‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 114 sur 303 · DECADENCE DU STYLE GOTHIQUE · texte numérisé non relu

DECADENCE DU STYLE GOTHIQUE

NOb'S avons promené nos lecteurs à travers une série de cathédrales françaises de cette belle époque de l'art, qu'on a appelée l'époque des cathédrales, et qui est certes la plus brillante et la plus glorieuse que la chrétienté ait connue.

La puissance réunie des rois et des évéques, la prospérité de la nation, le génie de l'art répandu dans le peuple chrétien et surtout la foi enthousiaste des fidèles, tout se réunissait pour enfanter des prodiges.

Mais des calamités survinrent. Une ère d'anarchie, de troubles et de désastres s'ouvre sous les Capétiens-Valois, et la guerre de Cent ans arrête au X I V*^ siècle l'essor prodigieux de l'art gothique. Quand le conflit fut terminé, au XV'= siècle, l'enthousiasme était refroidi. Cependant l'art n'était pas mort, et il eut encore des moments d'éclat à la fin du règne de Charles VII et surtout pendant le règne de Louis XI. Alors se développa le st)'le, que semble animer un souffle réaliste venu de l'iandre, et qu'on appelle le style jlamboyatit, en ce qui concerne l'architecture.

/■/;'. 114. — FENKTKK •

FLA.MIIOVANTK. ^ , , , . ,

yuand vos regards s arrêtent sur des monuments gothiques, et spécialement sur ces riches réseaux de pierre qui garnissent leurs vastes fenêtres, il vous est aisé de distinguer deux genres bien différents dans le tracé de ces sortes de dentelles de pierre.

Parfois tous ces fenestrages sont pareils dans un même édifice et formés de roses, de trèfles, de quatre-feuilles et de combinaisons de lignes inscrites dans des cercles.

Ailleurs, au contraire, vous rencontrez des dessins beaucoup plus libres d'allure, offrant d'une verrière à l'autre des changements s}stématiques, et dans chacune des contre-courbures, des sinuosités et surtout une grande abondance de ces ovales dégénérant en pointe, qui rappellent la forme d'une flamme et qui caractérisent le style flamboyant L'abondance de cette forme est un des traits du style gothique du XV'= siècle.

Ce qui le caractérise peut-être encore davantage, c'est la profusion des ornements, dérivant d'ailleurs du même système, qui sont répandus sur tous les édifices, tapissant les murs de fausses arcatures, de niches à baldaquins, ajourant les balustrades, les pignons et les flèclies, dentelant les arcades, pénétrant toutes les masses. Les jjarois se surchargent d'ornements fleuris. Les moulures deviennent grêles, sveltes, anguleuses. Les nervures des voûtes se ramifient et se résolvent parfois en clés suspendues dans l'espace par une force mystérieuse comme des épées de Damoclès. Antérieurement des coionnettes rondes étaient accolées au tronc cylindrique des piliers (fig.ij~i),m^\% quand elles devinrent nombreu.ses et serrées, leurs intervalles se creusèrent forcément en courbes et alors aurait disparu toute ligne vive, et l'on aurait obtenu un ensemble déplorablement mou d'aspect,

Fig. lis. — courK d'un piheb.

Page 1