DE FRÉJUS
otÿe
EU de villes en France sont aussi curieuses que Fréjus sous le rapport des monuments et Construite à une époque très-recu-
lée par une colonie celto-lygienne, rendue
rie florissante sous la domination romaine, par Jules César, qui la prit en affection et lui donna son nom, cette ville fut ornée d’édifices somptueux propres à attester sa splendeur et son importance. Malgré les ravages du temps et les dévastations causées par plusieurs invasions successives et terribles, les restes imposants qui ont survécu aux siècles peuvent nous donner une haute idée du degré de prospérité que la vieille cité avait atteint sous la protection
du premier des empereurs romains. Auguste, qui sembla
manifester en plusieurs occasions une prédilection marquée pour Fréjus, la combla de-priviléges et se plut à l'embellir. C’est à la munificence de ce prince que l’on doit la construction de l'amphithéâtre, d’un temple et du grand aqueduc dont on admire encore aujourd’hui les ruines gigantesques.
Cette ville est bien déchue de son ancienne gloire; elle ne possède plus aujourd’hui que des débris de sa magnificence. La religion, qui semble communiquer son immortalité dès ici-bas aux choses qu'elle consacre, seule lui conserve encore de la grandeur et de la vie. L'église épiscopale de Fréjus est toujours restée belle et radieuse au milieu des décombres qui l'environnent. |
La religion chrétienne fut prêchée de bonne heure aux habitants de Fréjus; le zèle des missionnaires ne pouvait oublier une ville célèbre et très-peuplée, connue par son industrie et par l'étendue de ses relations extérieures. La première basilique éprouva le sort commun à toutes les églises dont nous traçons l’histoire; à des époques rapprochées, elle périt victime des fléaux de la nature, et plus souvent encore des fureurs de la guerre. La ville fut prise et saccagée plusieurs fois par les Barbares et par les pirates, et le monument sacré ne fut Jamais épargné. En 940, les Sarrasins abattirent une grande partie des murailles, en détruisirent les tours les plus fortes , pillèrent les maisons. et les incendièrent. A la place de la croix ils arborèrent le croissant, promenant partout leur haine brutale et sacrilége, partout accumulant des ruines. Ils avaient toujours ardemment convoité cette belle et riche Provence, qui semblait
leur promettre la possession du reste de la France. Ils ne