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IV. — CATHEDRALE DE BORDEAUX

AU milieu des monuments du Midi de la France Saint-André de Bordeaux, avec ses portiques ornés et ses tours imposantes aux flèches aiguës, peut prétendre à une juste suprématie. Elle fut consacrée en 1096, rebâtie à plusieurs époques et restaurée de nos jours. Elle est faite de pierres de Bourg. Elle mesure 137 mètres de longueur, 44 mètres de largeur avec le transept ; la hauteur de la nef est de 27 mètres, celle du chœur, 33^33 sous clef. La nef unique et très longue, dépourvue de bas-côtés, date du XI 11° siècle. L'édifice fut achevé au XIV^ siècle par l'archevêque Béchanel de Got, le futur pape Clément V. Le clocher de Pey-Berland fut élevé d'après des plans agréés par le Chapitre en 1429.

Les données sur ses architectes ne commencent qu'avec Guillaume Albert, mort en 13 16, remplacé successivement par Vidal de Martres (141 1), par Guillaume Géraud ( 1 420), par Colin Tranchant « maître en géométrie » ( 1 480) et par Jean Despenay (1481).

La nef primitive comprenait seulement trois travées, chacune bordée de chaque côté par trois niches formant chapelles. A mi-hauteur courait un chemin de ronde,

I. V. Ch. Marionneau, Saint- André de Bordeaux. V. Bulletin monumental. lS8i, p. 91. — Corbin, La cathédrale de Bordeaux., Bordeaux, 1864. — M. H. Lopès, L'église métrop. Saint- André de Bordeaux, Callon, Bordeaux, 1882.

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sous les fenêires ; c'est la dispositon encore visible à La Trinité d'Angers, à Ste-Radegonde de Poitiers, à la Couture du Mans. Les supports conservés laissent encore deviner les curieuses voûtes domicales angevines qu'ils ont dû porter naguère, pareilles à celles de Saint- Macaire. C'est à Saint- André même, que M. A. Brutails place le prototype de la voûte angevine.

Ces voûtes domicales, jetées sur une nef très large, étaient instables ; on les

Fig. l'/J. — TVMI'AX I)K I.A POHTE .«EI'TEXTKIOXAI.E 1>E h\ CATIIÉDUALE DE HDUnEAU.X.

remplaça au XIII' siècle par des croisées d'ogives barlongues, qui s'effondrèrent à .eur tour. De là, une nouvelle superstructure datant des XIV" et XX'I" siècles. De tous ces remaniements témoignent les deux corniches extérieures et les deux rangées de fenêtres latérales. Des piles isolées reçoivent les arcs-boutants, dont l'un se trouve dirigé sur l'angle, suivant la diagonale.

La nef offre à présent six travées, plus celle des orgues. Les doubleaux qui séparent les voûtes ont été contrebutés après coup par des arcs-boutants jetés sur de gros contreforts. D'épais piliers intérieurs, également ajoutés, ont détruit l'harmonie et la simplicité de Saint-André, qui ne diffère des églises gothiques ordinaires que par sa largeur inusitée et son manque d'unité. Néamoins, vu des orgues, ce vaste vaisseau unique est très impressionnant. On ferait un cours d'archéologie en étudiant ses murs romans portant une balustrade flamboyante, surmontée elle-même de fenêtres ogivales géminées et austères. C'est un pêle-mêle étourdissant de vestiges de toutes les époques. On finit par reconnaître que les maîtres gothiques ont travaillé sur un fond roman (').

i.Lcs belles faij.ides Utcralcs comportent chacune leurs deux tours; celles du .\ord seulement ont leurs flèches en pierre ; elles sont très clancées, percées de nombreuses fenêtres et ouvertures à lobes et s'élèvent à 80 mètres. (Les grands ouragans les font vaciller).

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Deux belles tours, qui faillirent être démolies en 1824 par les terribles novateurs que le XIX'^ siècle a eu le malheur de posséder, élèvent heureusement encore à 85 mètres de hauteur leurs flèches altières, et flanquent majestueusement le portail Nord remarquable par ses sculptures {'). Saint-André n'a pas de portail à sa façade principale.

La grande rose occidentale est ornée de vitraux du XI V'= siècle, ainsi que les baies qui régnent au dessous, où leur auteur, maître Herman, verrier à Munster, a figuré les apôtres et quatre prophètes.

Le cloître date du XI V" siècle. La rose du Nord est du style gothique fleuri.

A proximité du chevet s'élève le clocher Pey-Berland, surmonté d'une statue colossale de la Vierge, en cuivre repoussé.

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