‹ Les catalyseurs biochimiques dans la vie et dans l'industrieChapitre 76 sur 209 · C6H5 — CH — GN G6H5 — GH — GN · texte numérisé non relu

C6H5 — CH — GN G6H5 — GH — GN

O — C8Hu05

Amygdonitrilglucoside. Glucose.

O — Cl2H21018

Amygdaline.

Eau.

A la même époque, et avant que les travaux d’EMMERLiNG eussent paru, Hanriot apporta des données expérimentales sur la réversibilité de l’action lipolytique, qui permirent de placer définitivement les enzymes parmi les agents capables d’exercer une action synthétique résultant d’une condensation moléculaire accompagnée d’une perte d’eau. Hanriot réalisait ses expériences de la façon suivante, en employant comme source de lipase, le sérum. 1 cc. de sérum, préalablement neutralisé, était introduit dans un mélange de 10 cc. d’eau et de 10 gouttes d’une solution renfermant :

Glycérine : 5 gr. ; acide isobutyrique : 2 gr. ; eau : 125 gr.

Après un certain temps de repos à 37°, il dosait l’acidité (exprimée ici en nombre de gouttes d’une solution de carbonate de soude à 5 %0) : 1° dans le sérum S ; 2° dans le mélange acide A sans sérum ; 3° dans le mélange d’acide et de sérum (A + S). La perte d’acidité de ce dernier ne pouvait provenir que de la combinaison de la glycérine et de l’acide. Voici les résultats :

Action synthétique de la sérolipase.

Acidité disparue 15 21 29

Acidité disparue % primitive ... 30 44 54

54 °/0 de l’acide butyrique introduit se sont donc combinés à la glycérine sous l’influence de la lipase, dans des conditions de temps et de température où la combinaison directe serait

ACTIONS GÉNÉRALES

à peu près nulle en l’absence de ce ferment. Hanriot a réussi à isoler le produit formé dans la réaction. Il constata que ce corps, qui prend naissance par l’action de la lipase en solution acide, est détruit par elle en solution neutre.. Enfin, l’auteur reconnut que ce renversement de l’action de la lipase est général et s’étend même aux acides minéraux. Vers la même époque, Kastle et Lawenhardt ont étudié l’action de la diastase pancréatique sur un mélange d’alcool et d’acide butyrique et ont constaté pareillement une éthérification, c’est-à-dire la formation de butyrate d'éthyle.

Pottevin (1903) est parvenu à reconstituer les matières grasses complexes par la combinaison de la glycérine avec des acides gras élevés, en employant comme ferment la lipase contenue dans un extrait glycériné de pancréas de porc. L’auteur, après avoir fait un mélange de cet extrait glycériné et d’acide oléique pur, abandonna le tout à 35°. Il constata une diminution progressive de l’acidité et, au bout de 8 jours, il réussit à isoler du mélange une huile neutre qu’il analysa; elle fut trouvée identique à la monooléine de laglycérine.D’ailleurs, cette graisse synthétique, remise en présence d’extrait glycériné de pancréas et d’un excès d’eau, put être dédoublée en acide oléique et glycérine. Dunlope et Gilbert arrivent à des résultats analogues en se servant, comme ferment, de farine de lin déshuilée ou de graine de ricin. Fischer et Armstrong, en 1902, en faisant agir la diastase des grains de Képhyr sur un mélange de glucose et de galactose, ont obtenu l’isolactose. Enfin, tout récemment, Bourquelot et Bridel ont utilisé la propriété réversible de l’émulsine pour reconstituer des glucosides artificiels, tels que le méthyl-, l’éthyl-, le propyl-, l’isobutyl- et l’allylglucoside.

Quant à l’insolubilisation de l’amidon, que Fernbach et Wolff ont reconnu pouvoir se faire sous l’action d’une diastase spéciale, l’amylo-coagulase,il ne semble pas, d’après les travaux de Maquenne sur la rétrogradation de l’amidon, qu’on ait réellement affaire à un effet de condensation. Ce qu’on observe serait plutôt un simple changement d’état physique, provoqué par une diastase spéciale.

RÉVERSIBILITÉ DES DIASTASES.

