PLAN DE LA CATHEDRALE DE COUTANCES
ft collatéraux bordés de chapelles, avec transept, double déambulatoire et chapelles absidales peu développées, munies d'autels antiques et fort sommaires. L'architecte du Xni"^ siècle, qui entreprit de mettre la nef en harmonie avec le chœur nouvelle-
ment construit sous Philippe-Auguste, fut forcé de respecter le plan de la nef et du transept romans. Il dut élever la construction travée par travée, ne détruisant un pilier de l'ancienne construction qu'au moment de le remplacer par un autre, en se servant des fondations primitives.
Le chevet fait penser à celui de Saint-Étienne de Caen, sans être aussi réussi, et
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à celui de Mans, qui en dérive comme nous l'avons dit plus haut. Le chœur, avec ses chapelles rayonnantes rappelant celles de Chartres, et son déambulatoire parent de ceux de Bourges et du Mans, paraît avoir été fondé sous Philippe-Auguste ; il offre un rond-point porté par de doubles colonnes d'un effet remarquable. Le collatéral, très haut, est d'une ordonnance superbe. Le dispositif ingénieux des voûtes de cette partie caractérise le système architectonique du Nord. Les sept chapelles du chevet, réunies entre elles, forment comme un second déambulatoire ; celle de Notre- Dame, dans l'axe, est profonde de trois travées.
La façade occidentale est normande, aussi bien par l'ensemble que par les détails de la composition, qu'on retrouve en Angleterre (■). Les deux tours occidentales élevées au milieu du XIII'' siècle, très élancées, sont couvertes de belles flèches octogonales s'élevant à 78 m., remarquables parles lignes élancées de leurs lancettes aveugles et de leurs tourelles d'angle. Elles sont plantées en arrière de la façade, laquelle présente au-dessus de son triple portail un avant-corps très élégant, réuni par deux ponts légers aux tourelles carrées.
La porte latérale du Sud, qui sert usuellement d'entrée, fut restaurée au XV" siècle par Claude Aubry, qui fut chantre à la Sainte-Chapelle de Paris avant de monter sur le siège épiscopal de Coutances ; ce prélat n'est autre que celui dont Boileau a fait le héros de sa satire le Lutt'in.
La longue nef, comprenant sept travées, est couverte de huit croisées d'ogives barlongues. Ses arches sont en tiers-point. Au-dessus d'un rang de ces petits quatre-feuilles en creux, fréquents en Normandie, une frise de feuillages porte les quatrelobes de la balustrade posée devant les tribunes au XIV' siècle, lesquelles s'ouvraient au XIII* siècle, sur la nef comme à Lisieux. Ses arceaux sont géminés sous une décharge, avec une grande rosace sculptée dans le tympan ; la petite galerie normande court sous le clair-étage, bordant une coursière au pied des fenêtres.
L'intérieur du vaisseau donne une vue profonde d'un grand effet.
Les chapelles de la nef présentent une belle et rare ordonnance. Elles communiquent par des cloisons ajourées de trois mètres de hauteur, sorte de fenestrages sans vitraux, coupant transversalement l'étendue du collatéral.
Les transepts furent élevés probablement sur les fondations du XP siècle, et les énormes piliers de la croisée enveloppent sans doute, comme à Bayeux, un noyau de construction romane.
Les supports des nefs sont groupés avec art, mais les transepts et la croisée sont mal dégagés ; les fenêtres sont lancéolées et élancées ; les voûtes sont belles et bien construites. Une galerie continue, avec remplage en quatre-feuilles, court devant les arceaux des tribunes qui couvrent les bas-côtés ; ces arceaux sont géminés ; une belle arcade les encadre, abritant dans le tympan une rose travaillée comme de l'orfèvrerie ; plus haut, à la base de la claire-voie, court une autre galerie continue, à petites arcatures. Les retombées de voûtes sont reçues par de triples colonnettes montant du fond.