‹ Les catholiques français et l'après-guerre [microform]Chapitre 5 sur 10 · I02 LES CATHOLIQUES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

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discuter le pour et le contre, parce que le Saint-Siège n'en a encore rien décidé, il n'est interdit à personne d'émettre son opinion ou de la défendre ; mais que dans ces discussions on s'abstienne de tout excès de langage qui pourrait offenser gravement la charité ; que chacun soutienne son avis librement, mais qu'il le fasse avec modération et ne croie pas pouvoir décerner aux tenants d'une opinion contraire, rien que pour ce motif, le reproche de foi suspecte ou de manquement à la discipline. »

Précisant davantage encore sa pensée, le Pape ajoutait : «. Nous voulons que les nôtres s'abstiennent de certaines appellations dont on a commencé depuis peu à faire usage, pour distinguer les catholiques des catholiques ; qu'elles soient évitées non seulement en tant que profanas vocum novitates, nouveautés profanes de mots, qui ne sont conformes ni à l'équilé ni à la vérité, mais encore parce qu'il en résulte parmi les catholiques une grave agitation et une grande confusion. »

11 nous a semblé trouA'^er dans cette page, magislralcmenl. exposes par l'aulorité souveraine, les trois principes de concorde et d'union dont nous avons donné la formule:

l'autorité légitime toujours hors de cause et de

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discussion et toujours loyalement obéie ; la faculté laissée à chacun d'exprimer librement son opinion, sur les questions non tranchées ; la charité chrétienne et fraternelle présidant enfin à nos controverses. Nous n'avons pas cru faire autre chose que d'en présenter l'indigent commentaire. En déflnitive, pour demeurer unis, nous n'avons qu'à nous en tenir, vraiment et de toutes nos forces, à la loi tracée par le vieil adage : in dubus, Ubertas ; in necessariis, unitas ; in omnibus, caritas. Elle est simple, elle est juste. Dans la pratique, il faut beaucoup de sens chrétien, d'esprit surnaturel et de souci du droit d'autrui pour y demeurer lidèle. Il serait à tout le moins singulièrement étrange que des catholiques ne puissent parvenir à y conformer ordinairement leur conduite.

Les conditions de l'Action.

Ayant ainsi travaillé à nous unir et y étant parvenus, .nous nous efforcerons d'agir.

Il ne saurait être question, dans ces pages, d'examiner par le détail quelles œuvres déjà entreprises il convient aux 'catholiques de poursuivre, ni quelles œuvres nouvelles, répondant aux besoins d'aujourd'hui ou de de-

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main, il nous faudra créer. Avant de résoudre ces queslions d'application pratique, il en est d'autres dont il faut d'abord chercher la solution.

Or, de toute évidence, l'action réclame des hommes capables d'agir. Noire première préoccuijalioji doil donc élre, d'une part, d'augjnentcr le nonjbre de ceux qui sont résolus à agir ; d'autre })ai'l, en ajriéliorant ceux qui veulent agir, tant au point de. vue du zèle que de la compétence, de les rcjidre aples à exercer une influence plus profonde et plus efficace.

C'est donc au l'ccrulejnenl de ceux qui veulent et (pii peuvent eli'c apolres qu'en premier lieu nous devons songer. Nos soins les plus pressants doivent aller à la recherche et à la culture des vocations sacerdotales et religieuses. L'Eglise catholique, en France, a besoin de prctj'es, plus que jamais, car le clergé de noire pays a été décimé par la guerre à l'heure mèiiie où sa làciie s'ainplilio et ofi la moisson des ànies s'annonce ])]ns l'iciie en espérances. INous sommes en tiroit de croire (pie les. cruels sacrifices si généreusfcment consentis pour la patrie par nos jeunes confrères vaudront à leurs diocèses une recrudescence du nombre

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des ouvriers évangéliques. Celle recrudescence nous la devrons aux prières de ceux qui ont versé leur sang, entendant bien mourir pour la cause de la .Tusticc et du Droit et dont le trépas glorieux a été, de par leur volonté, un acte hautement significatif de réparation et d'expiation. Nous la devrons aussi aux efforts des survivants qui, dociles à la voix de nos évoques, s'emploient ardemment à orienter les âmes enfantines vers le sanctuaire et l'autel et s'adresseront, avec insistance, aux familles chrétiennes, pour leur donner une complète intelligence de ce que réclament d'elles et l'Eglise et la Patrie.

Au reste, si ceux qui sont tombés sur les champs de bataille sont nombreux, des vocations aussi sont nées, parmi les défenseurs tlu pays, à la lumière de la foi reconquise ou sous l'impulsion des événements. Le concours de ces ouvriers évangéliques ne compensera sans doute pas nos pertes, ïnais nous y trouverons une aide précieuse et un moyen excellent d'action sur les masses.

Mais toute la question de l'extension de l'apostolat catholique ne tient pas dans celle du recrutement et de l'augmenlation des membres du clergé séculier et régulier. C'en est là un facteur et le plus important ; ce n'est pas

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le seul. Elle tient aussi dans la floraison des vocations religieuses parmi les femmes, les congrégations de femmes, contemplatives, charitables ou enseignantes, étant pour le clergé d'indispensables auxiliaires. Elle dépend enfin de la diffusion de l'esprit de charité parmi les laïcs de l'un et de l'autre sexe. Cette diffusion était en bonne .voie, quand survint la guerre. Dans nos œuvres de jeunesse, d'abord, se formait alors une élite agissante appartenant à toutes les classes sociales et qui commençait de faire ses preuves, en étendant ses conquêtes, avec un rare bonheur. Cette élite, elle aussi, dans sa partie masculine, la guerre l'a décimée. Elle se reforme déjà. Elle se reformera surtout très vite si, dans nos patronages, on s'applique à saisir l'adolescent à l'âge oii s'éveillent en lui l'esprit et le cœur, si, après l'avoir préservé des déchéances possibles, on l'arme de courage et de vertu, pour le bon combat. Présentement, le ministère paroissial est devenu si chargé, tant de directeurs d'œuvres ont été mobilisés, que celte éducation postscolaire a été rendue singulièrement difp.cile, faute de temps et d'hommes à y consacrer. Elle s'impose cependant d'autant plus que l'absence prolongée des pères, des frères aînés et des maîtres a plus ou

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moins désorganisé beaucoup, de foyers et d'écoles, et que l'adolescence risque ainsi de demeurer un peu abandonnée. Par ailleurs, à la ville comme aux champs, le travail l'accapare de bonne heure et c'est une autre source de complications qui rendent malaisées la persévérance et l'organisation des associations. On tiendra compte de ces faits, rabais on ne se laissera pas déconcerter par leur existence. Il reste encore, à côté du clergé surchargé, des hommes et surtout des femmes dévouées pour suppléer ceux qui manquent. Si on le veut bien et fortement, non seulement les patronages ne seront pas fermés, mais ils pourront poursuivre, d'une manière peut-être un {)eu différente, leur florissante carrière. On commettrait une erreur en délaissant les œuvres de jeunesse, partout oii l'on pourra faire autrement, ou en ne les rouvrant pas, partout où cela sera possible, ou en n'en créant pas, partout oii on le pourra.

Les patronages de jeunes filles sont, en ce moment, plus faciles à garder et à développer. Les catholiques doivent y consacrer leur zè.'e, car nous n'aboutirons à rien si nous ne nous efforçons pas de multiplier le nombre de celles qui seront bientôt les épouses chrétiennes.

Sur ce terrain des œuvres, la faute serait

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