‹ Les cathédrales de FranceChapitre 53 sur 109 · DE BLOIS · texte numérisé non relu

DE BLOIS

exe

.E christianisme fut prèché .dès là fin du troisième siècle à toutes les cités importantes baignées par les'eaux de la Loire. Il est pro-

% bable que la ville de Blois reçut la parole

évangélique à la même époque, quoique nous ne possédions aucun documént historique pour l’assurer positivement. Le premier oratoire chrétien bâti dans son enceinte nous est entièrement inconnu jusqu'au sixième siècle, où Sigebert en fait mention dans sa chronique à l’année 550, et nous apprend qu'il était dédié au prince des apôtres. Saint Grégoire de Tours, dont on ne peut s'empêcher de citer le nom dans toutes recherches sur nos antiquités historiques, raconte, au livre de la Gloire des Confesseurs, comment il fit

transporter dans l’église de Saint-Pierre de Blois la dépouille mortelle de saint Solenne, l’an 589.

Ce saint évèque de Chartres, dont le nom fut en grande vénération pendant le moyen âge, mourut, selon la tradition, en 509, à Maillé, aujourd’hui Luynes en Touraine, où il avait accompagné Clovis, qui lhonorait, de toute sa confiance. Le corps de saint Solenne reposa longtemps dans une église dédiée à Notre-Dame, et qui, plus tard, changea son nom en celui de Saint-Venant, près de la grande basilique élevée sur le tombeau de saint Martin, à Tours. L'église ayant été ruinée par la fureur des païens, on ignorait le lieu où se trouvaient les saintes reliques, lorsque le 13 janvier 589, sous le pontificat de saint Grégoire, Dieu, par deux prodiges éclatants, fit connaître l’endroit qui possédait les restes de son serviteur. Les reliques du bienheureux évêque furent transportées à Blois avec la plus grande pompe, au milieu

des populations accourues de tous côtés. La possession de ce précieux trésor et la confiance des peuples causèrent le changement du vocable de l’église de Saint-Pierre en celui de Saint-Solenne. Ce dernier nom traversa bien des siècles et fut remplacé par celui de Saint-Louis, que porte la cathédrale actuelle, comme nous le verrons prochainement. Blois, à celte époque, ne possédait pas les honneurs d’un siége épiscopal : tout ce pays était compris dans le diocèse de Chartres.

Vers l'année 650, le nombre des fidèles croissant toujours êt la dévotion de saint Solenne attirant un nombre considérable de pèlerins à son tombeau, on résolut de rebâtir l'église

de Saint-Pierre, que quelques auteurs désignent simplement

BLOIS. M5 sous le nom de crypte. Cette seconde construction, plus vaste et plus ornée que la première, devenue église paroissiale, eut encore son principal autel dédié à saint Pierre, selon les traditions antiques qui exigeaient que les autels fussent placés sous linvocation d’un martyr; mais dans le langage popu- : laire, le nom de saint Solenne fut seul connu. En 1016, cet édifice, ruiné par le temps et devenu d’ailleurs insuffisant pour les besoins du culte, fut reconstruit sur le même emplacement, mais dans des proportions plus développées. Pour aider à l'œuvre sainte, que les ressources des fidèles ne ‘pouvaient terminer, Leuthgarde de Vermandois, veuve de Thibault dit le Vieux, et ses enfants Eudes 1° et Hugues, archevèque de Bourges, firent des dons considérables et y fondèrent un chapitre séculier. Le nouveau monument appartenait à la renaissance de l'architecture au commencement du onzième siècle, et devait offrir les caractères de cette ma- Jestueuse architecture romano-byzantine, qui nous à laissé non loin des bords de la Loire des édifices si remarquables ,

‘bâtis à la même époque. Les largesses des comtes de Blois et de l'archevêque de Bourges nous donnent à penser que toutes les ressources de l’art y avaient été employées, et que, suivant le langage de Raoul Glaber, une noble et blanche basilique avait succédé à la vieille et noire église de Saint-Solenne. Cet édifice devait exister à peine .quatre-vingt-dix années. Thibault le Grand, comte de Blois, le réédifia avec le plus noble dévouement; les travaux en furent achevés le 8 des

calendes de juillet 1106.

