‹ Les cathédrales de FranceChapitre 72 sur 109 · DE VALENCE · texte numérisé non relu

DE VALENCE

A foi chrétienne fut prêchée dès les premiers temps de l’Église dans l’ancienne province du

* Valentinois par Félix, Fortunat et Achillée, à disciples de saint Irénée, évêque de Lyon. Ces trois fervents apôtres commencèrent leur mission à la fin du second siècle, et furent martyrisés à Valence. L'histoire ne nous a pas appris qu ils fussent ornés du caractère épiscopal. Saint Émilien, qui vivait l’an 374, est le premier évêque que l'on connaïsse certainement. 11 eut pour successeur saint Sextus, qui souffrit la persécution et le martyre, lors de l’irruption des barbares. Un des plus célèbres entre les an-

ciens évêques de Valence est sans contredit saint Apollinaire,

frère de saint Avit, évèque de Vienne : il vivait à l'époque des rois mérovingiens.

La basilique primitive de Valence éprouva de nombreuses et. fréquentes catastrophes jusqu’au commencement du onzième siècle. Les Vandales et les Goths ouvrirent la marche des armées de ces innombrables tribus, qui vinrent tour à tour répandre dans nos provinces le désordre, l'incendie et la mort. Les villes, abandonnées et dévastées, ne montraient après leur passage qu'un triste amas de décombres et de cendres. Valence, réduite à la dernière extrémité, ne dut son salut qu'à la bravoure de Constance, général romain , qui plus tard fut associé à l'empire. En 430, Aétius abandonna aux Alains le pays traversé par le Rhône; les vainqueurs vinrent établir leur siége à Valence, et réduisirent toute Ta contrée à la plus affreuse misère. Les plaies causées par cette cruelle occupation saignaient encore lorsque Zobanus se présenta devant la ville à la tête des Lombards. Le chef de ces nouveaux ennemis, après avoir pris et saccagé la ville de Die, se préparait à faire subir le même sort à Valence, quand le patrice Muimmolus le força subitement à se retirer. Mais ce fléau ne devait disparaître que pour faire place à un autre plus épouvantable encore. En 730, les Sarrasins envahirent le Dauphiné, et ne purent en être chassés que par la force des armes de Charles-Martel.. La ville de Valence fut la victime de ces luttes terribles ; elle fut réduite en cendres par l'armée des Francs, qui poursuivait les musulmans Jusque dans leurs dernières retraites. L'histoire de ce pays n’est que le récit de ses désastres : en 860, les Normands parurent

sous les murs de la ville, et après quelques jours de résis-

Page 1