‹ Les cathédrales de FranceChapitre 73 sur 109 · VALENCE · texte numérisé non relu

VALENCE

tance, ils la livrèrent au pillage. L'église épiscopale de Valence eut de la peine à se rétablir de coups si violents. Le courage des évèques et des fidèles, mis aux plus rudes épreuves, ne se rebuta jamais quand il fallut relever la maison de Dieu. Les populations, pour lesquelles la religion est le premier des besoins, se portaient avec enthousiasme à la restauration de leurs temples et de leurs autels; après s’être assurées un lieu pour prier, elles songeaient à rebâtir leurs habitations et leurs foyers.

En 1095, le pape Urbain IL, en allant précher la croisade à Clermont, passa par Valence où il fit la consécration solennelle d’une cathédrale nouvellement construite. Le monument actuel, dans ses principales parties , remonte à cette époque reculée. On pourra s'en convaincre par la description que nous allons en donner. Pour ne point interrompre le cours de l’histoire de l’église épiscopale de Valence, nous dirons que tour à tour enclavée dans les royaumes de Bourgogne et de Provence, elle fit enfin partie des États de l’empire, vers le commencement du douzième siècle , lorsque Conrad le Salique eut hérité des provinces de Rodolphe LIT. Après la dissolution du royaume de Bourgogne, Valence fut soumise à la puissance spirituelle et temporelle de ses évêques, en 1157. Elle jouit d’une paix heureuse et d’une grande prospérité sous leur paternel gouvernement. Malgré les efforts de factions remuantes, le pays de Valentinois demeura pendant plusieurs siècles sous la dépendance de ses évêques.

En 1566, les protestants de Valence s’agitèrent avec tant

de violence, qu'ils réussirent à s'emparer de cette ville et de

plusieurs autres du Bas-Dauphiné. En cette circonstance les monuments religieux ne furent pas respectés par ceux qui venaient d’abjurer la croyance de leurs pères. Ils souffrirent beaucoup de leurs profanations sacriléges et perdirent nonseulement leurs richesses et leurs ornements, mais encore trop souvent les parties les plus nobles de leur construction.

La cathédrale de Valence avait été dans le principe dédiée à saint Corneille et à saint Cyprien, ce fut plus tard qu’elle changea de vocable en prenant le nom d’un de ses plus illustres pontifes. Elle porte dans toute leur pureté les caractères de l'architecture romano-byzantine de la seconde époque. Il existe peu d’édifices où ce style, noble dans sa sévérité, soit exprimé avec plus de grandeur et d'harmonie. Les formes des arcades , des chapiteaux, des moulures sont irréprochables sous le rapport du type et rappellent les détails des monuments de la même époque, bâtis en si grand nombre dans les provinces méridionales de la France. Les antiquaires chrétiens estiment beaucoup l’ensemble de l'église de Saint-Apollinaire, précisément à cause de cette unité de style, de cette austérité de décoration propre à cet âge, et si j'osais ainsi parler, à cause de ce parfum d’antiquité chrétienne qu’on y respire. L'aspect général en est grave et solennel, et l'effet religieux n’est point diminué par les caprices de la décoration et par ces mille ornements qu’un art moins avare a répandus d’une main prodigue dans d’autres constructions moins belles, au point de vue esthétique.

Le plan de l’église de Valence est assez régulier : il y a deux collatéraux autour de la nef principale, sans chapelles

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