‹ Les cathédrales de FranceChapitre 74 sur 109 · VALENCE · texte numérisé non relu

VALENCE

accessoires. Le transsept est assez vaste; mais le croisillon gauche a été hideusement déshonoré. La muraille est entièrement salie de peintures jaunes, rouges, vertes, jetées sans goût et sans talent. Cet incroyable badigeonnage ne remonte pas à un temps bien éloigné encore : il peut être considéré comme le modèle le plus parfait du ridicule et du vandalisme.

Quelques portions de l’église ont été rétablies en 1604, après que les troubles de la réforme furent apaisés. Nous nous contentons de le mentionner, parce qu'il n’y a point de style dans cette architecture dégénérée. Le portail a été détruit en grande partie par la chute de la tour renversée par le feu du ciel en 1806. Cette tour avait été reconstruite en 1820, mais avec si peu de précautions, qu'elle n’a pas tardé à s’écrouler de nouveau.

SAIUT-AMBRE

2 1 la vue d’une vieille abbaye en ruines, ou la flèche élancée de quelque modeste église de village suffit pour impressionner vivement l'esprit et pour jeter l'âme dans une pieuse rèverie, quel homme pourrait demeurer froid et insensible en regardant nos immenses cathédrales, cette

magnifique expression du génie catholique de nos pères, cet admirable résumé de toutes les puissances qui régnaient dans leur cœur et dans leur imagination. Au milieu des plus fiers monuments du midi de la France, la cathédrale de Bordeaux, noircie par les siècles, entourée d’un cortége pompeux de nobles souvenirs, avec ses portiques façonnés , ses tours im-

posantes et ses flèches aériennes, peut prétendre à une juste

suprématie. C’est un édifice gigantesque, dont les hautes pyramides dominent toutes les habitations de la cité, dont les mâles proportions sont relevées par des détails riches et élégants, dont l'architecture se fait distinguer autant par sa majestueuse simplicité que par l’harmonie de ses formes.

La plupart des premiers historiens de nos cathédrales, inspirés par les récits exaltés des vieilles chroniques, par des traditions populaires ou par une sorte d’orgueil national, se sont épuisés en conjectures pour attribuer à leurs églises l'antiquité la plus reculée. Ainsi, s’il fallait en cette circonstance s’en rapporter aux défenseurs d’une tradition dont l’origine se perd dans la nuit des temps, la fondation de l’église de Saint-André de Bordeaux remonte à des âges si éloignés , que cet édifice devrait être regardé comme le premier construit en l'honneur du saint apôtre dont il se glorifie de porter le nom. Cette opinion adoptée dans une bulle du pape Innocent VIIL, en date du 25 février 1488, s'accorderait diflicilement avec les faits historiques qui démontrent que l’érection de cette église doit être attribuée à saint Martial, l’apôtre des Aquitaines , venu dans les Gaules vers la fin du troisième siècle, au témoignage de saint Grégoire de Tours. Sans nous arrêter à discuter l'opinion erronée, qui faisait arriver saint Martial dans le premier siècle de l'ère chrétienne, nous admettons , suivant l’autorité des documents historiques les plus positifs, que le premier établissement de la cathédrale de Saint-André ne doit pas remonter au delà de la fin du troisième siècle, à cette époque où saint Gatien prèéchait à Tours, saint Saturnin à Toulouse, saint Martial à Limoges, et saint

Denis à Paris.

La basilique primitive succomba plusieurs fois sous les coups de plusieurs peuples barbares et sous les rudes atteintes des siècles. Les Visigoths, à la fin du cinquième siècle, les Sarrazins, en 725, et les Normands, en 848 et en 864 , Vinrent successivement porter dans la Guienne le ravage, l'incendie et la mort.

Charlemagne aida puissamment à rétablir l’église de Saint- André, lorsque le flot de l'invasion musulmane fut repoussé. Ce grand prince accorda de nombreux priviléges aux monuments religieux dévastés, afin de les aider à se relever de leurs ruines, et il réussit à rendre à une foule d’églises leur éclat et leur magnificence. Plus tard, les ducs de Gascogne, suivant un si noble exemple, poussés d’ailleurs par de généreuses inspirations, cherchèrent par leurs largesses à guérir les maux occasionnés par les sacriléges profanations des hordes descendues du Nord. Les fidèles, toujours attentifs à la voix de leurs évèques, pleins d'enthousiasme quand elle leur parlait au nom de la religion , se vouèrent avec le zèle le plus empressé à la réparation des désastres du sanc-tuaire ; en 1096, une grande église romano-byzantine fut complétement achevée, de sorte que le 1° mai de cette année on en fit la consécration d’une manière solennelle. Un des successeurs du prince des apôtres, le pape Urbain IT, qui passait à Bordeaux, après la célébration du célèbre concile de Clermont, où fut décidée la première croisade, présida à cette auguste cérémonie, avec une pompe extraordinaire et au milieu d’un concours immense de peuple. Toute la splendeur du culte extérieur se déploya dans cette grande fête, et la dédicace de l église, si imposante en elle- -même, fut encore

relevée par la présence d’un grand nombre de pontifes et par la majesté du vicaire de Jésus-Christ sur la terre.