Le chapitre séculier fondé par Leuthgarde et ses enfants ,

au commencement du onzième siècle, ne pouvait subsister

à cause de l'extrême modicité de ses revenus. En 1132, Thibault, du consentement de Godefroy, évèque de Chartres, donna à l’abbaye de Bourg-Moyen tous les droits qu'il pos- : sédait sur la prébende de Saint-Solenne.

Le monument élevé en 1106 menaçait déjà ruine sous le règne de Charles VI; en 1390 on fut obligé de le démolir. “Alors on jeta les fondements de deux tours, dont une seule fut élevée ; elle sert aujourd'hui de base au clocher actuel. La construction fut entreprise sur un plan plus grandiose et plus somptueux, mais l’histoire de l'église de Blois ne peut être que l’énumération de ses désastres. En 1544 , d’effroyables calamités nécessitèrent de nouveau sa reconstruction. Peu de temps après, en 1568, les calvinistes s'en emparèrent et se portèrent aux excès les plus odieux. Non-seulement ils pillèrent tous les objets précieux, mais encore ils arrachèrent de sa chässe les ossements vénérés de saint Solenne, les brûlèrent et en jetèrent.les cendres au vent.

Rendus à des temps plus sereins, les catholiques de Blois : en 1609, construisirent la tour, surmontée de son petit dôme à jour, qui domine encore et la cathédrale et la ville. Cette tour seule, solidement bâtie » Put résister aux coups de l’horrible tempête qui, dans la nuit du 5 au 6: juin 1678, fondit sur la ville et sur les campagnes voisines. L’ église fut entiè-. rement renversée, à l'exception de quelques parties peu importantes, d’un petit nombre de piliers et de plusieurs chapelles accessoires, du côté méridional. |

Les suites du fléau furent affreuses dans toute la cité ;

. beaucoup de citoyens souffrirent des pertes immenses. Tou-

chées de tant d’infortune, Marie Charron, épouse du marquis

BLOIS. à 447

de Colbert, ministre des finances de Louis XIV, et la marquise de Soumeri, sa sœur, supplièrent le roi de relever l’église de ses ruines et de consoler tant d’afflictions. Leurs vœux furent entendus : Louis XIV ordonna la restauration complète de l’église de Blois. Le nouvel édifice fut consacré le 9 juillet 1730 sous la protection de saint Louis, pour perpétuer à jamais le souvenir de la générosité du roi.

L'érection de l'évêché de Blois ne date que de l'année 1693; le premier évèque fut M. David-Nicolas de Berthier, nommé le 22 mars de la même année; mais il ne prit possession de son siége que le 15 juillet 1697. Ce fut son successeur, M. Jean-François-Paul de Caumartin, qui fit la dédicace de l’église de Saint-Solenne, et qui la placa sous l'invocation de saint Louis. L'évèché de Blois avait été supprimé en 1801 et réuni à celui d'Orléans, mais il fut rétabli par le concordat de 1817.

La cathédrale de Saint-Louis serait un monument remarquable pour l’archéologue si elle avait conservé les traces des différents styles qui furent employés à sa construction. Dans son état actuel, elle est de beaucoup inférieure à une autre église de Blois, simple église paroissiale sous le titre de Saint-Laumer ou de Saint-Nicolas, qui doit être placée au premier rang parmi nos édifices religieux de la période transitionnelle au douzième siècle. Si l’on excepte quelques ogives du seizième siècle, la cathédrale appartient à cette architecture froide et païenne qui fleurit en France sous la protection de Louis XIV, et qui éleva de si nombreux édifices à Paris et quelques-unes de nos cathédrales, comme

