DE SOISSONS
"ÉGLISE épiscopale de Soissons est une des plus anciennes et des plus vénérables de la France entière. Sa fondation remonte au troisième
siècle, à cette époque glorieuse dans nos an-
à nales ecclésiastiques où furent établies les églises les plus florissantes. Une apostolique légion d’évèques s’était partagé la conquête des Gaules, et leur mission, fécondée par leur sang; n'avait pas été stérile. L'importance de la ville de Soissons devait nécessairement solliciter le zèle de quelques-uns de ces ardents propagateurs de la doctrine évangélique; le nom de la vieille eité de Soissons est fréquemment prononcé dans les premières pages de notre histoire.
Après la victoire de Clovis sur Syagrius en 486, elle devint
la capitale de l’empire des Francs, et elle jouit de cet avantage jusqu à ce que le roi transférât le siége du gouvernement à Paris.
La cathédrale primitive de Soissons éprouva plusieurs accidents déplorables dans le cours des premiers siècles du moyen àge. Nous ne suivrons point ces vicissitudes nombreuses, dont la connaissance est intéressante pour l’histoire de la localité, mais qui ne présente rien de particulièrement remarquable dans cet ouvrage destiné à renfermer une esquisse générale de toutes les cathédrales de France. Nous voulons d’ailleurs , avant d'indiquer les principaux traits de la basilique de Soissons , considérer le monument actuel sous un autre point de vue beaucoup plus important pour la science des antiquités chrétiennes. En jetant quelques considérations rapides sur un sujet d’ailleurs très-ardu, nous avons pour but spécial d’éveiller l'attention des archéologues, et non de résoudre des problèmes dont nous ne possédons pas encore toutes les données. Ce ne serait point d’ailleurs le lieu de développer de longues discussions spéculatives.
Plusieurs archéologues, préoccupés de la grave question de la naissance de l’ogive et du style ogival , ont été conduits à des conclusions erronées en prenant pour base de leurs raisonnements des faits isolés. Dans les recherches scientifiques, comme dans tous les sujets souris. à l'argumentation , il faut toujours prendre son point de départ d’une grande réunion de faits comparés et analysés, si l'on veut ne pas s’exposer à bâtir des théories ruineuses. Il n’est personne, tant soit peu initiée aux éléments de l'archéologie du moyen
âge, qui ne sache comment les Anglais et les Allemands