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THÉORIE DE LA COAGULATION

tions, que nous présenterons plus loin, que ces éléments figurés jouont réellement un rôle dans la coagulation ; mais c'est dans l’élaboration de la substance active, et non dans celle de la fibrine qui se précipite; aussi leur place n’est-elle pas ici.

Théorie de la coagulation du sang.

La coagulation du sang a été le sujet de travaux très nombreux. Cependant les données que nous possédons à l’heure actuelle sont encore loin d’être complètes. On peut même dire que de toutes les diastases protéolytiques, c’est la thrombine qui est la plus mal connue. Pendant longtemps on envisagea cet enzyme comme une substance unique, bien déterminée ; puis, au fur et à mesure qu’on étudia de plus près le phénomène de la coagulation du sang, on s’aperçut que le problème se compliquait de plus en plus, et la simplicité de constitution du fibrin-ferment devint alors de moins en moins certaine.

Par les travaux de Hammarsten et de Arthus, il a été établi que dans la transformation du fibrinogène en fibrine concrète, la chaux intervient comme un élément tout à fait indispensable. Cette découverte changea complètement l’orientation des recherches et conduisit à différentes interprétations. D’après A. Schmidt, la coagulation du sang est provoquée par les sécrétions provenant des leucocytes et des plaquettes : cette substance sécrétée n’est pas un enzyme tout formé, c’est une prothrombine, qui, sous l’influence de certaines substances zymoplas tiques, contenues aussi dans les cellules, se transforme en thrombine ou diastase active.

Pour Pekelharing, au contraire, les leucocytes contiennent déjà de la plasmase toute formée, qui, en présence de la chaux, agit sur le fibrinogène. D’après ce savant, les nucléoprotéides, qu’on retire des extraits de tissus, sont doués des mêmes propriétés que la plasmase, qui provient des leucocytes. Tous les deux, en présence de chaux, coagulent le fibrinogène.

THROMBINE.

La prise en caillot est donc le résultat combiné de l’action de la plasmase et de celle de la chaux; ce phénomène se compliquerait d’ailleurs, d’après Pekelharing, du fait que les leucocytes, ainsi, du reste, que les extraits d’organe, contiennent à côté des enzymes coagulants, des substances anticoagulantes c’està-dire des anticorps. Remarquons en passant que les conclusions de cet auteur sont basées sur des expériences faites avec des solutions de fibrinogène pur et des solutions d'enzyme isolé d’après sa méthode, qu’on a décrite précédemment.

D’après Moravitz, la thrombine ne se trouve pas toute formée dans le sang. Le plasma contient bien un proenzyme, que cet auteur appelle thrombogène ou agent-sérum , mais il faut, pour qu’il se transforme en thrombine, le concours des sels de chaux et d’une substance, qui existe dans toutes les cellules et les extraits de tissus, et qui normalement est apportée parla sécrétion leucocytaire, substance à laquelle Moravitz a donné le nom de thrombokinase. Ainsi, d’après cette dernière conception, trois facteurs interviennent dans la formation de la thrombine : le proferment, le sel de calcium et la thrombokinase. Parmi ces trois éléments qui entrent dans la composition de la thrombine, deux portent des noms variables suivant les auteurs qui les ont étudiés. Gitons-les pour mémoire ; ie thrombogène est appelé aussi prothrombine, plasmazyme ou sèrozyme. La thrombokinase est désignée également par substance zymoplastique ou cytozyme.

Suivant l’une ou l’autre théorie, les phénomènes observés seront interprétés de différentes manières. Voici par exemple un sang, qui ne se coagule pas spontanément, mais qui se prend en caillot quand on lui ajoute un peu d’extrait d’organe : c’est le cas du sang d’oiseau, ainsi que nous le verrons plus loin. Les partisans de l’existence de la thrombokinase expliquent ce fait en disant; que le sang examiné contient bien du sérozyme et des sels de calcium, mais qu’il manque de thrombokinase. La coagulation se produit immédiatement par l’addition d’extrait d’organe, car on introduit ainsi le troisième élément indispensable. A cela, les adversaires de cette manière de voir

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