celles de Versaillés et de Pamiers. L'église est composée

d’une large nef, de deux collatéraux garnis de chapelles et d'une nef déambulatoire bâtie autour du rond-point de l’abside par les soins du premier évêque. L'ensemble de l’église est généralement monotone et sans caractère ; les voûtes, avec leurs nervures à vives et fortes arrètes sont bien jetées et posent convenablement sur les piliers. Les cinq grandes fenêtres du chœur, percées dans de larges proportions, produisent un bel effet; les piliers, beaucoup trop massifs, se composent d'un tore à contours indécis et de cinq colonnettes engagées. Ces lourds supports, sans chapiteaux, sont surmontés d’une bande saillante, sur laquelle sont sculptés divers sujets assez difficiles à expliquer. On croit distinguer dans un endroit deux anges debout, soutenant un linge qui semble être le voile de la sainte Vierge conservé dans la cathédrale de Chartres, église-mère de Saint-Louis de Blois avant la création du siége épiscopal. Les autres bandes sont simplement ornées de feuilles variées d’un type plus ou moins grec.

Dimensions de la cathédrale de Blois : longueur dans œuvre, Soixante mètres; largeur totale dans œuvre , trente mètres quatre-vingts centimètres ; hauteur de la nef , Sous clef de voûte, dix-huit mètres soixante-dix centimètres ; hauteur des latéraux, huit mètres soixante-dix centimètres ; élévation du clocher, cinquante mètres.

SARNT-HAHHUS

"ÉGLISE épiscopale de Langres a de tout temps

joui d’une illustration bien méritée, à cause ; de sa vénérable antiquité. Dans ces dernières f années, elle à grandi considérablement dans l'esprit des antiquaires chrétiens, à cause du earactère original de son architecture. Le christianisme fut prèché de bonne heure aux Lingones, populations pleines de courage et de générosité, dont les anciens historiens et géographes ne parlent qu'avec honneur. Saint Bénigne, qui reçut à Dijon la couronne du martyre, et qui, plus tard, devint le protecteur de cette ville, en recevant un culte solennel sur ses autels, fut le premier apôtre de cette contrée vers la fin du

troisième siècle. La ville de Langres, à l’époque de l'invasion

des Barbares, subit de nombreux et cruels désastres; prise et brûlée par Attila, elle se rétablit pour éprouver le même sort sous le règne d’Honorius, lors. de la grande migration des Vandales vers le midi de l'Europe, en 407. Peu de temps après, elle tomba au pouvoir des Burgundes, et sous leur domination elle ne put jouir que d’une paix fréquemment interrompue par des orages de toute espèce. L'église primitive ne fut point, sans doute, soustraite aux malheurs communs, mais nous manquons de documents positifs pour suivre pas à pas l’histoire des vicissitudes qu’elle eut à traverser pendant les premiers siècles de la féodalité. Pierre le Vénérable, abbé de Cluny , appelle la basilique de Langres noble, grande et illustre. Saint Bernard en parle également avec éloges, voulant s'exprimer non-seulement sur l’Église spirituelle, mère de nombreuses Églises conventuelles et paroissiales, mais encore sur l'édifice matériel, construit dans de belles proportions et dans un style très-convenable.

Le monument actuel de Langres est un des plus äimportants en France, au point de vue de l’histoire des arts religieux. Avec la cathédrale d’Autun , élevée sous les mêmes inspirations , et quelques autres églises peu nombreuses, il représente une des phases les plus curieuses et les plus importantes de l'architecture chrétienne. L’intérèt qui s'attache à la connaissance des monuments attribués à l’école bourguignonne est absolument le même, dans un genre différent, que celui qui regarde les constructions byzantines du Périgord, du Quercy et de l’'Angoumois. Leur étude attentive est trèspropre à faire évanouir une foule de prétentions chiméri-

ques, soulevées à leur sujet, principalement par les anti-

quaires des deux derniers siècles ; elle n’est pas moins propre à nous faire apprécier d'une manière plus juste l'influence exercée par l'imitation des monuments romains sur les procédés usités dans l’art de bâtir, dans les contrées où il en restait des débris importants. L’attention des archéologues français a déjà été vivement émue au sujet de cette construction originale, par quelques lignes publiées par M. de Caumont, dans le Bulletin monumental. Pour nous, nous considérons l'église de Langres comme un de ces rares édifices privilégiés destinés à servir de types et de points de comparaison dans les recherches des hommes patients et laborieux qui suivent les développements et les progrès de notre architecture catholique : nous sommes convaincus qu’une monographie complète, accompagnée de détails graphiques consciencieusement rendus, remplirait une lacune dans l'étude de nos monuments nationaux, et serait accueillie avec un vif empressement de tous les amis de nos antiquités chrétiennes du moyen âge.

