HCl
bleu
neutre
neutral. C02Na2
bleu
faible excès C03Na2
Ce tableau est le résultat d’expériences faites par Lawrow : la solution de peptone qu’il employait était à 15 %, la température de l’expérience était de 40° et sa durée de 70 heures. A cette concentration, on voit que le maximum de plastéine obtenue correspond à une trace de HCl, soit à une teinte brunâtre du papier de Congo. La trypsine et la pancréatine fournissent déjà de la plastéine dans un liquide neutre. Le maximum de rendement est obtenu avec une alcalinisation très faible.
Influences de la concentration et de la nature de la substance coagulogène. — Tandis que l’action des ferments protéolytiques s’exerce de préférence dans des solutions diluées d’albuminoïdes, pour la préparation des plastéines la concentration des solutions joue un rôle essentiel. La formation de plastéine se manifeste déjà dans une solution de peptone à 2.5 % ; elle augmente considérablement avec la concentration pour arriver à un maximum vers la concentration de 40 %. L’influence de la concentration se trouve résumée dans le tableau suivant :
PLASTÉINES.
Influence de la concentration sur la formation
DES PLASTÉINES.
Teneur en azote milligr. pour 100 ce. liquide
Azote précipité pour 100 d’azote du liquide
de la solution de peptone
du liquide filtré séparé de la plastéine
La durée des essais était de 96 heures. On avait ajouté du thymol pour empêcher l’altération ; la température était de 38-40°. Dans le dernier essai on a transformé plus de 33 % de l’azote de la peptone en plastéine. Cette quantité peut d’ailleurs être dépassée de beaucoup, à la condition de débarraser le liquide du précipité formé et de faire suivre cette opération d’une concentration. On obtient alors, après addition de présure, un nouveau précipité. En répétant cette manipulation trois fois, on transforme en plastéine plus de 50 % de l’azote.
La plastéine a tout d’abord été obtenue avec les produits de l’hydrolyse des matières azotées sous l’influence de la pepsine ou de la trypsine, mais les produits formés par l’action modérée des acides ou des alcalis peuvent également convenir. Quant aux produits de l’hydrolyse profonde par la trypsine ou les acides, ils ne fournissent point, ou très peu de plastéine. D’après Kurajeff, les différents enzymes protéolytiques ne travaillent pas également bien dans les mêmes milieux. La papayotine fournit, d’après ce savant, un abondant dépôt de plastéineavec l’albumose secondaire et très peu avec l’albumose primaire, tandis que la présure donne, au contraire, beaucoup de plastéine avec le primaire et peu avec le secondaire. Voici, d’après V. Henriques, l’action comparative des enzymes sur les différents produits d’hydrolyse albuminoïde :
RÉVERSIBILITÉ DES DIASTASES.
Mature de la substance
Avec pepsine chlorhyd.
Avec trypsine
Produits d’hydrolyse pepsique.
Formation typique de plastéine, avec ou sans gélatinisation.
Formation typique de plastéine, sans gélatinisation.
Produits d’hydrolyse trypsique (très avancée).
Aucune formation de plastéine.
Aucune formation.
Produits d’hydrolyse par les acides.
Formation typique de plastéine, sans gélatinisation.
Formation de plastéine sans gélatinisation.
Produits d’hydrolyse par les alcalis.
Formation de plastéine sans gélatinisation.
Aucune formation.
Action combinée de la pepsine et de la présure dans la formation des plastéines. — Nous venons de voir qu’on peut obtenir des plastéines, aussi bien avec la pepsine qu’avec la présure. Mais comme la propriété présurante se retrouve dans toute pepsine et que la présure possède également la propriété peptonisante, il était intéressant de rechercher laquelle des deux fonctions joue le rôle prépondérant dans la réaction de Danilewsky. Dans ce but, Rakoczy étudia comparativement les macérations de caillettes de veau et de bœuf, au point de vue de la formation des plastéines. Il amène les deux extraits actifs successivement aux mêmes pouvoirs coagulant, puis digestif, et détermine dans chaque cas les quantités de plastéines formées.
Action combinée de la présure et de la pepsine.
1) Extrait caillette veau . . .
Pouvoir
coagulant
58 min.
Pouvoir digestif (Mett)
5 millim.
Plastéine
2) » » bœuf . . .
3) Extrait caillette veau . . .
4) » » bœuf . . .
