PREMIÈRE COMMUNION
Il est dans la vie du chrétien un jour béni entre tous, qui apporte avec lui des joies ineffables, un jour qui se lève calme et riant sur l'enfance virginale, comme une belle aurore sous un ciel bleu, c'est le jour de la première communion.
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42 ;.ES CATHOLIQDES DÉCADENTS
Il passe ce beau jour, comme passe tout ce qui est heureux, avec la rapidité de l'éclair, mais il ne frôle pas vainement l'âme, il lui communique quelque chose de sa blancheur céleste et laisse après lui comme un brillant sillon de lumière, qui éclaire l'existence tout ontièro. Quel est l'hommo, môme égaré par les passions humaines, qui no se rappelle avec délices les émotions si douces, si prenantes, ressenties aux pieds des autels, le jour où, pour la première fois, il s'unit à son Dieu?
Regardant défiler, sous ses tenôtres, une procession d'enfants en robe blanche, qui se rendaient à l'égliso pour la première communion, Michelet ne pouvait s'empêcher d'envier leur bonheur : « l'esprit résiste, s'6criait-il, mais l'àme est triste et voudrait bien être du nombre de ces âmes! »
S'il est un acte réservé sur la terre, c'est donc celui de la premièj-c communion. Eh bien! de cet acte sacré la dévotion à la mode est entrain défaire une vanité, do cette fête angélique une tête mondaine. La préparation -au grand jour, les dispositions de l'âmej qui s'en préoccupe aujourd'hui, môme dans s familles chrétiennes? C'est l'affaire du prêi !, du directeur spirituel, pensent-elles. Com e si c'était trop des elïorts combinés du pr{ e
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et des parents pour parer le cœur d'un enfant des vertus que Dieu aime à trouver en lui!
Par la frivolité des entretiens, par des recherches de vanité, par l'absence de recueillement et de prières, au foyer, on entretient dans son âme la dissipation, l'esprit du monde et le goût de la coquetterie, — qui n'a certes pas besoin d'être développé, — on détruit l'efîet des paroles et des exhortations du prêtre, et on croit n'avoir rien à se reprocher. Le corps a tous les soins, l'âme n'entre pas en ligne de compte.
Autrefois, c'était dans le catéchisme que les familles allaient puiser leurs inspirations pour se préparer au grand jour, aujourd'hui c'est auprès des couturiers et dans les Echos de la mode.
Ces prudents conseillers, ces habiles directeurs tiennent scrupuleusement leurs fidèles au courant des modifications et des perfectionnements apportés, chaque année, dans la toilette pour première communion; ils leur indiquent les plus jolis modèles, leur font connaître ce qu'il convient do porter et de no pas porter pour être à la dernière mode.
loutez leurs sages instructions :
— « Un mot sur les toilettes do première mmunion. C'est toujours la raoussetine isse qui a la préférence pour ce genre do
toilette. On fait les jupes avec des plis ou des rouleautés de mousseline dans lesquels sont passés des rouleaux de soie mate. Un assez joïi modèle, c'est celui de deux jupes ourlées de ce rouleau. La première s'arrête au milieu de la seconde, sorte de jupe à deux volants.
Pour les corsages, tous rentrés dans la jupe, il y a le choix enlre le corsage « à la Vierge » ou « à l'sfifant » tout bouillonné autour du col. Les aumônières sont en soie blanche, avec attaches de rubans, ou en peau de chamois blanche à fermoir et chaînette d'argent. Les bonnets de flUettos se font toujours en mousseline, et aussi simples que possible. »
Qu'il nous soit permis d'espérer qu'on ndus laissera du moins ces « bonnets, ■» dans toute leur simpUcité et que, la mode aidant, ils ne serviront pas uniquement, dans l'avenir, à couronner les moulins.
Voilà les graves préoccupations qui assiègent les esprits la veille et le jour de la première communion, les pensées qui défraient toutes les conversations au foyer.
La première communion n'apparaît plus à l'enfant comme le jour radieux où il ira s'agenouiller à la table sainte, c'est le jour désiré et impatiemment attendu où il portera une jolie toilette, recevra de petits cadeaux, sera l'objet de tous les hommages et attirera tous