‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 66 sur 303 · Les briques mesurent 13 y 10 X 2. 4 pouces · texte numérisé non relu

Les briques mesurent 13 y 10 X 2. 4 pouces

CATHEDRALE D'ALBI

Les contreforts sont pris en dedans et ne s'accusent au dehors qu'en saillies rondes, semblables à de grosses colonnes engagées, alternant avec de larges fenêtres en meurtrières, faisant prédominer la ligne verticale. A l'intérieur, les contreforts recoupent les flancs en chapelles voûtées, communiquant par de petites portes.

Semblable à la femme symbolique dont parle l'Écriture, toute la beauté de Sainte- Cécile est à l'intérieur. Sa nef unique, voûtée de croisées barlongues, coupée en deux par un jubé merveilleusement ouvragé et bordé de deux rangs de chapelles, lutte avec les plus beaux sanctuaires gothiques par l'élégance de ses lignes, par la magnificence de son décor et de ses fresques exécutées par M. Gaïda (').

La cathédrale d'Albi est le type des grandes églises en briques et à une seult nef; son immense vaisseau, de près de 10 mètres d'envergure, épaulé par les refends des chapelles latérales constituant des contreforts reportés à l'intérieur, à l'instar de ceux de la Bourgogne, est un des plus fameux édifices élevés dans le Midi suivant les principes traditionnels de l'antiquité romaine, en maçonnerie concrète de petits matériaux agglomérés. Ses murs sont hauts de 38 mètres ; sa tour en briques, dénuée de flèche, monte à 78 mètres. La longueur du vaisseau est de 97 mètres, sa largeur hors-œuvre, de 19 mètres 50, sa hauteur, uniforme de la tour au chevet, de 30 mètres.

Le monument est des plus instructifs pour l'histoire de l'art, avec ses transformations successives, qui sont marquées par des ouvrages de premier ordre empreints d'influences variées. Comme gros œuvre, c'est le type de l'architecture française méridionale du XI 11° siècle. Le splendide porche, dit baldaquin, le jubé et la clôture du chœur sont des spécimens de l'art français septentrional de la dernière époque gothique. La statuaire et la sculpture sont flamandes, et les célèbres peintures des nefs, dues à des artistes italiens.

L'extérieur est tout militaire, par la forme des contreforts, se dressant comme des tours de défense au flanc d'une enceinte, par des travées semblables à des courtines couronnées de mâchicoulis, et par la tour occidentale, hermétiquement close sur une grande hauteur, qui est un véritable donjon.

Fig. I2J.

CATHÉDRALE D'ALBI

Le cardinal Bernard de Contaret posa la première pierre de la cathédrale en 1282, et il fallut un siècle pour exécuter le plan du fondateur; en 13S3, le gros œuvre était terminé. L'édifice ne fut achevé qu'en 1512. Il était dû entièrement au travail volontaire et aux dons généreux de ferventes populations. Selon une vieille lé-

1. V. Revue de l' Art chrétien, année 1894, p. 87, fiesques de la Passion restaurées par M. Gaïda dans une chapelle absidale.

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crende ('). dans l'espoir de donner aux matériaux une solidité éternelle, on décida de Faire les mortiers avec du vin au lieu d'eau, et il se trouva que la récolte du raisin fut excessivement abondante pendant toute la durée des travaux. C'est pourquoi,

ajoute-t-on, le mortier fait littéralement corps avec la brique.

Ce vaisseau unique sans supports intermédiaires, formant une halle immense, est terminé par un chœur accosté de chapelles de flanc carrées et de chapelles de chevet polygonales ; on n'en compte pas moins de 29. Ces chapelles, ouvertes vers l'intérieur du sol à la voûte, sont coupées par une galerie et communiquent entr'elles par des portes. Les fenêtres, pareilles à des fentes dans les murs extérieurs, éclairent suffisamment ce vaste édifice, grâce à l'éclat du soleil de Midi. Le sol du sanctuaire a été récemment abaissé à son niveau primitif.

L'intérieur, tout ecclésiastique, est remarquable par ses grandioses dimensions, la perfection de sa structure et la splendeur de sa décoration, ses peintures murales, ses chapelles collatérales, son jubé du XVI' siècle qui

fig. 12S. — CHA1'KM.E BE LA CATHEDltALE IJ ALUl.

est une merveille et abrite 72 statues dans ses niches dentelées, la clôture du chœur et ses stalles en bois sculpté.

A la fin du XV' siècle, l'archevêque Louis d'Amboise 1" fit élever le riche jubé qui ferme le chœur, par des artistes de premier ordre. Cette œuvre, qui nuit aux belles proportions du monument, est d'une exécution prestigieuse. C'est, selon l'expression de ^L Gaida, le chant du cygne d'une esthétique finissante.

Les fresques, encore si fraîches d'aspect, qui décorent les nefs et la chapelle absidale. sont, en petite partie, de la fin du XV' siècle, mais pour la plupart, du XVI'.

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