CATH K UR A LES GOTI 1 1 ( ) L' ES
terminées dans la première moitié du XV' siècle. Au commencement du siècle suivant on construisit les chapelles qui longent la nef latérale Nord. La dernière d'entre •}- elles, la plus voisine du transept, est beaucoup plus ancienne, et
i date de 1380 environ.
Isolée au milieu d'une grande place et de l'ancien cimetière planté de grands arbres, la cathédrale offre un aspect particulièrement imposant. Des arcs-boutanls hardis s'élancent vers les combles, bordés d'une balustrade ornée de quatre-feuilles encadrés, à la nef centrale, et d'arceaux, au chœur ; de superbes fenêtres aux meneaux rayonnants percent les murs, notamment les pignons des transepts, où elles ont cinq lumières ('). Le chevet offre les traits les plus caractéristiques du style propre au Brabant, notamment les gables repercés de lancettes aveugles qui surmontent chaque travée des bas-côtés. Sa vue extérieure est, dans son ensemble, d'un effet saisissant.
La tour grandiose qui est plantée fièrement au pied de la nef centrale, percée d'un beau porche, a été commencée vers 1450 par Jean Keldermans ( ) et élevée à sa hauteur actuelle de 97 m. 30 au commencent du XVI^ siècle ; elle abrite un vestibule de 100 pieds d'élévation, lequel est, comme à Saint-Gommaire de Lierre, réuni à la nef. Elle devait se terminer par une flèche en pierre découpée à jours, qui aurait atteint près de 600 pieds de Malines. Cette grosse tour inachevée, qui a empêché de dormir les bâtisseurs de Sainte- Waudru de Mons et de maintes autres églises, a le droit d'être jalouse à son tour de ses sœurs de Cologne, qui ont trouvé leur jDomsâauverem et ont pu lancer dans les airs leurs pyramides altières. Commencée en 1452, cette tour colossale, évidée sur toute la hauteur de la grande nef, qu'elle allonge encore de 16 mètres, n'a pas moins de 16 mètres de largeur, sans compter le contrefort qui s'avance de chaque côté de 4 m. 50 environ. La flèche octogone, qu'elle est destinée à recevoir, se serait élevée à 166 mètres de hauteur, dépassant tous les monuments du globe. Elle est restée à construire ; c'est une tâche réservée à nos héritiers, s'ils ont encore assez de sang chrétien dans les veines ( ).
f'ig. I<yi. — FLÈCHE
DE LA CATHÉDKALK
IIE MALIXK.X.
1 . Ces fenêtres sont ornées de beaux vitraux peints. Le placement de ces verrières, qui date de la fin du XV' siècle, a amené une modification assez sensible dans le dessin des meneaux, qui sont aujourd'hui en partie flamboyants.
2. Ghyselen-Thys, Coi/p (Vœit sur la métrupole de Maliius en jSj6, p. I. — V. Rapport du chan. Laenen, au Congrès cath. de .Malines en 1909.
La voûte qui recouvre ce vestibule porte le distique suivant : Gesloten luas ick to elcx aensien.
Docn men screef m\cvS\].
Vitraux. \'. Messager des sciences de Gand, année 1S77, p. l. Tour. V. ibid., p. 246.
3. V. .\. Thiery, La tour de Saint- Rombaul de Malines, Louvain, 191 1. Autour de la statue de Marguerite de Parme, élevée sur la Grand' Place, on voit un grand cercle tracé par les constructeurs de la cathédrale lorsqu'il i'est agi de placer les cadrans qui ornent la tour. Ce cercle reproduit exactement les dimensions des cadrans de l'horloge colossale; les chiffres sont taillés dans la pierre. Les cadrans de l'horloge ont 13 m. 50 de diamètre ; la longueur des chiffres est de 2 mètres.
CATHÉDRALE D'ANVERS
C'est bien à tort qu'on objecte les proportions déjà excessives de la tour à l'égard de l'église. D'abord il n'existe aucune liaison de hauteurs entre la tour et l'église, la première est absolument indépendante de la seconde ; ensuite la flèche atténuera l'effet écrasant de la masse actuelle.
A l'intérieur le monument n'est pas moins remarquable. Le rond-point du chœur, qui est le morceau suprême "de l'œuvre entière, est malheureusement masqué par l'autel-portique colossal qu'y érigea Luc Faidherbe. Son triforium offre une balustrade typique de style brabançon ; elle est découpée en arceaux trilobés surmontés de deux rangs d'arcs semblables surmontant des montants prismatiques. A la nef le réseau de la balustrade est en quatre-feuilles et les lancettes sont simples. Le tympan des arches du chœur est garni d'une résille aveugle, tandis que ceux de la nef sont lisses. Tout ce décor de style fleuri est posé d'une manière abrupte sur des arceaux du style primaire et sur des colonnes monocylindriques aux chapiteaux travestis à l'aide de feuilles frisées, subtituées après coup à d'élégants crochets. Le triforium du transept est de style primaire tournaisien.
IL — CATHEDRALE D'ANVERS (')
L'ANCIENNE cathédrale d'Anvers est un des monuments les plus importants que l'art gothique ait élevés dans le Nord.
Voulant remplacer le modeste oratoire primitivement dédié à Notre- Dame par une de ces audacieuses constructions « faites de foi et d'amour », comme ils en voyaient surgir de tous côtés autour d'eux, les chanoines d'Anvers posèrent en 1352 la première pierre du chœur actuel, qui était terminé en 1387. L'abside fut élevée de 1352 à 1420 par M" Jean et son fils Pierre ('). On ne connaît pas l'architecte de génie qui conçut le projet d'ensemble. On attribue
1. V. L. Kintschots, Anvers et ses faubourgs. Soc. St-Augustin. — V. Schayes, Hist. de PArcli. en Belg. — V. Genard, Notice sur l'église N.-D. d'Anvers. — V. Serrure, Tour de N.-D. d'Anvers, 1836. — V. Gilde de Si- Thomas et St-Luc, 26' session.
2. V. Bulletin de l'Acad. royale d'archéologie d Anvers, t. V, 1905, p. 269.
à Amelius de Cologne, surnommé Pierre Appelmans, fils de Jean, viaUrc des tailleurs de pierre, disent les comptes de l'œuvre, le plan des tours colossales qui furent élevées sous sa direction à partir de 1422 jusqu'à sa mort (1434). Maître Jean Tac lui succéda
jusqu'en 1449, puis maître Evelaerd jusqu'en 1473. Herman W'ag h em a ker travailla 28 ans (jusqu'en 1500) aux nefs du Nord, entre le i hœur et la grande tour. Son fils Dominique, assisté dans les derniers temps par Rombaut Kelderman, eut Ihonneurd'achever le vaste monument, et le restaura après le terrible incendie de 1533. C'est lui aussi qui éleva la flèche de pierre qui couronne si fièrement la tour, et lui est admirée par le monde < iitier comme un chef-d'œuvre de hardiesse ; elle est la troisième
parmi les plus hautes du monde, avec 136 mètres de hauteur. Waghemaker l'orna d'une sculpture florale importante (').