Dans (1) et (2) les extraits possèdent le même pouvoir coagulant; cependant c’est seulement dans (1) que la plastéine apparaît. Dans (3) et (4) les conditions sont renversées. Les
PLASTÉINES.
deux liquides ont un égal pouvoir digestif, mais ils diffèrent énormément quant au pouvoir présurant. Cette fois, c’est encore dans (3) que la coagulation a lieu, la dose de pepsine seule dans (4) étant trop faible pour agir, de même que, précédemment dans (2), la quantité de présure seule était insuffisante. La réaction de Danilewsky est donc déterminée, soit par la pepsine seule, soit par la présure seule. En présence des deux enzymes, les actions se superposent. Quand on enlève l’une d’elles du mélange, il faut, pour obtenir un résultat, remplacer la quantité éliminée par une dose équivalente de l'autre.
Composition et nature chimique des plastéines. — Les plastéines fournissent les réactions des matières albuminoïdes. D’après Sawjaloff, elles- auraient une composition constante, indépendante des matières albuminoïdes originaires qui ont servi à leur production :
Composition des plastéines.
Eléments
dosés
Origine de la plastéine
Ovalbumine
Myosine
Caséine
Peptone de Witte (fibrine)
Les plastéines provenant des différentes matières albuminoïdes ont des compositions très voisines mais le peu de différence constaté par l’auteur est dû surtout à cette circonstance que les produits ont tous subi préalablement le même degré d’hydrolyse. Lawrow a démontré que dans la réaction de Danilewsky on peut aboutir à des produits très différents et que la composition des plastéines dépend de la composition du milieu dans lequel elles se sont produites. D’une solution d’albumine peptonisée à l’aide de pepsine, le savant russe, au
RÉVERSIBILITÉ DES DIASTASES.
moyen de précipitations fractionnées à l’alcool, sépare différentes parties, qui représentent en quelque sorte les phases successives de l’hydrolyse de l’albumine. Avec ces différentes fractions, il obtient des plastéines exemptes de matières minérales, dont la composition est indiquée dans le tableau suivant :
Composition des plastéines obtenues avec :
La fraction 1
Tandis que les fractions (1) et (2) précipitent par l’acide phosphotungstique et sont constituées par des albumoses précipitables par le sulfate d’ammoniaque, la fraction (3) ne précipite pas par l’acide phosphotungstique et se compose d’acides aminés complexes. On voit que les plastéines obtenues avec ces trois sortes de produits ont des compositions très différentes. Les plastéines reflètent une partie des propriétés de la substance dont elles dérivent. C’est ainsi qu’en les soumettant à une hydrolyse partielle sous l’influence des acides, on obtient avec les plastéines d’albumoses un produit qui précipite partiellement par l’acide phosphotungstique, ce qui montre qu’il entre dans ces plastéines des albumoses et des peptides, tandis que l’hydrolyse des plastéines (3) ne donne aucune substance précipitable par le réactif tungstique.
Chimisme de la formation des plastéines. — Les données sur le travail chimique qui accompagne la réaction de Danilewsky, qu’on trouve dans la littérature, sont assez contradictoires. Certains envisagent la formation des plastéines comme une simple coagulation résultant de changements physiques ou chimiques dans le milieu. Pour eux, cette précipitation n’a rien à voir avec un travail de synthèse proprement dit. Il s’agirait tout simplement de l’insolubilisation d’un corps qui était dans un état physique instable, phénomène analogue à la coagulation des solutions colloïdales. Quant aux partisans
PLASTÉINES.
d’un travail de synthèse, ils sont divisés sur l’étendue de cette synthèse même. Pour les uns, on se trouve en présence d’une régression très profonde, aboutissant à une globuline ; pour les autres, au contraire, le produit final obtenu n’est pas un albuminoïde propre, mais un dérivé de ceux-ci, attendu que la totalité des produits élaborés au cours de l’hydrolyse ne rentrent pas dans la plastéine formée.
Etant donné le peu d’étendue de nos connaissances sur la nature des albumoses, et même sur la différenciation des divers albuminoïdes naturels, il est fort difficile d’apporter une expérience décisive tranchant la question. Le problème se trouve cependant à peu près résolu, grâce à un faisceau de données rassemblées de différents côtés. C’est d’abord Levene et Slyke qui ont déterminé quantitativement, d’après la méthode inaugurée par E. Fischer, les acides aminés fournis par l’hydrolyse avec HCl à 20 % d’une plastéine et de la peptone de Witte qui lui a donné naissance.
Hydrolyse chlorhydrique