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MATIÈRES ALBUMINOÏDES, D’APRÈS ABDERHALDEN

Substances dosées

Sur 100 gr.

d’oxyhémoglobine.

Sur 100 gr.

de globine.

Sur 100 gr.

d’édestine.

Alanine

Leucine

Acide (a) pyrrolidine carbonique . .

Phénylalanine

Acide glutamique

Acide aspartique

Cystine

Sérine

Acide oxy-a-pyrrolidine carbonique

Tyrosine

Lysine

Histidine

Arginine

Tryptophane

trace

trace

trace

Glycocolle

Total . . .

précipités de composition variable avec les liquides et avec le temps, permet de suivre l’intensité de l’hydrolyse et de reconnaître l’un ou l’autre de ces trois enzymes digestifs. Une solution d’albumine à 3 % est partagée en deux parties : l’une, après acidification à raison de 0.2 % HCl, est additionnée de pepsine; l’autre, après alcalinisation à la dose de 0.2 % C03Na*, reçoit de la trypsine. Après 48 heures d’action, on prélève une certaine quantité du second liquide et on lui ajoute de l’érepsine. On a ainsi trois digestions en cours. On met dans chacune d’elles un peu de toluol et on les abandonne 20 jours à l’étuve à 27°. La marche de l’hydrolyse est contrôlée par le réactif phosphotungstique suivant : 10 gr. acide phosphotungstique + 100 cc. eau 4- 50 cc. S04H2 dilué au 1/4. Pour faire un dosage, à 25 cc. du liquide à essayer on ajoute 100 cc. du réactif tungstique, on laisse 12 heures au repos,

ÉREPSINE.

on filtre, on lave trois fois le précipité avec le réactif et, finalement, on détermine dans le produit recueilli l’azote au Kjehldahl : celui-ci représente ici les albumoses et les peptones.

Marche comparative de l’hydrolyse d’après le réactif tungstique.

Durée de l’action

Azote précipitable par l’acide phosphotunggtiqoe sur 100 d’azote total

Pepsine

Trypsine

Erepsine

2 jours

On voit que, sous l’action de l’érepsine, l’azote précipitable par le réactif tungstique d iminue graduellement : sur 100 d’azote total contenu dans le liquide, il n'en reste plus, après 20 jours, que 21 qui soient encore précipitables : la différence a été transformée en amino-acides. La trypsine, au bout du même temps, accuse 36*/0 d’azote précipitable et la pepsine 55. De plus, on constate, pour la pepsine, une marche très peu régulière : il se forme au cours de la protéolyse des substances qui, de non précipitables, redeviennent ensuite précipitables. Avec la trypsine, ce flottement est moins apparent, et avec l’érepsine, la digestion est tout à fait régulière. Mais ce qui est vraiment intéressant, c’est la teneur très faible en azote précipitable du liquide obtenu avec l’érepsine. Au surplus, la différence ne porte pas seulement sur la quantité d’azote contenu dans les précipités : la composition elle-même de ces précipités est très variable, suivant qu’on s’adresse à une digestion pepsique, trypsique, ou érepsique. Les précipités, dans le premier cas, sont formés de peptides de beaucoup les plus complexes : ils contiennent, à côté de très grandes quantités d’albumoses,

PROPRIÉTÉS

relativement peu de peptones; dans le second cas, les précipités ne renferment presque plus d’albumoses, encore des peptones, et déjà beaucoup de polypeptides simples. Enfin, les précipités tungstiques obtenus après une action profonde de l’érepsine sont constitués presque uniquement par des bases : ils ne contiennent que très peu de polypeptides et peuvent même en être complètement dépourvus.

Henriques, pour différencier les travaux pepsique, trypsique et érepsique, détermine, dans les produits de l'hydrolyse, la teneur en polypeptides encore non transformés. Pour cela, il commence par doser, dans chacun des liquides, après la digestion, la quantité d’azote formol apparu. Puis il soumet ces liquides à l’action de HCl concentré, ce traitement ayant pour effet de ramener les peptides restants à l’état d’acides aminés; un nouveau dosage de l’azote formol permet, d’après la différence entre les deux nombres trouvés, avant et après l’action de HCl, de connaître la quantité d’azote de ces polypeptides. L’hydrolyse par HCl se fait de la manière suivante : 50 cc. de liquide sont additionnés de 50 cc. HCl concentré. On évapore presque à sec, au bain-marie, puis on rajoute 50 cc. de HCl concentré et l’on porte de nouveau à sec. On reprend alors par 150 cc. eau et l’on évapore une troisième fois. Le résidu est dissous dans l’eau et ramené au volume primitif :

Appréciation de la marche de l'hydrolyse d’après la teneur en azote peptide restant.

H peptide sur 100 N total

1) Peptone Witte (fibrine digérée par pepsine) 44.1 °/

traitée 6 h. avec SCMH2 20 °/0 au bain-marie

2 bis)

CO

traitée 20 jours par pancréatine

3 bis)

+ 3 jours érepsine

4bis)

-(- 6 h. avec S04H2 20 %

6) Elastine traitée 8 jours par pancréatine 20.8

6 bis) » 30 » » 13.95

7) » 30 » » + 1 jour érepsine 10.1

ÉREPSINE.