Une tradition constante veut que l’église cathédrale de Saint-Mammès ait été bâtie sur l’emplacement d’un temple antique, et cette tradition peut bien être véridique. Ce temple païen est attribué généralement à Jupiter Ammon, opinion qui ne semble pas appuyée sur des autorités bien puissantes; divers auteurs, entre autres Tabourot, en ont cru voir un reste dans labside de cette église, et en ont même indiqué l'entrée et la décoration. Les colonnes, ornées de têtes de béliers et de chapiteaux corinthiens, ont donné naissance à cette fable, débitée sérieusement par plusieurs

historiens de Langres. Cette décoration , qui ne remonte pas

au delà de la fin du onzième siècle, ainsi que nous l’indiquerons bientôt, a été exécutée sur le modèle de l'arc de triomphe qui se trouve encore dans les anciennes murailles de la cité. Plusieurs écrivains ont parlé de cet arc de triomphe en cherchant à faire connaître l’influence qu'il avait eue sur l'imagination des architectes, constructeurs de la cathédrale ; nous-mêmes, nous en avons dit quelques mois ailleurs, en indiquant les diverses écoles qui régnèrent en France aux mêmes périodes architectoniques dans le cours du moyen âge. Avant de donner la description de la cathédrale de Langres telle qu’elle se présente aujourd’hui à l'observateur, nous croyons utile de placer ici quelques détails sur l’arc de triomphe le mieux conservé. Nous empruntons ces détails à un travail savant de M. Luquet, architecte, intitulé : Antiquitès de Langres.

Le seul grand monument conservé à peu près intact dans la ville de Langres est l'arc de triomphe enclavé dans la muraille du rempart, entre les portes du Marché et de Saint- Didier. Cet are regarde le nord-ouest, et termine la voie romaine qui de Langres se rendait au camp de Sainte-Germaine, près de Bar-sur-Aube. La beauté de cet are, qui, presque dépourvu d'ornements, frappe au premier coup d'œil par l'élégance de ses proportions, a fixé l'attention de tous les antiquaires qui ont pu l'observer; cette même élégance leur à fait regarder comme erronée l'opinion traditionnelle qui en assigne la construction au comméncement du quatrième siècle. Mais une observation qui n'a pas été faite, c'est qu’à l'inverse de presque tous les autres monuments, cet arc perd à être dessiné, surtout géométrique-

ment; ce qui tient sans doute à des conditions de perspective.

L'arc, tel qu’il nous reste aujourd'hui, est à peu près complet sur la face extérieure, à l'exception de l’attique qui n'existe plus depuis un temps immémorial. La décoration se compose de cinq pilastres corinthiens, dont deux à chaque extrémité et un dans le centre, séparant deux grandes arcades d'égale hauteur entre elles. Des cinq chapiteaux, trois sont bien conservés. L'architrave est également bien conservée, à l'exception de quelques parties détruites pour pratiquer des meurtrières et des embrasures; la frise était ornée d’armures sculptées en demi-relief et formant une suite continue de faisceaux où l’on remarque surtout des boucliers de différente forme. Dans la corniche très-dégradée, à peine peut-on distinguer quelques modillons mutilés, des oves et des denticules à peine indiqués, dont la découpure est loin de la pureté et du relief des beaux temps du haut-empire.

