AGEN
sept sont de la fin du treizième siècle ou du commencement du quatorzième; ces parties de l’église appartiennent au style Ogival primitif, à l'exception de la rose du sud qui porte les caractères du gothique flamboyant , comme les fenêtres de la nef.
L'abside est divisée, tant à l’intérieur qu'à l'extérieur, par sept grands arceaux et deux autres moins étendus simulés sur les murailles ; trois ont été percés pour donner entrée aux chapelles qui entourent le chœur; les autres encadrent des fenêtres allongées et à plein cintre. À l'extérieur, les chapelles sont ornées de colonnes et de médaillons à figures fantastiques SUpportant les moulures de la corniche. La chapelle centrale présente, au-dessus des fenêtres, une arcature continue appuyée sur des colonnettes. Cette disposition est élégante et rappelle les formes usitées dans les plus célèbres monuments de l’époque romano-byzantine, soit en France, soit en Allemagne. Les chapiteaux des colonnes sont généralement traités avec goût et talent; on y voit des feuillages variés et des figures capricieuses.
La croisée est appuyée sur quatre énormes piliers carrés, ornés sur leurs faces libres de colonnes à chapiteaux et d’ares cintrés. Les arcs-doubleaux et la voûte du transsept sont de forme ogivale : on y remarque partout des moulures arrondies. Le côté nord du transsept est percé de petites fenêtres dont la forme est vague et indécise entre le plein cintre et l’ogive. On y voit encore une galerie composée d’arcs aigus trèsétroits, décorés de crosses végétales et appuyés sur de gracieuses colonnettes.
L'église de Saint-Caprais a été terminée par la construction
des deux travées de la nef, en 1508, sous l’épiscopat de Léonard de Rovère [*, par les soins de Jean de Durfort, alors prieur de la collégiale, auquel on devait aussi le jubé qui à été détruit pendant la révolution. Cette nef est de la troisième époque de l'architecture ogivale; les nervures et les piliers sont chargés d’écussons , parmi lesquels on distingue les armes de Rovère, de Durfort, de Loïignac. Deux clefs de voûte sculptées, peintes et dorées, représentent, l'une, sainte Foi, tenant l'instrument de son martyre et la palme du triomphe, l’autre, saint Caprais, en habits pontificaux. L'aspect de la nef est digne d'éloges ; Les fenêtres sont larges et hautes, divisées en trois compartiments par des meneaux contournés en langues de flamme. La collégiale, ainsi terminée, fut consacrée en 1624, par Jean Daffis, évèque de Lombès.
Depuis quelques années on à fait à la cathédrale d'Agen d'importantes restaurations. Nous devons louer l'intelligente direction donnée aux travaux et l'exactitude apportée dans le rétablissement des formes altérées par le temps ou par la
main des hommes.