I08 LES CATHOLIQUES FRANÇAIS
lourde, de noire part, si nous ne songions pas au lendemain de la guerre.
Ce n'est pas, au surplus, dans la jeunesse seule que peut se recruter l'élite agissante. Les fidèles d'âge mûr lui fourniront aussi, si nous le voulons, un appréciable contingent. Cette fois encore, nous n'avons qu'à poursuivre la tâche déjà fort bien commencée en utilisant à nouveau les concours qui nous étaient, hier, si généreusement 'apportés par tant de chrétiens excellents et de chrétiennes zélées. Leur activité est aujourd'hui presque absorbée par les œuvres de guerre, mais les cadres des organisations anciennes, grâce à ces œuvres mêmes, sont demeurés. Combien, au reste, parmi ces auxiliaires d'hier ont acquis, dans l'exercice de leur apostolat du moment, une expérience charitable et sociale qui ne sera pas perdue pour leurs entreprises futures ! Leur connaissance des besoins populaires et de l'état d'âme de ceux qui souffrent est devenue plus complète. Ils savent mieux et ce qu'il faut faire et comment il faut le faire. Par les services rendus, ils ont abattu bien des barrières entre le peuple et nous et anéanti, rien qu'en faisant du bien, beaucoup de préjugés rebelles jusqu'ici à l'influence de nos •dissertations,
Mais il faut faire pins. Il faut réveiller de leur indifférence, A^oirc de leur hoslililé, visà-vis des œuA^res d'apostolat, nii trop grand nombre de Chrétiens et de chrétiennes auxquels la o-nerre doit avoir ouvert les yeux sur l'étendue de leurs devoirs sociaux et de leur responsabilités. Ce n'est pas impossible, car bien des circonstances favorables, depuis trois ans, ont travaillé pour nous. Ne négligeons pas de montrer l'apostolat comme l'aboutissement normal de leur piété renouvelée à tant d'ames dont les événements ont secoué l'apathie et élevé le niveau moral, à tous ceux par exemple qui sont venus à la communion fréquenle ou quotidienne. Adi^essons-nous encore à ceux et à celles dont la guerre a provoqué l'élan charitable et qui, par patriolisme, ont renoncé à leurs habitudes d'insouciance et de vie mondaine pour se consacrer aux blessés, aux orphelins et aux victimes du terrible fléau. Ne soni-ils pas à même de comprendre que les raisons qui les font agir aujourd'hui seront aussi pressantes demain, poin^ les déterminer à collaborer à la réparation des maux de la guerre et au relèvement des ruines matérielles et morales qu'elle a entraînées avec elle?
Reste enfin une dernière catégorie de per-