XVI AVANT-PROPOS
protester : l'Eglise est l'alliée naturelle du despotisme, et elle a la peur instinctive de la liberté. C'est exactement le contraire qui est vrai.
L'Eglise, nous le verrons dans le cours de cette étude, a eu trop à souffrir du despotisme pour ne pas lui préférer, et de beaucoup , le régime de la liberté. Dire qu'elle est l'ennemie de la liberté politique des peuples, c'est méconnaître son esprit, son histoire et l'élément le plus favorable à son développement.
Nul peuple n'est aujourd'hui plus libre que la nation Américaine et nulle part l'Eglise n'est plus prospère à l'abri de cette constitution si libérale imprégnée de christianisme : « La Constitution qui gouverne la République des
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Etats-Unis est éminemment chrétienne, »
a pu dire un prOtre 1) bien à même de la connaître et de l'apprécier. Qu'on n'ose donc plus soutenir que l'esprit du christianisme, et par conséquent de l'Eglise , est opposé à la liberté.
Les catholiques n'ont rien à craindre pour leur foi en se prononçant résolument en faveur de la liberté. Qu'ils le sachent aussi, cette résolution est le plus grand service qu'ils puissent rendre à l'Eglise et à leur pays.
Ils ne peuvent pas, en conscience, se désintéresser de la lutte enofao-ée entre les champions de la liberté et les tenants du despotisme radical-socia-
(1) yi. l'abbi' André, de la Congrégation de Saint-Sulpice, L' mnhussadcur du L'hrhl. par le Cardinal Gibbons; introduction.
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liste, et, pour triompher avec les premiers, ils doivent, avant tout, être dociles aux instructions du Souverain Pontife. Toute autre attitude entraînerait de nouvelles défaites et de nouveaux malheurs. L'expérience, qu'ils ont faite d'une opposition stérile et sans espoir, leur a appris que, même en dehors de la déférence due aux conseils de Léon XIII , la seule politique possible est l'acceptation sincère du gouvernement légal : ils déjoueront ainsi la tactique odieuse et hypocrite des ennemis de l'Eglise. Quand, en effet, le pouvoir est entre les mains d'hommes modérés qui déclarent ne pas vouloir faire la 2:uerre à l'idée relisfieuse , nos adversaires les accusent de pactiser avec les ennemis de la République, comme
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si nous étions prêts à profiter de la liberté religieuse pour conspirer contre la liberté politique. Ces accusations sont le voile derrière lequel se cachent les ambitions déçues et les secrètes espérances de politiciens sans scrupules ; le devoir des catholiques est d'arracher ce masque. Ils réussiront si leur attachement aux institutions actuelles est au-dessus de tout soupçon et ils aideront ainsi, dans leur tâche si difficile, les modérés qui, soutenus par la majorité libérale du Pays , seront plus forts pour arrêter les progrès du socialisme et faire triompher la liberté politique et religieuse menacée par le radicalisme.