‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 286 sur 303 · I. V. Encyd. d'art, t. II, iio · texte numérisé non relu

I. V. Encyd. d'art, t. II, iio

Cathédrales Gothiques.

C'est en i Soi, qu'on reprit l'œuvre interrompue ; les architectes se succédèrent; c'est à Hibbert, qu'était réservé l'honneur d'achever Saint-Vit. La nef est debout ; à la croisée se dresse une haute (lèche en charpente et en plomb, que dominent les aiguilles colossales de la façade occidentale, qui, tout ajourées, rappellent à la fois celle de Strasbourg et celle de Fribourgen-Brisgau. La haute tour à couronnement compliqué imposée par Ferdinand I" ( 1 556-1564) et érigée au bras méridional du transept, a été remplacée de nos jours par une flèche de 160 mètres

d élévation.

Actuellement complète, la cathédrale offre un ensemble superbe et un des plans gothiques les mieux développés. La nef a onze travées, est terminée par un rond-point à cinq pans, et enveloppée de bas-côtés qui contournent le chœur ; celui-ci est lui-même bordé partout de collatéraux, qui, au chevet forment sept belles chapelles rayonnantes contiguës, à cinq côtés réguliers. Le transept recoupe le vaisseau en son milieu, surmonté de la belle tour centrale. Comme à Saint-Etienne de Vienne, le campanile se dresse au flanc Sud du vaisseau.

Le vieux chœur avec son déambulatoire offre des arcades aux moulures un peu sèches, se prolongeant jusqu'aux bases des piliers dénués de chapiteaux. La nef a les mêmes arcades puissantes, en tiers-point ; les murs , largement fenestrés se réduisent en quelque sorte à une

4 ' iz-j ^<^ ^ ^ I ; ossature garnie de cloisons à claire- voie. Le triforium

très ajouré forme plutôt une galerie devant les verrières prolongées et se déviant devant les piles pour les englober. Les vastes jours sont garnis de résilles flam- /■'ig- 33O. — \-\.ss iiK LA cATiiÉDiuLE boyantes. Les bas-côtés sont très hauts, étant couverts DE pRAonE. jg toits en pavillons. Les voûtes sont à compartiments

multiples. A l'extérieur le chevet, étayé par des arcs-boutants à double étage, fait bel effet. Au-dessus de la claire-voie, au bord du grand comble couvert de tuiles émaillées polychromes, court une galerie aveugle hors d'échelle, rappelant une balustrade démesurée, qui rapetisse le vaisseau qu'elle couronne. Entre les piliers butants sont blotties, sous des toits en pavillon, les chapelles rayonnantes. Une puissante tourelle en colimaçon ajouré se greffe au flanc Sud de la nef.

L'église contient le mausolée, avec statues couchées, de l'empereur Ferdinand (t 1564), de l'impératrice Anne (t 1594), et de leur fils Maximilien II (t 1576). Ce tombeau contient les restes de Charles IV, de Vaeslav IV, de Ladislas le Posthume, de Georges de Podiebrod, de Ferdinand I" et de Rodolphe II, œuvre de Colin de Malines, l'auteur des monuments d'Innspruck bien connus. La chapelle est consacrée au duc saint Vaeslav ; ses murs, comme ceux du Karlstein, sont incrustés de pierres précieuses et ornés de fresques. A la porte de la chapelle est attaché un anneau de bronze p>assant dans le mufle d'un lion ; il vient, suivant la tradition, de la ville de Stara-Boleslava ; le Saint s'y tenait cramponné, lorsque son frère Boleslav lui donna le coup mortel. La statue en bronze du Saint est attribuée à Pierre Fischer ; la

CATHEDRALE DE CRACOVI]-".

corporation des Brasseurs l'offrit en 1532 pour remercier le ciel d'avoir protégé la cathédrale des ravages des Hussites. La chapelle de Saint- Vaeslav communique avec la Chambre de la Couronne, où sont gardés les insignes royaux sous sept clefs que détiennent sept dignitaires du royaume. Entre temps, elle repose perpétuellement sous le chef du saint Patron de la Bohème, que tous les ans, le 16 mars, les pèlerins viennent vénérer en grande foule.

Entre la chapelle de la Sainte-Croix et celle de Waldstein, se voit l'étage de l'oratoire royal s'ouvrant par un jubé d'un style fleuri très décadent. Sur l'autel de la chapelle de Saint-Erhard et de Sainte-Odile reposent les reliques de saint Adalbert. En face de la chapelle est le somptueux reliquaire de saint Jean Népomucène, le martyr du secret de la confession, si populaire en Hongrie ; on montre sur le vieux pont de pierre l'endroit d'où il fut jeté à la Moldau.

La chapelle épiscopale renferme les corps des archevêques depuis la fin du XVIIP siècle. Au cours de l'année 191 1 on a mis au jour dans la cathédrale les reliques de saint Wenceslas, qui vivait au X'' siècle. Ces reliques ont été transférées à l'archevêché pour être déposées dans un nouvel autel à la cathédrale.

Si la cathédrale de Prague est toute remplie de grands souvenirs historiques, son trésor est un des plus riches de l'Europe ; on y voit une épée de saint Etienne, roi d'Hongrie, la couronne de la princesse Ludmila, trois cents mitres, des chasubles, des reliquaires précieux et des reliques insignes. Saint-Vit est à la fois le Saint-Denis et le Panthéon de la Bohème. La société formée pour sa restauration a été fondée en 1851. Trois architectes ont successivement attaché leur nom à cette œuvre : Kramer (1801-1871), Mockert (1835 1899) et Hibbert.

CATHÉDRALE DE

Page 1