‹ Les cathédrales de FranceChapitre 88 sur 109 · DE TARBES · texte numérisé non relu

DE TARBES

"ÉGLISE épiscopale de Tarbes remonte à la plus f haute antiquité ecclésiastique, puisque dès le quatrième siècle un évêque fixa sa résidence

dans cette ville. Le christianisme avait été

déjà prêché aux populations des Pyrénées et à celles qui étaient répandues dans la plaine, au pied des montagnes. La vieille cité de Tarvia jouissait d’ailleurs d’une trop grande importance sous la domination romaine, pour que le zèle des missionnaires n'eût pas cherché à y faire des conquêtes à la vérité. Mais les persécutions suscitées contre les chrétiens par les proconsuls, les agitations causées par le despotisme militaire, avaient empèché aux nou-

velles doctrines de s'étendre plus rapidement. Quand l’em-

pire fut tombé entre lès mains victorieuses de Constantin, la paix refleurit dans toutes les provinces, et, par sa seule force d'expansion, le catholicisme fit de grands progrès. Ce fut alors qu'un évêque établit son siége à Tarbes et fit fructifier abondamment les semences antérieurement déposées dans le sein des peuples de cette partie des Aquitaines, qui fut regardée plus tard comme un des points les plus considérables de la Novempopulanie.

Nous sommes hors d'état de suivre les innombrables vicissitudes par lesquelles eut à passer la basilique primitive de Tarbes. Nous savons seulement que la ville ayant été la proie de mille invasions différentes, son église dut nécessairement éprouver le sort commun à tous les édifices publics. Les Goths, les Vandales, les Alains, les Vascons, les Sarrasins, les Francs, les rois et les comtes de Toulouse s’en rendirent successivement les maitres et la ravagèrent. La piété des fidèles fut aussi constante que les malheurs de leur cathédrale furent nombreux : l'église fut toujours rebâtie dans des proportions plus vastes. Les deux églises paroissiales de Saint- Jean et de la Sède n’appartiennent à aucun ordre régulier d'architecture; la seconde, qui est la plus grande des deux, était, dit-on, l'ancienne citadelle de la ville, dont les évêques avaient fait leur cathédrale. On voit dans le chœur de cette église six belles colonnes de marbre d'Italie, qui soutiennent un couronnement d’une riche ordonnance.

La cathédrale est de construction moderne; elle forme encore un des plus beaux monuments de la ville, qui n’est pas riche en constructions antiques. Sa position élevée, la

grandeur de ses dimensions , la majesté de sa masse en

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