DIJON
n'en possédons plus que le souvenir, car, en 1271, après environ deux cent cinquante-six ans d'existence, la chute d’une des deux tours principales écrasa ce superbe édifice. L'abbé Hugues d’Are-sur-Tille la releva de ses ruines, moins vaste et moins somptueuse, si l'on compare le monument actuel à la description de l’église de Saint-Guillaume.
La cathédrale de Dijon ne doit pas être rangée parmi les monuments les plus importants de la France ; son caractère ne présente pas cette grandeur et cette-majesté qui distinguent nos antiques basiliques. Elle n’est point cependant dépourvue d'intérêt sous le rapport artistique et historique. Bâtie en peu d'années , elle est tout entière, à l'exception du portail, d’un style pur et uniforme, de sorte que son principal mérite est de présenter un tout parfaitement homogène. Si cet édifice ne s'élève point dans ces proportions grandioses qui surprennent et causent un si vif étonnement dans nos immenses églises du centre de la France, comme au Mans, par exemple, il possède au moins l'avantage de l’harmonie et de la simplicité. Dans notre architecture chrétienne, il faut moins considérer la richesse des ornements intérieurs que l'impression qui résulte de la gravité majestueuse de l’ensemble. Aussi nous ne pouvons consentir à souscrire à de certains éloges prodigués sans discernement à quelques églises où Part a étalé toute sa magnificence et toute sa fécondité, lorsque, dans ces mêmes églises, on déprécie injustement le caractère sévère de l'architecture et ce que l'on voudrait appeler la . nudité des lignes et la disposition monotone des larges surfaces et des grandes ouvertures. La cathédrale de Dijon na
pas reçu beaucoup d’ornements, mais elle offre un des pre-
miers éléments de l’art chrétien, c’est-à-dire l'unité et la dignité simple et noble.
L'intérieur de l’église de Saint-Bénigne est fort intéressant pour l’antiquaire observateur, précisément parce qu’il ne montre point ces bigarrures de style, qui peuvent être quelquefois pittoresques, mais qui sûrement ne sont jamais une qualité louable. Le plan est régulier et conserve la disposition des édifices religieux à la seconde période architectonique romano-byzantine. Le transsept, peu prononcé, mexcède pas au dehors les murs des bas-côtés. Le chœur, d’une dimension peu considérable, n’est pas entouré de nefs cireulaires ni de chapelles latérales. La partie supérieure de l'église est terminée par trois absides en hémicyele. Cest un fait assez remarquable à signaler dans les édifices de la fin du treizième siècle.
La nef, soutenue sur huït piliers isolés, qui correspondent à autant de massifs engagés dans les murs des bas-côtés, forme un vaisseau d’une assez belle étendue. Elle est précédée d’une sorte de vestibule intérieur, un vrai pronaos, qui donne à l'entrée une physionomie toute particulière.
La longueur totale de l’église de Saint-Bénigne est de soixante-huit mètres , sans y comprendre le porche extérieur ; la largeur des trois nefs réunies est de vingt-neuf mètres, et l'élévation la plus considérable sous voûte est de quatorze mètres trente-trois centimètres.
C'était dans cette vénérable basilique que jadis les anciens ducs venaient prendre possession des États de Bourgogne et juraient, au pied des autels, la conservation des priviléges
de la province, de la ville et de l’abbaye, avant de recevoir,