‹ Les cathédrales de FranceChapitre 29 sur 109 · MARSEILLE · texte numérisé non relu

MARSEILLE

Le plan de cette cathédrale est très-irrégulier, et l’ensemble ne répond nullement à la dignité de l'Église de Marseille. Cet édifice est le plus pauvre de la ville, qui n’est pas riche en monuments religieux remarquables. Autrefois le portail principal d'entrée était à l'occident, il est actuellement au midi. La nef ne présente en étendue que trois travées fort massives; elle est coupée par une grande chapelle, dédiée à la sainte Vierge, dans la direction de la porte d'entrée. Cette construction, d'un style moderne et sans noblesse, est presque aussi vaste que le reste de la cathédrale; elle forme, pour ainsi dire, une église indépendante. Le chœur, situé en face de la nef, s'élève de plusieurs degrés; il est recouvert d’une coupole sans grâce et sans légèreté. On dirait que la solidité faisait le seul embarras des architectes de cet édifice, et qu'ils en ont oublié l'ornementation. Le chœur, comme l’église entière, est recouvert de larges dalles qui font voûte.

Plusieurs monuments accessoires attirent l’attention, Un tombeau antique, bien conservé, présente des personnages sculptés en haut-relief; on y distingue un philosophe assis, conversant avec ses disciples debout ; sur les faces latérales on voit une figure également debout, ayant à ses pieds quelques volumes contenus dans un scrinium, et paraissant recueillir avec attention les enseignements du philosophe; du côté opposé, un jeune homme tient à la main un style dont il semble disposé à faire usage.

Dans la chapelle du Saint-Sacrement on trouve un basrelief byzantin en marbre blanc, dans le même goût que le sarcophage. Au centre est la sainte Vierge, tenant Jésus enfant sur ses genoux; deux évêques, saint Lazare et saint

Cannat, l’accompagnent de chaque côté. Les figures sont posées sous trois portiques, séparés les uns des autres par des colonnettes engagées. Les angles sont ornés de la figure emblématique des quatre évangélistes. On attribue généralement ce travail au onzième siècle.

Un autre monument de la renaissance italienne, sculpté par un artiste florentin, constitue l’autel de Saint-Lazare; il est situé près de la sacristie. Au milieu l’on voit le saint en . costume épiscopal, dans la compagnie de ses sœurs; à droite, sainte Marie-Madeleine tenant un vase de parfums, et à gauche, sainte Marthe tenant enchaïnée la fameuse tarasque de Tarascon. Les dessins sont tracés avec goût et exécutés avec cette verve qui caractérise le génie de l’époque.

Du côté de l'épitre, dans la chapelle de la Sainte-Vierge, on voit le tombeau de l’évêque Jean-Baptiste Gault, né à Tours et mort à Marseille en odeur de sainteté, le 23 mai

Le baptistère est une œuvre moderne, exécutée sur les plans et sous la direction de J..Puget.

En finissant cette notice, si nous voulions comparer cette église à nos autres cathédrales de France, nous serions obligés de dire qu’elle est une des plus insignifiantes et des moins monumentales.

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