DE BESANÇON
ESANÇON ;, comme autrefois plusieurs villes de
! France, et comme Lisbonne encore en ce mo-
;) . , Q 4 , el { ment, avait deux églises cathédrales, l’une sous
AR l'invocation de saint Étienne, premier martyr, l’autre dédiée à saint Jean-Baptiste. Ce dernier édifice avait eu primitivement pour destination de renfermer le baptistère public, au temps où le baptème s’administrait solennellement et seulement la veille des plus grandes fêtes chrétiennes. Il était entièrement isolé de l'église où l’évêque avait fixé son siége, ainsi que cela eut lieu fréquemment aux premiers siècles de l’Église. Par la suite des temps, les deux monuments reçurent les mêmes titres et partagèrent les mêmes honneurs.
Au moyen âge, les chanoines des deux églises eurent de
fréquents démèlés pour la défense de leurs droits et de leurs priviléges respectifs. Plus tard les officiers du génie militaire devaient brutalement mettre un terme à l’existence d’un des plus célèbres chapitres de la chrétienté, en détruisant l’une des deux cathédrales. L'église de Saint-Étienne, bâtie sur le mont Cœlius, fut renversée lors de la construction de la citadelle. À cette époque, plusieurs monuments très-recommandables furent sacrifiés à des exigences mal inspirées. Cette église avait servi de sépulture à plusieurs comtes de Bourgogne; les restes de ces princes furent transférés dans la basilique de Saint-Jean et déposés dans une tombe avec une épitaphe qui a disparu dans dgs jours de troubles, parmi tant d'autres débris.
Le christianisme pénétra de bonne heure dans l’antique cité de Besancon, élevée au rang de métropole de la Grande- Séquanie , sous l'empire d'Auguste. L'église qui s’y forma demeura quelque temps sous la dépendance de la primatiale de Lyon; un peu plus tard elle jouit des insignes d'église métropolitaine qu’elle a toujours conservés depuis. Plusieurs fois ruinée par les hordes germaniques, dévastée par Attila, la ville de Besançon s’est constamment relevée de ses désastres, et son église épiscopale, soumise aux mêmes calamités, fut toujours rebâtie plus grande et plus somptueuse. Nous ne suivrons pas toutes les vicissitudes qu'elle éprouva en traversant des siècles qui, dans l’Europe entière , furent signalés par des agitations continuelles et par d'innombrables malheurs. L'histoire des deux cathédrales de Besançon, semblable à celles qui nous ont occupés précédemment, nous ferait con-
naître que la basilique primitive, souvent détruite, fut tou-