CATHÉDRALE DE SAINT-OMER
La façade abrite une sorte de narthex sur toute la largeur. Cette façade, élevée sous Louis XV, présente des fautes de goût très naturelles, rachetées par des merveilles de technique.
L'intérieur, d'une grande unité, d'une belle venue, a grand air, avec ses cinq vastes nefs. Les arches sont à moulures creusées, descendant, sans chapiteaux jusque sur les bases. Le triforium est à triples compartiments trifoliés, avec balcon ; la claire-voie est haute ; les voûtes sont à liernes, et celle de la croisée est une gigantesque étoile à neuf clefs, la centrale en œil de voûte ; les fenêtres du chevet sont de hautes lancettes.
De la rue Jeanne d'Arc l'aspect extérieur est imposant ; mais lorsqu'on s'approche, les défauts de l'exécution s'accusent. Les façades latérales des nefs étalent dans les résilles des fenêtres de riches tracés flamboyants. Le chœur est la partie la plus intéressante, avec ses proportions élancées, ses arcs-boutants ajourés et ses contreforts à pinacles, sa silhouette majestueuse.
A la suite d'un concours ouvert en 1893 M. J. D. Gallant fut chargé de l'exécution des vitraux placés dans les bas-côtés de la nef et consacrés à la glorification de Jeanne d'Arc. On doit admirer l'habileté de l'exécution, le caractère du dessin, le charme de la tonalité ; mais il faut regretter que l'artiste verrier se soit affranchi de la sujétion des fenestrages et des meneaux; le coloris est peu soutenu, terne par endroits, les motifs architecturaux trop mouvementés par places. Les figures, trop grandes d'échelle, sont d'un dessin fort réaliste.
Fig. JÇO. — TRANSEPT ET CHŒUR DE LA CATHÉDRALE D'ORLÉANS.