DANS DIFFÉRENTS ORGANES
Organes examinés.
Guanase.
Adénase.
Bœuf
| Foie
| Rate
1 Rate
Porc
( Foie
f Pancréas
L Rate
Chien
( Foie
f Pancréas
Lapin
Foie
On arrive à des résultats analogues en s’adressant à d’autres sources : c’est ainsi que W. Jones et Straghn ont démontré que l’extrait aqueux de levure transforme la guanine, alors qu’il n’agit pas sur l'adénine. D’autre part, Müller a observé que l’adénase ne se rencontre dans aucun extrait d’organes humains, tandis que la guanase est toujours présente dans le foie. Enfin, Wells a cherché ces deux diastases dans le fœtus humain : il a trouvé la guanase dans les fœtus de 1 ou 2 mois, tandis que l’adénase n’apparaît que dans les fœtus de 5 mois. Toutes ces indications sont contingentes : il ne saurait en être autrement puisque, non seulement la répartition de ces deux diastases dans les différents organes est très variable, mais encore, elle se modifie, comme on vient de le voir, avec l’âge des sujets examinés. Ce serait même là, pensons-nous, une preuve de plus de l’individualité de ces deux enzymes.
Buty ro-amidase .
Effront a isolé d’une culture de ferment butyrique, une amidase agissant sur l’acétamide et l’asparagine. Le milieu de culture se composait d'une solution d’albumine hydrolysée par l’acide sulfurique jusqu’à disparition complète des albumoses. Après avoir été débarrassé, parla baryte, de l'acide sulfurique,
AMIDASES.
le liquide est amené à une teneur en azote de 1.5 gr. %, puis alcalinisé à l’aide de carbonate de soude, à raison de 10 gr. par litre. Ainsi préparé, le liquide reçoit une culture de ferment butyrique, provenant d’une usine de récupération des déchets azotés. La fermentation est conduite, en présence de l’air, à une température de 48°. Aussitôt que la liqueur accuse une teneur en ammoniaque libérable par la magnésie, correspondant à 50 % d© l’azote total, on augmente la culture en ajoutant au bouillon précédent 4 volumes de liquide frais de même composition que plus haut. Par accroissements successifs on arrive à 25 litres ; on abandonne alors le liquide à lui-même pendant 40 jours. Ensuite on refroidit à 15°; puis on ajoute 25 gr. do colophane, préalablement dissous dans le carbonate de soude. Après avoir laissé quelque temps au repos, on décante le liquide clair : dans le dépôt se trouvent toutes les bactéries agglutinées. Ce dépôt est centrifugé, lavé à l’alcool et à l’éther, puis desséché sur de l’acide sulfurique. La poudre obtenue est ensuite pulvérisée, additionnée d’une solution de carbonate 1/20 normale et maintenue à 45° pendant 3 heures. On ajoute alors 4 à 5 volumes d’alcool et on jette le mélange sur un filtre : il faut recommencer plusieurs fois à filtrer, afin d’obtenir un liquide parfaitement transparent; le précipité recueilli est à nouveau lavé avec de l’alcool et de l’éther, puis desséché. Le produit sec est enfin trituré avec de l’eau, puis filtré sur bougie.
Le filtrat ainsi obtenu est actif sur l’asparagine et l’acétamide. Avec l’asparagine, la formation d’ammoniaque est limitée au groupement amide. Mais avec les produits de protéolyse on obtient des résultats beaucoup plus parfaits. Pour ces essais on emploie des produits hydrolysés, donnant 74 à 75 % d’azote formol, d’après la méthode Scerensen, et l’on utilise une solution contenant 100 mgr. d’azote %. Le liquide, après stérilisation, est additionné de 0.5 gr. % de carbonate de soude et d’une certaine quantité de butyro-amidase. On maintient le mélange à 50° pendant 4 heures et l’on détermine, après ce temps, l’azote ammoniacal dans la solution :
BUTYRO-AMIDASE.
Marche de la désamidation d’une solution d’albumine
HYDROLYSÉE.
Quantités d’enzyme employées.
Centigrammes.
Azote ammoniacal formé par 100 de liquide. # Milligrammes.
