par Messernitzky sur la gélatinase du micrococcus prodigiosus, il résulte que cet enzyme agit sur la gélatine encore beaucoup plus profondément que la pancréatone, puisque, après 24 heures, l’azote non précipitable par le tannin est déjà de 60 %; par une action prolongée, celui-ci monte jusqu’à 85 %. L’azote formol arrive très rapidement à 15 %, et dans les longues digestions il aboutit à 40 %. Dans les produits d’action de la gélatinase du m. prodigiosus , on constate la présence du glycocolle, ainsi que celle d’autres acides aminés.
La gélatinase du m. prodigiosus et la pancréatone, tout en appartenant au même type de diastase, diffèrent cependant très sensiblement dans l’étendue de leur travail. Cette différence s’accentue encore plus nettement quand on envisage l’action d’autres protéases microbiennes sur la gélatine. Un grand nombre de bactéries fournissent des protéases liquéfiant la gélatine et donnant néanmoins très peu d’azote formol, et aussi très peu d’azote non précipitable par le tannin. Ce dernier, quand on prolonge l’action, augmente très lentement, pour atteindre au maximum 10 ou 20 % de l’azote total.
Comme nous le voyons, les diastases gélatinolytiques sont loin de fournir toutes le même travail, et l’on est alors en droit de se demander quelle est vraiment la caractéristique de la gélatinase. Pour répondre à cette objection résultant d’une variation si grande dans le processus chimique et tenir toujours comme probable l’existence d’une gélatinase, on pourrait, à la rigueur, admettre que cette diastase, comme telle, liquéfie seulement la gélatine et n’exerce qu’une action très faible quant à l’hydrolyse. Les digestions avancées, observées avec la pancréatone ou avec la prodigiosus-gélatinase, s’explique-
GÉLATINASE.
raient alors par l’action combinée de la gélatinase et d’autres ferments protéolytiques. La caractéristique de la gélatinase résiderait donc dans la dissolution simple de la gélatine, les premiers produits formés étant ensuite attaqués et digérés par les diastases protéolytiques ordinaires. La clé de voûte de cette argumentation serait de fournir la preuve qu’il existe réellement des enzymes agissant exclusivement sur la gélatine, ou encore de montrer, comme plus haut, mais par un procédé indiscutable, qu’il est possible de séparer la gélatinase des autres enzymes protéolytiques. En réalité, le fait existe bien que certaines protéases bactériennes agissent uniquement sur la gélatine, et se montrent dépourvues d’action sur les autres substances albuminoïdes. Mais on se trouve toujours en présence d’effets très faibles, qui ne se manifestent qu’à la longue, et, dans ces conditions, on peut se demander si le résultat constaté n’est pas dû aux conditions de milieu spéciales qui sont favorables à la digestion de la gélatine et défavorables à la digestion des autres protéines, au lieu de l’être à une véritable spécificité de la diastase.
Cette dernière manière de voir trouve un appui tout à fait solide dans les expériences d'Ascom et de Neppi. Ces auteurs préparent tout d’abord de la gélatinase selon la méthode de Pollak. Après l’avoir amenée à la neutralité au méthylorange (MO), ils la font agir sur la gélatine et divers autres albuminoïdes et retrouvent les résultats indiqués par cet auteur, à savoir que cette diastase, active sur la gélatine, se montre sans action sur le sérum de cheval, le blanc d’œuf et la fibrine. Mais vient-on successivement à neutraliser au tournesol (T) ce même liquide; puis à le rendre faiblement alcalin à cet indicateur ; enfin, en troisième lieu, à le ramener de nouveau à la neutralité au méthylorange : dans tous ces cas on obtient alors des actions très différentes. Les liquides sont toujours actifs sur la gélatine, mais ils se montrent doués d’activités très inégales vis-à-vis des autres substances albuminoïdes.
( Voir tableau comparatif, page 476.)
On voit d’après ce tableau que la séparation de la gélatinase
TRYPSINES D’ORIGINES DIVERSES.
n’a pas été réalisée par la méthode de Pollak et que tout, en définitive, dans cette prétendue spécificité, doit être rapporté à des conditions de milieu différentes. On aboutit aussi à des variations de même nature quand, au lieu de modifier la réaction de la gélatinase, on soumet celle-ci à la dialyse.
Influence de la réaction de milieu sur la gélatinase.
Action de la :
Sur la gélatine
Sur le sérum de cheval
Sur
le blanc d’œuf
Sur
la fibrine
Gélatinase neutre au M. O.
9 mm.
0 mm.
0 mm.
Rien
» » Tourn.
Digest. compl.
» lég‘ alcal. au T.
» ramenée de nouveau neut. au M. O.
Aucune digest.
En résumé, la question de l’individualité de la gélatinase est loin d’être éclaircie, et, jusqu’à preuve du contraire, on peut confondre cette diastase avec les autres protéases étudiées jusqu’ici, la propriété de dissoudre et de digérer la gélatine étant commune à toute une série d’enzymes. Bien que le terme de gélatinase soit entré dans la littérature, il ne paraît pas répondre à une substance active bien définie, et il est préférable, à l’avenir, de ne plus l’employer.