La bulle que le même Urbain IL adressa au chapitre de Saint-André, le 3 mai 1099, fait connaître que l'église fut dédiée sous l’invocation de plusieurs saints dont elle possédait les reliques , et dont les noms suivent ceux de saint André et de saint Jean. Quelques auteurs ont voulu se servir d’un texte pour combattre l’opinion de ceux qui soutiennent que la cathédrale fut toujours sous le vocable de saint André; leurs prétentions ne sont nullement fondées. Nous pourrions seulement induire des paroles du reserit pontifical qu’il y avait, antérieurement à la restauration du onzième siècle, grand baptistère sous l’invocation de saint Jean-Baptiste, ainsi que cela s'était fréquemment pratiqué dans une grande quantité d'églises épiscopales, et que le baptistère ayant été supprimé dans l’agrandissement du plan de la nouvelle cathédrale, on aurait placé l'édifice sous la protection de saint André et de saint Jean.

En cherchant à faire une appréciation exacte des styles d’architecture qui dominent dans la cathédrale de Bordeaux, on ne tardera pas à découvrir qu'ils sont de différentes époques. Il ne serait pas téméraire d'admettre que la nef actuelle, dans sa plus grande partie, appartient à la dernière moitié du onzième siècle, quoique, à l’intérieur, un travail postérieur en ait altéré les caractères. Les autres membres de la construction portent le signe évident de l’époque transitionnelle au douzième siècle, et du style ogival du treizième et du quatorzième siècle. Ces parties diverses de date et de style sont remarquables par leur grandeur et par leur noblesse. Chaque

période architectonique s'y distingue par une expression propre, pleine de distinction.

Maîtres de la Guienne, vers le milieu du douzième siècle, les Anglais commencèrent les travaux d’agrandissement de la cathédrale de Bordeaux, qui se prolongèrent à travers tout Je treizième siècle et ne se terminèrent que dans le cours du quatorzième. Outre les signes caractéristiques de la construction qui ne laissent subsister aucune incertitude aux yeux des antiquaires , nous sommes guidés encore par les paroles formelles d’une bulle de Clément V, en 1307. Ce pape, toujours plein de sollicitude pour le rétablissement et la décoration des églises, accordait des indulgences à tous les fidèles qui visiteraient dévotement l’église de Saint-André et qui contribueraient par leurs aumônes à l’achèvement de l'œuvre.

A peine le monument était-il parvenu à son dernier perfectionnement, qu'un affreux tremblement de terre fit tomber la moitié des voûtes, le 2 février 1427. Quarante-huit ans après ce désastre, on entreprit de réparer ce malheur, et la restauration ne fut terminée qu’au commencement du seizième siècle, par les soins de Jean de Foix, archevêque de Bordeaux. Ce court exposé historique donne la raison pour laquelle on remarque plusieurs styles dans l'édifice de Bordeaux; ce n’est point un travail homogène, appartenant à une même génération d'hommes, ni aux mêmes idées architecturales. Continué pendant plusieurs siècles, il empruntait à chacun d’eux ses procédés particuliers > à mesure que l’art se transformait et marchait à la perfection.

L'église de Saint-André de Bordeaux a la forme d’une croix latine; elle se compose d’une nef sans latéraux, longue de

soixante-douze mètres, large de dix-huit mètres, et haute de vingt-sept mètres; d’un transsept dont la longueur est de quarante-quatre mètres vingt-six centimètres, La largeur, de neuf mètres soixante-cinq centimètres, et la hauteur sous voûte, de trente-trois mètres trente-trois centimètres ; du chœur, comprenant quatre grandes travées longitudinales, et du sanctuaire formé cireulairement par cinq autres travées, se déployant ensemble sur une longueur de trente-trois mètres quatre-vingt-quinze centimètres et sur une largeur de quatorze mètres.

La nef déambulatoire autour de l’abside est large de sept mètres entre les ares des piliers ; elle est ornée de sept chapelles rayonnantes et hexagonales, dont la plus étendue, au milieu , est dédiée au sacré cœur de Jésus. Les proportions intérieures du plan de Saint-André de Bordeaux sont done de cent trente-sept mètres de longueur sur dix-huit de largeur. Ces dimensions ont été soigneusement mesurées par MM. Lamarque de Plaisance et Jules Robert architecte; nous les avons empruntées, avec beaucoup d’autres détails, à une curieuse notice insérée par ces deux antiquaires dans le bulletin monumental publié par la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques.