Les arcades sont accompagnées d’archivoltes bien nettes encore et d’une belle exécution, reposant sur des impostes profilées du côté des pilastres comme à l’intérieur des arcades; ces impostes sont, en outre, supportées par une sorte de pieds-droits ayant la même largeur que l’archivolte, mais dont la saillie est peu sensible. Cette disposition indique encore une époque qui s’écarte déjà du beau style de l’art romain. Une autre imposte profilée de chaque côté se continue entre les pilastres; les cannelures qui décorent ces derniers sont pleines dans la partie inférieure, et ne sont pas trèsprofondément senties. Les feuilles des chapiteaux ne sont pas

non plus découpées avec beaucoup d'élégance. L'appareil est

d’une très-grande beauté et ne le cède en rien à celui qu’on admire dans les plus célèbres constructions antiques. On a émis bien des conjectures sur l’origine de l’are de triomphe dont nous venons de donner une esquisse : l'opinion la plus vraisemblable est qu'il date du règne de l'empereur Marc- Aurèle. Les principales dimensions sont ainsi établies : longueur totale au-dessus de la base, dix-neuf mètres quatrevingt-quinze céntimètres ; hauteur depuis le pied du socle jusque sur la corniche, dix mètres soixante-dix centimètres ; largeur dans œuvre des arcades, quatre mètres vingt-cinq centimètres; hauteur sous clef, sept mètres quatre-vingtquinze centimètres.

L'ensemble de la cathédrale de Saint-Mammès n'est pas antérieur à la fin du onzième siècle ou même au commencement du douzième. Le cloître, démoli au quatorzième siècle par Louis de Poitiers, évêque de Langres, avait été construit à la même époque, c’est-à-dire à l’époque transitionnelle. Nous ne possédons à ce sujet aucun écrit historique, mais en l’absence d’autres titres formels, l'architecture parle assez haut. Les caractères du style de transition sont évidemment empreints sur toutes les murailles, au milieu des particularités qui font de l'édifice de Langres un monument à part. Les moulures arrondies dominent dans tous les membres les plus importants de l'architecture, et l’arcade ogivale vient mêler sa forme affranchie aux pleins cintres romans conservés de l'antiquité.

Le plan de la cathédrale de Langres représente la croix latine avec trois nefs collatérales et nefs déambulatoires. Les

dimensions en sont pleines de dignité, sans être colossales.

En parcourant les parties les’ plus dignes d'intérêt dans cette église curieuse à tant de titres, nous trouvons d’abord que , les ogives apparaissent à peu près constamment dans les arcades inférieures et dans les voûtes, tandis que le plein cintre se montre aux portes, aux fenêtres et au triforium. Dans le cours du treizième siècle, les fenêtres de l'extrémité de l'’abside ont été refaites. Enfin, dans les siècles suivants, quatorzième , quinzième et seizième, des chapelles accessoires ont été bâties autour de l’abside et des bas-côtés. Il suffit de nommer les dates de leur construction pour en indiquer le style et la décoration.

Dans la grande nef et au commencement de l’abside, la voûte est soutenue sur des piliers carrés, ornés de pilastres cannelés, surmontés de chapiteaux corinthiens. L’abside est supportée par huit colonnes monocylindriques, également à chapiteaux corinthiens. Des pilastres de mème ordre séparent les arcades du triforium, à l'exception des arcs de l’extrémité du chevet, où les pilastres alternent avec des colonnes géminées, dans le sens de l’épaisseur du mur. C’est ici que nous voyons clairement limitation de l’arc de triomphe romain. Ces chapiteaux à feuilles d’acanthe et ces cannelures exécutées avec goût communiquent au monument une physionomie que l’on retrouve rarement ailleurs. Les arcs à plein cintre des portes sont formés de nervures concentriques, couvertes de feuillages, de rinceaux qui reposent sur des colonnettes et des pieds-droits couronnés de chapiteaux bizarres. C’est une ornementation assez riche et qui rappelle, jusqu’à un certain point, les végétations murales des églises contemporaines de la Saintonge et du Poitou.

L'ancien portail a été remplacé par une nouvelle construction de 1761 à 1768. Que pouvons-nous en dire, sinon que ce frontispice se distingue par l’accumulation de tous

les défauts de l’architecture du dix-huitième siècle!

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CATHIDRALE L'AJAGCRO

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