Quoi qu’il en soit, on voit, d’après ce qui précède, que dans la famille des diastases, agissant sur les matières ternaires, on a constaté déjà plusieurs exemples de synthèse manifeste. Il était intéressant de se demander si, avec les ferments protéolytiques, on pouvait retrouver un pareil phénomène.

Réaction de Danilewsky. — En 1894, Danilewsky constata que la présure détermine dans une solution de peptone un coagulum dont les propriétés sont différentes de celles du milieu dans lequel il s’est formé. Cette observation, reprise avec soin, devint le sujet d’une thèse soutenue en 1895 à l’Université de Saint-Pétersbourg par Okuneff. Danilewsky et ses élèves attachèrent dès le début une très grande importance à ces expériences, car le précipité produit par la présure était considéré par eux comme une globuline, et le travail diastasique qui l’avait provoqué, comme une réaction de synthèse. La réaction de Danilewsky fut confirmée dans la suite par Lawrow, Sawjaloff, Kurajeff, etc., et servit de point de départ à de nombreuses recherches. On s’aperçut bientôt que la propriété de coaguler une solution de peptone n’est pas spéciale à la présure : la pepsine, la trypsine, la papayotine, la tryptase de levure, les diastases protéolytiques des différents microbes provoquent la même insolubilisation. Nürenberg constata, en outre, que les extraits d’organes, tels que le foie, le rein, ainsi que l’extrait de muscle, donnent une réaction analogue à celle de la pepsine. Le précipité formé par la papayotine a été désigné sous le nom de coagulose, tandis que le produit de la réaction des autres enzymes protéolytiques sur la peptone est appelé plastéine.

Pour étudier la réaction de Danilewsky, on procède de la façon suivante. Dans des tubes à réactif on verse 10 cc. d’une solution de peptone à 40 %, acidifiée à raison de 0.7 °/0 HCl; on ajoute une quantité de diastase, pepsine ou présure, correspondant à 3 % de la quantité de peptone employée et on plonge les tubes dans un bain à 65°. Suivant la qualité de la peptone employée, le liquide devient gélatineux, se prend en masse ou se trouble, par suite de la formation d’un précipité

PLASTÉINES.

abondant dans une masse visqueuse. Le liquide dilué dans l’eau laisse sur le filtre un précipité, soluble dans l’eau acidifiée ou alcalinisée. La vitesse de la réaction dépend, avant tout, de l’activité de l’enzyme employé, de la réaction et d’autres conditions de milieu.

Sur la nature des agents qui provoquent l’apparition des plastéines, on a émis différentes hypothèses. On a cru pouvoir conclure que la diastase coagulante ou hydratante, telle que la présure, la pepsine, la trypsine, est toujours accompagnée d’un second enzyme produisant l’action inverse. Or, d’un travail publié par Jacoby, il résulte que l’antitrypsine empêche la formation des plastéines. Le sérum agirait donc sur les deux propriétés de la trypsine : sur sa propriété hydratante, ainsi que sur sa propriété de condensation, d’où l’inutilité d’admettre une deuxième diastase, sorte de rétrotrypsine.

Influence de la température. — On constate que la formation des plastéines a lieu entre 0 et 80°.

A basse température, la réaction est très lente et incomplète. A la température de 60°, et surtout de 70°, la réaction se produit très rapidement, mais il y a déjà une destruction importante de la diastase, car la quantité de plastéine formée ne dépasse pas 10 % de celle de peptone employée. La température optima est comprise entre 37 et 40° : elle correspond au maximum de plastéine apparue dans la solution.

Influence de la réaction de milieu. — La présure et la pepsine déterminent la formation de plastéine dans un milieu faiblement acide. Dans les solutions de 20 à 40 % de peptone, on obtient les meilleurs résultats avec une acidité de 0.5 à 0.7 % HCl. Dans les solutions de peptone plus faibles, la quantité d’acide doit être réduite, attendu qu’il faut surtout éviter la présence d’acide libre qui se montre alors très nuisible.

Température.

Formation de ia plastéine.

5 jours.

26 heures.

35 minutes.

286 RÉVERSIBILITÉ DES D1ASTASES.

Influence de la réaction de milieu sur la formation DES PLASTÉINES.

Nos

Réaction de la peptone

Conditions du milieu

Volume de plastéine précipitée

Papier tournesol

Papier Congo

rouge

brun

trace HCl

brun-bleuâtre

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