Avec 3 centigr. de substance active, on obtient 34 mgr. d’ammoniaque sur 100 mgr. d’azote total. L’augmentation de la dose d’enzyme ne produit plus alors d’effet sensible. C’est un tiers environ de l’azote total qui se laisse aisément désamider. On observe le même phénomène dans un liquide plus concentré : dans une solution contenant 150 mgr. d’azote, on constate une certaine proportionnalité entre la quantité d’enzyme employée et l’ammoniaque formée, jusqu’au moment où le liquide accuse une teneur en ammoniaque de 48 mgr. Passé cette limité, l’amidase, comme précédemment, ne produit presque plus d’effet.
Lorsqu’on additionne les produits d’hydrolyse de l’albumine, de quantités déterminées d’asparagine, on obtient des résultats très intéressants ; la désamidation du mélange est alors très prononcée :
Action de l’amidase sur un mélange de produits d’hydrolyse
ET D’ASPARAGINE.
Composition du milieu. Ammoniaque formée
après 8 heures.
Azote des produits d’hy drolyse de l’albumine .
Azote sous forme d’aspa ragine
Azote total % . . . .
Ce qu’il convient toutefois de remarquer, c’est que la butyro-amidase ne fournit pas le travail intégral qu'on constate ordinairement quand on opère en présence des bactéries qui
150 mgr.
252 milligrammes
350 mgr.
AMIDASES.
la sécrètent. On arrive, en effet, dans ce dernier cas, avec le ferment figuré, à désamider jusqu’à 96 % de l’azote total contenu dans les produits de la protéolyse. Or, les enzymes isolés de leurs bactéries portent seulement leur action sur certaines substances, qui ne forment que le 1/3 environ du poids total. La butyro-amidase travaille de deux manières différentes sur l’asparagine, suivant les conditions du milieu. Avec l’eau seule, ainsi qu’on l’a vu plus haut, l’action est limitée au groupement amide; en présence des produits oxydables de la protéolyse, la désamidation est, au contraire, complète, comme l’indique le tableau précédent : il ressort, en effet, de celui-ci, que l’ammoniaque formée provient, pour une part, de la totalité de l’azote de l’asparagine, et, pour l’autre, du tiers seulement de l’azote d’origine protéique.
L’action limitée que nous venons de constater avec la butyro-amidase, agissant sur les produits de l’hydrolyse des matières azotées, peut s’expliquer par l’hypothèse que la bactérie sécrète de nombreuses diastases spécifiques, agissant chacune sur des substances différentes. La butyro-amidase isolée ne contiendrait ainsi que certains enzymes, et non la totalité de ceux qui sont nécessaires au fonctionnement des ferments, évidemment plus exigeants. Du reste, bien que les amidases s’adressent à une série de corps de structure analogue, elles libèrent l’ammoniaque par des voies différentes; on est donc tout naturellement conduit à admettre dans ce travail l’intervention de plusieurs catalyseurs, car il serait inadmissible qu'une même diastase fût appelée à remplir tant de fonctions si variées. Nous conclurons donc en disant qu’à chacun des différents modes de travail chimique correspond un type de catalyseur bien déterminé, que ce travail réside dans une hydrolyse, ou qu’il consiste dans une réduction. Malheureusement, cette manière de voir, en l’état actuel de la question, ne peut être confirmée par aucune preuve expérimentale.
Quoique l’étude de ces enzymes présente le plus grand intérêt, tant au point de vue physiologique qu’au point de vue pratique, elle offre encore de grandes difficultés, en raison
BIBLIOGRAPHIE
notamment de l’impossibilité dans laquelle on se trouve de pouvoir isoler d’une façon satisfaisante ces substances actives. De plus, le nombre restreint de données qu’on possède à leur endroit, explicable par le peu dé temps écoulé depuis leur découverte, n’est pas fait pour faciliter les recherches dans un domaine qui promet cependant de belles récoltes. Nous avons esquissé dans les paragraphes précédents quelques-unes seulement des propriétés de ces enzymes curieux. Dans le chapitre sur la fermentation putride, nous aurons l’occasion de revenir sur le travail chimique effectué par les amidases. Les diastases sécrétées par les microbes de la putréfaction sont, en effet, douées d’une variété d’action beaucoup plus grande encore que celles étudiées jusqu’ici, et elles sont capables de réaliser des transformations qui sont en quelque sorte caractéristiques de ce genre de fermentation. C’est pourquoi nous avons reporté leur étude à ce chapitre spécial.