DE MARSEILLE
3 ’ÉTABLISSEMENT d’une église épiscopale à Mar-
j seille remonte aux temps apostoliques. Cette glorieuse antiquité doit être comptée au nom- ! bre de ses plus beaux titres d'honneur. Le premier évêque, saint Lazare, est le même qui fut ressuscité par Jésus-Christ et qui mérita d'être appelé son ami. Après l'ascension du Sauveur, il vint prècher la foi aux habitants de l’ancienne cité de Massilia , et sa mission porta des fruits abondants. La basilique primitive éprouva de rudes assauts. Les Visigoths, les Burgundes et les Francs prirent successivement la ville et y portèrent le ravage et l'incendie. En 735 les Sarrasins s’emparèrent de Marseille, la bouleversèrent de fond en comble et détruisirent ce qui
restait de monuments antiques. Vers le milieu du dixième
siècle, elle passa sous la domination des comtes d’Arles ou de Provence, qui la gouvernèrent jusqu'à 1218, époque où les vicomtes qui exerçaient alors la puissance, vendirent leur droit de souveraineté, à la ville qui fit refleurir les institutions républicaines. Quelques années plus tard, Charles d'Anjou, héritier du comte Bérenger, par sa femme Béatrix, réunit sous son autorité le domaine qui dépendait autrefois des comtes de Provence. Plusieurs révolutions agitèrent encore la ville, et ce fut toujours au détriment des monuments et des établissements publics; c’est ainsi qu’en 1422, Alphonse d'Aragon s’en empara et la détruisit en partie.
La cathédrale de Marseille, bâtie, suivant la tradition, sur l'emplacement d’un temple de Diane, offrait encore au neuvième siècle de belles colonnes avec chapiteaux d'ordre dorique et d'ordre corinthien, arrachées à l'édifice païen. Dans l'origine elle fut consacrée sous le vocable de Saint-Lazare; mais , dans la suite, elle fut placée sous la protection de la sainte Vierge, au titre de son assomption. Dès le temps de Charlemagne , nous voyons des chartes dans lesquelles elle est désignée sous le nom de Notre-Dame de Marseille; plus tard elle fut appelée Ecclesia major, et dans le langage du peuple elle à toujours conservé ce dernier nom. En 1050, l’'évèque Ponce IT rétablit le chœur, qui tombait de vétusté. Restaurée à plusieurs reprises, la Major ne présente aucun signe d’antiquité, si ce n’est aux murs de l’abside, échappés aux réparations qui ont défiguré le monument. Cette partie, caractérisée à l'extérieur, paraît appartenir au travail du onzième siècle; le clocher avait été rebâti en 1390, ainsi
que le porche occidental, par Paul de Sado.