BESANÇON
jours rebâtie sur le même emplacement avec la plus louable persévérance et le plus vif empressement. Le courage des évêques et des fidèles semblait excité par les accidents les plus terribles, sans jamais être brisé.
La cathédrale actuelle de Saint-Jean est un monument appartenant à l'architecture romano-byzantine du onzième siècle. Elle doit être rangée parmi le petit nombre de nos églises épiscopales rebâties au moment de la régénération des arts chrétiens, au premier siècle des croisades, et qui ont traversé tous les siècles suivants, fortes et robustes, sans avoir besoin de ces grandes restaurations qui ont altéré tant d’autres édifices. Nous ne trouvons donc pas à Besançon ce mélange de plusieurs styles qui détruit cette unité toujours si précieuse dans les grandes œuvres artistiques. Le corps prin- Cipal de la basilique de Saint-Jean nous montre les caractères du style noble du roman secondaire avec une pureté qui plaira toujours aux véritables amis de notre architecture sacrée. Le plan en est sévère, mais les lignes sont bien établies, les coupes générales heureuses, les détails bien en rapport avec la masse d'ensemble. La gravité naturellement inhérente aux Constructions de la période romano-byzantine entière, n’a pas disparu sous les efforts d’une ornementation trop abondante.
T1 règne dans l’intérieur de la cathédrale de Besançon une obscurité favorable au recueillement et à la piété. Les fenêtres, généralement étroites et peu nombreuses, ne devaient verser dans la nef qu'une lumière peu éclatante; elles n'étaient pas destinées à recevoir de vitraux peints. Depuis que le cardinal de Rohan a fait placer à toutes les ouvertures des verrières
peintes de mauvais goût, le vaisseau, beaucoup trop sombre, a perdu de sa beauté mäle et originale. Un jour trop vif communique à l'ensemble un ton froid et discordant; une obscurité trop grande diminue les proportions en confondant les masses principales dans une perspective vague et molle.
Plusieurs chapelles sont décorées avec luxe, mais cette profusion d’ornements n’a rien de noble ni de grandiose. A la partie inférieure de la cathédrale, à la place de la porte d'entrée, se trouve un second chœur d'architecture grecque, dont la construction est récente. La tour des cloches étant tombée en 1726, fut rebâtie dans un style moderne, ainsi que le portail et la chapelle dédiée au saint suaire. Cette chapelle, entièrement revêlue de marbres d’Italie, est ornée de plusieurs tableaux. Malheureusement et la construction et les ornements produisent une disparate choquante. La partie supérieure de l'édifice se distingue par un style large et majestueux, tandis que les pieds appartiennent à cette manière de batir prétentieuse sans grandeur, lourde, sans grâce, qui domina pendant le cours du dix-huitième siècle.
L’extérieur de la cathédrale de Besançon est d’une excessive simplicité. 11 est cependant encore le plus remarquable des monuments religieux de la ville, qui ne possède que des églises modernes, nullement distinguées par le caractere de l'architecture. Si cette basilique ne peut pas être placée à un rang élevé parmi nos plus belles cathédrales , elle brille au milieu de nos plus anciennes constructions religieuses par les
souvenirs glorieux qui l'environnent.
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