X. L’anneau du pape Grégoire XI, qui avait été grand-ar
chidiacre de Sens. C’est une améthyste sur laquelle on a gravé le nom de Grégoire, la date de 1378, une tiare et un christ.
XI. Plusieurs bas-reliefs en argent, de grande dimension, destinés à décorer la chässe de saint Loup et celle des saints Savinien et Potentien.
XII. Quatre magnifiques contre-retables en tapisserie, brodés en soie et en or. Le premier, qui date du temps de Charles V, représente l’adoration des Mages. On croit qu'il a été donné à l'église de Sens par le cardinal Louis de Bourbon-Vendôme, archevêque de cette ville. On y voit les armes de sa famille et la devise nespoir , ne peur, avec le chiffre Cf en gothique ; c'était celui de Charles de Bourbon, l'un des ancêtres du cardinal.
La seconde tapisserie, qui est du treizième siècle et d’un plus beau travail, représente d’un côté David couronnant Bethsabée, de l'autre, Esther aux pieds d'Assuérus, et au milieu, le couronnement de la Vierge. On croit que cette tapisserie a, été faite à Nancy. On l’appelait le parement de la reine Marguerite.
La troisième tapisserie représente une descente de croix; on y voit aussi saint Michel terrassant le dragon, et saint Étienne portant une palme. Dans la partie inférieure on a placé la création du monde et le déluge; ces mots : Memento cinis es, y sont répétés plusieurs fois. Dans le haut on lit ces paroles : In salicibus in medio ejus suspendimus organa nostra (Ps. 136).
Enfin la quatrième tapisserie représente une Gloire avec des anges jouant de divers instruments de musique. On y voit aussi,
comme dans la première, les armes du cardinal de Bourbon.
SENS. 305 XIIT. Les habits pontificaux de saint Thomas Becket, ar-
chevèque de Cantorbéry : une chasuble , une aube, une étole, un manipule, un cordon, deux mitres et deux collets. Ce courageux archevêque, persécuté par Henri IT, roi d’Angleterre, s'était réfugié à Sens en 1162.
Nous ne pouvons terminer cette notice sans dire un mot des deux fameux bourdons de la cathédrale de Sens. Ce sont, en France, deux des plus beaux corps sonores existants. Ils furent fondus en 1560. En l’honneur des deux apôtres sénonais, la première cloche fut baptisée sous le nom de Savinienne, et la seconde, sous celui de Potentienne. D'après une évaluation récente, faite d’après des règles propres à donner une grande exactitude, le poids de Savinienne monte à quinze mille cinq cent quatre-vingt-cinq kilogrammes, et celui de Potentienne, à treize mille huit cent soixante-cinq kilogrammes. Le son de Savinienne est un la bémol, et celui de Potentienne, un fa dièze.
Nous ne parlerons ici du tombeau du dauphin et de la dauphine que pour mémoire. Il est en marbre, et travaillé avec toute la perfection de la sculpture au dix-huitième ‘siècle. C’est une preuve de plus à ajouter à toutes celles qui attestent la funeste déviation de l’art national; partout des allégories mythologiques et des symboles païens. On y voit le Temps avec sa faux , l'Hymen avec des urnes, le Génie des arts, etc., représentés sur toutes les faces. Ce monument conviendrait bien mieux à un héros de Sparte ou d'Athènes qu’à un prince chrétien. Quand l'inspiration religieuse à disparu de l'art, on ne peut trouver que des conceptions
profanes et souvent indécentes !
SAUMRE = CR OAX
"ÉGLISE d'Orléans est riche de souvenirs. Fondée dès la plus haute antiquité ecclésiastique, - elle fut gouvernée par une foule d’évêques
aussi distingués par leurs talents que par
: leurs vertus; plusieurs d’entre eux , placés au rang des saints et honorés sur nos autels, en sont devenus
les puissants protecteurs. De nombreux conciles, où se déci-
a dèrent les plus importantes questions de discipline religieuse «4e et séculière, où se trouvèrent réunis les plus augustes pon- ‘> : tifes, ajoutèrent encore un nouvel éclat à son illustration. ; 4 Capitale d'un royaume pendant plusieurs siècles, ville im-
portante dans tous les temps, Orléans a vu plusieurs fois dans sa cathédrale l’importante cérémonie du sacre des rois. Charles le Chauve, Eudes, Robert, Louis le Gros,
Louis le Débonnaire et Louis le Jeune y reçurent solennel-