‹ Les cathédrales de FranceChapitre 25 sur 109 · DE LIMOGES · texte numérisé non relu

DE LIMOGES

AINT Martial est le fondateur de l’église épis- 2 copale de Limoges. Envoyé dans les Gaules

« sous l'empire de Décius, vers le milieu du

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troisième siècle, au témoignage de saint Gré-

goire de Tours, il faisait partie de cette admirable légion d’apôtres qui avaient reçu mission du pape saint Fabien. A cette époque, Limoges n'avait pas encore repris son nom véritable, la flatterie l'avait changé en celui d’Augustoritum, en l'honneur du premier empereur romain. La ville était remplie de monuments de toute espèce, témoins de sa grandeur et de sa puissance. On y voyait un capitole, un ampbhithéâtre, un grand nombre de temples et d’édifices

publies et privés. Mais dans les guerres sanglantes qui suivirent la chute de l'empire romain, elle déchut promptement de sa première magnificence. Les peuples barbares qui étaient descendus, à la voix de Dieu , des contrées du nord pour se partager les dépouilles d'un empire énervé, renversèrent de fond en comble les monuments dont elle avait été si fière. L'église primitive de Saint-Étienne fut détruite à plusieurs reprises différentes, surtout par les Visigoths et par les Normands, en 836. Plus tard , elle fut encore brülée par le roi Pépin le Bref, dans ses démêlés avec Waïfre, duc d'Aquitaine. Elle avait été bâtie, selon la tradition, sur l'emplacement d’un temple dédié à Jupiter.

L'église actuelle de Saint-Étienne est un édifice ogival du plus grand mérite. Les diverses parties qui la constituent appartiennent à toutes les époques de l'architecture gothique. Le monument fut commencé en 1270, continué durant tout le quatorzième siècle, abandonné pendant la plus grande partie du quinzième, repris à la fin de ce même siècle et au commencement du seizième; il fut entièrement laissé vers 1537, à peu près dans l’état où nous le voyons aujourd'hui. Le chœur et l’abside doivent être comptés parmi les œuvres les plus pures et les plus grandioses du style ogival primitif et secondaire, tandis que le transsept et les trois travées de la nef accusent ouvertement les caractères du style flamboyant, avec ses qualités ét avec ses défauts. Comme la cathédrale de Beauvais, l'église de Limoges est restée imparfaite; trois travées, élevées seulement à la hauteur de trois mètres, semblent attendre qu'une génération bien inspirée

vienne les achever. Cette construction, devenue ruine avant

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