L'intérieur de la basilique de Bordeaux présente un aspect tout particulier, auquel nous n'avons point été accoutumés dans nos grandes cathédrales du nord de la France. La largeur ne correspond point à la longueur qui parait démesurée, et les voûtes, quoique très-élevées, perdent de leur effet parce qu’elles ne sont pas accompagnées convenablement. La

perspective ne manque pas de ce charme mystérieux qu’on

ne trouve que dans les grands édifices, sans être aussi riche que dans les autres cathédrales où plusieurs nefs collatérales se déroulent dans un lointain pittoresque. L'ordonnance générale est grave et majestueuse , la disposition des travées est hardie et légère, la décoration est gracieuse dans sa sobriété; sans pouvoir être placée au premier rang parmi nos monuments religieux du moyen âge, l’église de Saint-André de Bordeaux mérite cependant une place honorable. Si elle ne peut disputer la prééminence à Notre-Dame d'Amiens, à Saint-Étienne de Bourges, à Notre-Danre de Reims et à quelques autres édifices, chefs-d’œuvre qui concourent à former les fleurons de la brillante couronne monumentale de la France catholique, elle l'emporte certainement, par sa grandeur et par sa beauté, sur la plupart des monuments de la Guienne, de la Gascogne, du Languedoc et de la Provence.

Les murailles des sept travées de la nef portent les caractères évidents des constructions romano-byzantines. Des arcades cintrées, prises dans l'épaisseur du mur, ornées de dents de scie, avec chapiteaux et archivoltes finement sculptés, forment la zone inférieure et accusent la fin du onzième siècle et le commencement du douzième. Elles sont surmontées d’une galerie dans le style ogival du quatorzième siècle, récemment établie , qui sépare la zone supérieure bâtie au treizième siècle. La lumière est répandue dans la nef par des fenêtres ogivales géminées, couronnées par une rosace d'une moyenne dimension. Au-dessus de cette espèce de grande galerie, on voit d’autres fenêtres plus étendues dont l'ouverture est concentrique aux arcades ogivales de la voûte. Cette disposition

originale produit un effet très-heureux en interrompant

les surfaces des murailles qui eussent été trop nues et trop monotones.

Quatre travées près du transsept portent des colonnettes groupées qui s’élancent du sol jusqu’à la naissance des voûtes. Les ornements des chapiteaux, les moulures qui accompagnent les colonnettes, Les nervures diagonales des voûtes, la simplicité des clefs, rappellent la plus grave époque du treizième siècle. Dans une autre partie, jusqu'à la hauteur de la première galerie, on observe des piliers romans avec ja pureté de style du onzième siècle et tous les caractères de la seconde époque roimano-byzantine. C'est dans cette partie de la nef, que les voûtes ébranlées par le tremblement de terre de 1437, furent rétablies postérieurement : on y remarque les nervures prismatiques, les fleurons ouvragés, les culs-delampe richement ciselés et les autres particularités du style ogival flamboyant.

Au fond de la nef, on admire le bel orgue que possédait autrefois l’église de Sainte-Croix. Ce magnifique instrument est porté sur l’ancien jubé dont les sculptures élégantes rappellent la plus belle époque de la renaissance. Les arabesques qui en font l’ornement sont d’un dessin si pur et si gracieux, exécutées par un ciseau si ferme et si vigoureux, qu’on les attribue à un élève de Michel-Ange.

L'église de Bordeaux, dans sa partie orientale, porte l'empreinte évidente du style ogival du quatorzième siècle. Dans ce temps, l'architecture chrétienne avait atteint une grande perfection, et elle est ici dignement représentée. La forme générale et les détails appartiennent bien évidement

à ce style rayonnant moins sévère, mais aussi grandiose que

celui du treizième siècle. Il est à regretter que la ligne des voûtes soit brisée à l'extrémité supérieure de la nef; la partie moderne est élevée de sept mètres au-dessus des voûtes anciennes. Pour éviter le fâcheux effet du tassement qu'éprouve nécessairement une construction nouvelle entée sur un vieil édifice, on produisit un isolement complet en plaçant comme lien intermédiaire un immense arc-doubleau.

Le chœur de la cathédrale de Bordeaux est vaste et non moins remarquable par ses ornements que par ses proportions colossales. La section horizontale des piliers présente huit colonnes groupées, dont quatre sont d'un diamètre

plus fort que les autres, Deux piliers supportent encore les

portes d'une enceinte murée qui existait autrefois. Au-dessus des arcades principales , une galerie prise intérieurement audessus des voütes des bas-côtés , forme le triforium du chœur et retourne sur le transsept. Aux deux extrémités de la croisée, on trouve également une galerie destinée à donner communication entre les tours placées aux angles, et qui, correspondant avec le pourtour du chœur et les chapelles latérales, sert à unir la nef au chevet de l’église. Il est fâcheux que l’intérieur de cet édifice monumental soit déshonoré par de tristes accessoires qu’on décore du titre menteur d’embellissements. Ainsi les gracieuses colonnettes du chœur disparaissent sous des boiseries lourdes et insignifiantes , et l'autel est surmonté d'un baldaquin ridicule. Espérons que sous l’épiscopat de M“ Donnet, prélat aussi zélé qu'instruit, la métropole de Bordeaux reprendra sa beauté primitive, en se débarrassant de ces additions étranges.

