GH3 — CH — GO — NH — GH2 — C02H
NH2
est dédoublé, son isomère, la glycylalanine :
NH2 — CH2 — GO — NH — GH — C02H
ne l’est pas.
Recherche des enzymes peptolytiques. — Abderhalden a introduit la méthode optique dans la recherche des enzymes peptolytiques. A l’exception du glycocolle, les produits résultant de l’hydrolyse des polypeptides sont actifs sur la lumière polarisée. La décomposition des polypeptides racémiques se manifestera donc par l’apparition du pouvoir rotatoire, tandis que celle des polypeptides déjà actifs sera accompagnée d’un changement dans la rotation. Pour caractériser une réaction paptolytique, il suffira par conséquent de suivre dans un polarimètre la variation du pouvoir rotatoire. On dissout une quantité déterminée de polypeptide dans un volume d’une substance active donnée. On ajoute du toluol, on porte à 37°, on fait la lecture et Ton maintient ensuite la température constante : le changement de rotation, après un certain temps, nous indique si l’hydrolyse se produit. Quand on connaît le pouvoir rotatoire du polypeptide employé, ainsi que ceux des produits de dédoublement, on peut même arriver à une évaluation quantitative très exacte de la marche de l’hydrolyse.
PROPRIÉTÉS. 525
Diminution du pouvoir rotatoire d’une solution
DE GLYGYL - L - TYROSINE.
6 cc. sol. à 3/34 Mol. glycyl-l-tyrosine -}- 1 ce. suc de foie
Temps en minutes.
Angle.
Dans les essais optiques qui sont destinés à rester longtemps en observation, on évite l’emploi de polypeptides à base de tyrosine : en effet, souvent la solution se colore par suite de l’intervention d’oxydases, et cette coloration, ainsi que le trouble dû à la tyrosine qui se dépose, empêche la lecture polarimétrique. Le polypeptide qui est employé le plus couramment pour l’observation optique est le d-alanylglycyl-glycine. Par contre, à l’aide de polypeptides à base de tyrosine, on peut aisément révéler la présence des enzymes peptolytiques par la constatation rapide de la tyrosine, qui se laisse bien isoler. Le poids de tyrosine obtenu peut même indiquer le degré de l’hydrolyse. Pour ces sortes d’essais, au lieu de polypeptides synthétiques, on emploie souvent la peptone La Roche, de la fabrique Hoffmann et La Roche, à Bâle. Cette peptone s’obtient par le traitement à froid, par l’acide sulfurique à 70 %. de déchets de soie. Elle est très riche en polypeptides tyrosiniques. Pour l’analyse, on se sert d’une solution de pareille peptone de 10 à 50 %; on l’amène par le C03Na2 à une réaction faiblement alcaline, on ajoute un certain volume du liquide contenant l'enzyme peptolytique et l’on conserve le tout avec un peu de toluol à une température de 37°. De temps en temps on prélève un échantillon, on laisse refroidir et l’on observe la cristallisation.
Pour rechercher ces enzymes quand ils sont en fortes proportions dans les organes, Abderhalden recommande aussi
ENZYMES PEPTOLYTIQUES.
l’emploi d’une solution de peptone de soie à 25 %. Les pièces anatomiques à étudier sont lavées à l’eau physiologique, puis on les plonge dans la solution de peptone additionnée de toluol et on les y abandonne à la température de 37°. Après 6 à 12 heures on constate de petits cristaux de tyrosine adhérents aux tissus ; il n’y a qu’une faible partie de la tyrosine formée qui se trouve dans le liquide. Les tissus, durcis ensuite par l’alcool, constituent des préparations qu’on peut conserver. Par cette méthode, on a pu constater la présence des enzymes peptolytiques dans le rein, le cœur, l’estomac, l’intestin, etc. Lorsqu’on a en vue la recherche des enzymes peptolytiques dans les tissus végétaux, on emploie plutôt des polypeptides contenant le tryptophane. Ces polypeptides ne donnent point de coloration avec le brome, coloration qui apparaît, au contraire, aussitôt que l’hydrolyse commence. Dans ce genre d’essais, on recommande l’usage de solutions à 10 % de glycyl-1tryptophane, additionnées de toluol. On introduit la coupe mince à analyser et on laisse 20 à 48 heures en contact.
Influence des conditions physiques et chimiques. — La marche de la digestion se laisse beaucoup influencer par les conditions physiques et chimiques. Examinons d’abord l’action de la température :
( Voir tableau comparatif, page 527.)
On voit que la température optima pour le suc de levure est de 55°, tandis que le suc pancréatique fournit le maximum d’effet à 45°. L’hydrolyse des polypeptides se fait en réaction neutre. La présence d’acide libre est très nuisible. Une alcalinité très faible paraît être favorable, mais on remarque ici une sensibilité à l’alcali beaucoup plus grande que dans l’action de la trypsine. La présence de faibles quantités de cyanure de sodium, par exemple de 0.03 %, favorise l’hydrolyse du glycyl-l-tyrosine. Une dose plus forte, soit 0.15 %, l’arrête presque complètement. Le NaCl, en solution physiologique diluée au 1/4, n’exerce pas d’action. Le CaCl2 se montre, au contraire, souvent très favorable. La présence de glycocolle, ainsi que d’autres
PROPRIÉTÉS
Influence de la température sur l’hydrolyse
DU GLYCYL - L - TYROSINE.
1 cc. sol. glycyl - 1 - tyrosine (1/6000 Mol.) + 1 cc. suc levure + 1-6 cc. eau.
1 cc. sol. glycyl-l-tyros. (1/6000 Mol.) + 2 cc. suc pancréat. -t- 3.6 cc. eau.
Température.
Durée de l’action.
Rotation.
Rotation
lecture directe. | corrigée.
0 minute.
15 minutes.
produits d’hydrolyse, est très nuisible. Du reste, comme on pouvait s’y attendre, puisqu’il s’agit, non pas d’une, mais de toute une classe d’enzymes, il n’y a pas de règle absolue, l’action d’une substance pouvant différer d’un polypeptide à un autre. C’est ainsi que le fluorure de sodium à la dose de 0.3 % se montre favorable à l’hydrolyse du glycyl-l-tyrosine par le suc de levure, tandis que la même dose se montre défavorable quand il s’agit du d. leucylglycine.
Individualité des enzymes peptoly tiques. — Les polypeptides connus peuvent être divisés en deux grandes classes : les uns sont hydrolysables par les enzymes, les autres se montrent indiflérents. Voici la liste des principaux polypeptides, divisés en deux catégories, suivant l’action du suc pancréatique kinasé :
ENZYMES PEPTOLYTIQUES.
r. alanyl-alanine
d. alanyl-d-alanine
r. alanyl-glycine