Il ressort de ce tableau que la peptone de Witte, produit de l’hydrolyse pepsique de la fibrine, renferme encore une quantité très forte de polypeptides ; ceux-ci, sous l’action prolongée de SO‘H2 à 30 %, s’abaissent à 8.97, proportion sensiblement la même que celle qu’on retrouve après avoir fait agir successivement la pancréatine et l’érepsine sur cette même peptone. Ainsi, l’érepsine se montre comme le facteur le plus énergique des transformations diastasiques, et son action peut seulement être comparée à celle des acides. Mais pour aboutir à une hydrolyse plus ou moins complète avec cet enzyme, il faut tout d’abord traiter à fond la matière albuminoïde par la trypsine et prolonger ensuite celle de l’érepsine pendant très longtemps, 2 ou 3 mois environ. Naturellement, en raison de la destruction de l’érepsine, on sera obligé d’en remettre dans les liquides de temps en temps. Cette nécessité d’une digestion assez profonde, avant de commencer l’action de l’érepsine, trouve son analogie dans l’action de S04Hs. On peut, en effet, conclure des essais (2) et (5), que le résultat de l’hydrolyse par l’acide n’est pas indifférent du mode d’emploi de celui-ci, l'action sur un produit déjà digéré par la pancréatine et l’érepsine étant beaucoup plus profonde que celle exercée sur un produit non traité au préalable.

Voici maintenant les résultats d’analyse de plusieurs produits de digestion, d’après Soerensen. On a déterminé, dans les différentes phases de l’hydrolyse de matières diverses sous l’influence des trois ferments digestifs, la teneur en azote formol des liquides, nombres qui sont censés représenter l’azote des acides aminés formés. De plus, nous avons rapporté, à côté, les teneurs en azote des divers précipités obtenus avec le tanin dans les liquides finaux de la réaction, afin qu’on puisse comparer les deux procédés d’analyse.

( Voir tableau comparatif, page 517.)

Ce tableau nous montre que la digestion, même avec l’érepsine, n’est pas totale et qu’il reste encore, après son action, environ 10 °/0, et souvent plus, d’azote non dosable par le

PROPRIÉTÉS. 517

Accumulation des acides aminés au cours des digestions

PEPSIQUE, TRYPSIQUE ET ÉREPSIQUE.

Subst. protéique

Enzyme employé

Azote formol sur 100 d’azote total

Azote tannin précipité •/• après 150 b.

employée

Au

début

Après 6 h.

Après 30 b.

Après 150 h.

Peptone Witte

Pepsine

Caséine

Album, d’œuf coagulée

Peptone Witte

Pancréatine

Caséine

Ovalbum. partiels digérée

Ovalbum. partiels digérée

Peptone Witte

Erepsine

Caséine

formol. Cette quantité ne correspond pas, au moins totalement, à des polypeptides. Il faut, en effet, remarquer que dans l’hydrolyse des matières protéiques par les acides concentrés, on observe pareil phénomène, et qu’on n’arrive jamais à trouver dans de tels liquides 100 % pour l’azote formol. Cet écart s’explique pour deux raisons : tout d’abord, la méthode de Soerensen, quoique très commode et susceptible de rendre de précieux services, n’est pas rigoureuse et ne se prête pas à des analyses quantitatives complètement exactes; mais il y a plus : elle est entachée d’une erreur systématique. En effet, ce qu’on titre, ce n’est pas l’azote, mais les groupements carbonyles, et l’on admet qu’à chaque C02H correspond un azote. C’est vrai pour la plupart des acides aminés formés, mais on peut aussi en obtenir qui contiennent plusieurs atomes d’azote, et cependant ceux-ci ne sont comptés que comme monoazotés. L’azote formol représentera donc un minimum de l’azote amino-acide.

ÉREPSINE.

Il faut aussi prendre en considération ce fait que dans l’hydrolyse avec l’érepsine ou les acides, il se produit, outre les acides aminés, des complexes azotés qui ne sont plus décomposables par les acides, et qui cependant ne sont pas titrables par le formol ; ces corps échappent donc au dosage. On peut même trouver que l’écart signalé plus haut est très faible, relativement à ce qu’on observe habituellement. Effront rappelle qu’il lui est arrivé à plusieurs reprises d’hydrolyser à fond des albuminoïdes par HCl, cela de telle sorte, qu’il ne restât plus dans les précipités tungstiques, qu’on faisait de temps en temps pour suivre la réaction, de substances susceptibles d’être dégradées davantage par l’acide, et cependant jamais il n’a pu doser par le formol, dans ces liquides, plus de 75 à 77 % de l’azote total. Toutefois, il est possible qu’on obtienne de meilleurs nombres et qu’on titre la presque totalité de l’azote, si l’on fait agir l’acide, non plus sur l’albumine naturelle, mais sur le produit déjà profondément hydrolysé par les diastases, attendu que, dans ces conditions, le dédoublement se manifeste d’une tout autre façon.

Les résultats indiqués dans la dernière colonne nous montrent que le tanin ne peut pas servir à différencier les trois digestions : on trouve, par exemple, en comparant les numéros 9 et 12, que la proportion d’azote précipitable par le tanin est moindre pour la pancréatine que pour l’érepsine, 5.1 et 12.2, ce qui tendrait à montrer que l’hydrolyse est poussée plus loin dans le premier cas que dans le second, alors que les résultats fournis par le formol sont inverses : 48.8 et 89.3. Le tanin peut en effet très bien convenir pour suivre le début de la dégradation : tant qu’il y a des albumoses et des peptones, ses indications sont conformes à la réalité; mais plus tard, ce réactif devient insuffisant, car il ne précipite plus certains polypeptides qui, tout en ayant une complexité moins grande que ceux apparus à l’origine, ne sont cependant pas encore près d’être transformés en amino-acides simples.

Analyse de l’érepsine. — Pour mesurer l’activité d’une érepsine on emploie souvent la méthode colorimétrique. On

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