XIV AVANT-PROPOS
Loin donc d'être en opposition avec ses croyances religieuses, un chrétien, épris d'égalité et de liberté, est au contraire fidèle à l'esprit et aux maximes fondamentales de sa foi.
Si ces idées paraissent neuves et peut-être hardies, c'est que nos traditions chrétiennes et nationales ont été étouffées sous le poids de cet édifice énorme et disproportionné qu'on appelle l'ancien, régime. Il nous a légué la doctrine néfaste de l'omnipotence de l'Etat dont nos pères des douzième et treizième siècles n'avaient pas la moindre notion. La liberté était intense dans ces communes, turbulentes sans doute, mais pleines de vie avec ces grandes et fortes maximes de droit public : « La nation a le droit d'élire son
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chef; nulle taxe ne peut être levée qu'avec; le consentement des contribuables; nulle loi n'est valable si elle n'est acceptée par ceux qui doivent lui obéir. » Ces principes , souvent combattus , reparaissent toujours; nos états généraux les proclament , et 89 les retrouva sous les débris de l'ancien régime. Voilà la tradition nationale et chrétienne, et, la nouveauté, c'est la négation de la liberté (1).
Rien n'est plus capable de nous faire mesurer l'étendue de la révolution consommée par l'ancien régime , et la perturbation qu'il a opérée dans les idées, que ce préjugé contre lequel tout catholique ne doit jamais cesser de
(1) Voir Aug. T\novvy. Illsioire de In format ion du Tiers- Étal. — Duru\', Histoire de France, introduction et l""' vol.