‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 112 sur 303 · Benoist, Nantes et la Loire-Inférieure · texte numérisé non relu

Benoist, Nantes et la Loire-Inférieure

CATHEDRALE DE BORDEAUX

surtout la définition ironique de Yiollet-le-Duc : «Restaurer un monument, c'est le rétablir tel qu'il ne fut jamais à aucun moment de son histoire. » On a démoli l'intéressante abside romane pour ériger un vaste chœur. Comme les grandes cathédrales de Bourges et de Cologne, Saint-Pierre possède à sa façade principale cinq portes ; seulement au lieu de se présenter de front, celles des extrémités sont en retour. Le triple portail, aux' voussures ornées de petites niches, veuves de leurs figurines, est imposant. Il fut élevé en 1481 ; cette année on posa la porte de bronze ornée des etifigies de saint Pierre et de saint Paul dans les baies latérales, et, au tympan central, d'un Jugement dernier. On y voit en outre figurée la Création, ainsi que les histoires de Noé, d'Abraham, d'Isaac et Jacob; les bas-reliefs ont été restaurés. Au-dessus, s'ouvre une verrière trapue, fiamboyante, soulignée d'un balcon surmontant des fenestrages aveugles.

A l'intérieur les piliers sont dénués de chapiteaux ; les multiples moulures des voûtes nervées s'élancent des bases (1622-1659). Le triforium est riche, très surbaissé et cintré à accolades, avec larmiers fieuronnés. La claire-voie offre des résilles flamboyantes à trois lumières. La tribune de l'orgue, de style renaissance, est remarquable.

On admire dans l'église le tombeau de François II, dernier duc de Bretagne et de la duchesse Marguerite de Foix, chef-d'œuvre de Michel Colomb (1507), et dans le croisillon Nord du transept, celui de Lamoricière par P. Dubois.

La crypte romane, qui régnait sous le chœur et remontait à saint Félix, fut comblée par le Chapitre en 1730 ; on détruisit de précieux mausolées qu'il contenait. Il n'est pas une cathédrale en France, qui ait été comme celle-ci dépouillée de ses joyaux par ses propres gardiens.

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