La porte Royale, quoique dégradée, conserve encore de beaux restes de son ancienne magnificence. Les voussures sont chargées de niches et de dais délicatement sculptés. Dés anges à figure radieuse tiennent en main des encensoirs et des vases à parfums, emblème des prières des saints, qu’ils vont déposer au pied du trône de l’Agneau : plusieurs de ces anges ont les pieds posés sur des roues, symbole de la rapidité avec laquelle ils exécutent les ordres de Dieu. Six autres personnages représentent des religieux tenant dans leurs mains des-objets à formes assez indécises, qui ressemblent à des reliquaires ou à des livres à fermoir; deux statues placées plus haut représentent probablement Salomon et David ; une harpe entre les mains du second personnage, attribut

ordinaire du roi-prophète, semble appuyer cette opinion. Dans le tympan, on voit une décoration curieuse : le Christ jage les vivants et les morts, et deux anges au-dessus de sa tête portent le soleil et la lune : la scène inférieure représente la résurrection.

La façade du midi pourrait être comparée à celle de Notre- Dame de Paris, non-seulement pour l’ensemble, mais encore pour les divisions principales. Comme à Notre-Dame, deux tours quadrilatérales placées sur les flanes attendent encore le couronnement élancé qui leur était destiné. Une vaste rose, à tores saillants et trilobés, se trouve placée dans un vaste encadrement carré ; les compartiments en sont élégamment disposés et forment la plus somptueuse décoration de ce . portail. Les voussures sont chargées de moulures de toute espèce : malheureusement le plus grand nombre des statues a disparu. Parmi les statuettes échappées à la destruction , on distingue les vierges sages et les vierges folles, reconnaissables à leurs attributs : les premières ont leurs lampes dans une position naturelle, tandis que les autres les ont renversées. Les bas-reliefs sont cruellement dégradés : on voit encore un groupe délicieux , traduction vivante de ces belles paroles de Jésus-Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants. »

La façade du nord offre un singulier mélange de deux époques architecturales; le quatorzième et le quinzième siècle y dominent et se font distinguer à leurs caractères bien tranchés. Les ornements sont riches et assez bien conservés. La première ligne de la voussure renferme dix sta-

tuettes d’anges; la seconde, les douze apôtres; et la troisième,

Moïse, David et douze figures de moines. Le tympan présente la cène où fut instituée l’Eucharistie, l'ascension du Sauveur, et le Père éternel se préparant à recevoir à sa droite son divin Fils, qui vient d'accomplir le grand acte de la rédemption humaine. Dans les six niches inférieures sont placées les statues de plusieurs cardinaux de grandeur naturelle : sur le pilier qui partage l'ouverture du portail, on voit la statue de Bertrand de Goth , archevèque de Bordeaux, devenu pape sous le nom de Clément V. C’est aux côtés de cette façade, que s’élancent à la hauteur de quatre-vingts mètres les deux flèches aiguës qui forment le couronnement de la métropole de Bordeaux.

La vue extérieure de l’abside est très-pittoresque et présente dans sa composition savamment ordonnée trois galeries superposées, de grands ares-boutants, de hardis contre-forts et toutes les ressources de solidité que l'expérience peut inventer. Un double rang de pinacles, des découpures verticales à trèfle délicatement évidées à jour viennent encore embellir cette partie de la cathédrale. Les fenêtres sont accompagnées de moulures simples qui se détachent vigoureusement par opposition avec des tons moins pro-

noncés.

HOYRE-DAME

DE LUCON.

“ÉVÈCHÉ de Luçon ne remonte pas à une antiquité très-reculée, il est contemporain de celui de Maillezais, qui fut transféré à La Rochelle sous le règne de Louis XIV. La ville ellemême, située au bord des marais, à l’extrémité du canal qui porte son nom, doit son origine à un monastère qui fut fondé par saint Philibert. Quelques cabanes

vinrent d'abord s’élever à l’abri des hautes murailles du cloi-

tre, et le nombre ne tarda pas à s’en augmenter sous la protection bienfaisante des moines, qui s’y étaient réunis pour servir Dieu. Tels furent les commencements de plusieurs villes en France. Les peuples aimaient à vivre à l'ombre d'une

église, et souvent, dans ces àges de troubles continuels, ils

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